‹ La Belgique horticole (volume 2)Chapitre 78 sur 121 · MES · texte numérisé non relu

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pourprée avec le cœur bien fourni : l’arbuste est de croissance vigoureuse ; cette rose est dans le genre de l'Empereur du Maroc, mais beaucoup plus grande et d’un port dressé. Baron de Bonstelten est de bonne croissance et semble devoir rivaliser avec Zowis Van Houtte ; sa couleur est tout à fait la même. Clémence Raoux est une fort jolie rose. Abbé Bramerel à fort bonne tenue : la fleur est en rosette bombée: sa couleur est nuancée de pourpre foncé; elle tient évidemment de Eugène Appert. Quant à la Perfection de Lyon, je crains qu’elle ne soit point remontante. Je ne dois pas omettre la Vicomtesse de Vezins qui est très-florifere et bien fournie : elle ressemble à une Baronne Prevost qu’on aurait fait rougir : elle est d’allure rustique et d’un grand effet dans le jardin. Enfin Édouard Morren est vraiment magnifique; cette rose et la précédente sont les deux plus robustes parmi les produetions des années précédentes.

Les Glaïeuls doubles. — Dans l'une des deux dernières séances de la Société d'’horticulture de la Haute-Garonne, nous avons eu l’occasion de faire connaitre à nos collègues l'apparition dans un semis de Glaïeuls fait par M. Bernard Nantais, d’une belle variété à fleurs très-

doubles que nous avions vue, l’année dernière, chez cet horticulteur.

Ainsi que cela est arrivé pour d’autres plantes, le Pelargonium zonale, :

par exemple, des phénomènes de duplication paraissent s'être produits dans les Glaïeuls chez plusieurs semeurs, presque en même temps. Dans la Revue horticole du 15 novembre dernier, M. Carrière, après avoir entretenu ses lecteurs des Glaïeuls nouveaux obtenus en 1873, dans les cultures du célèbre semeur M. Souchet, signale la tendance très-prononcée à doubler que présentent certaines variétés de Glaïeuls du même semeur, ce qui fait espérer que, dans un avenir prochain, on possédera des séries de Glaïeuls doubles. Déjà, il croit pouvoir désigner comme doublant ou semi-doublant d’une manière presque constante les variétés suivantes :

Octavie, plante semi-naine et l'une des plus merveilleuses nouveautés de 1872; puis aussi Æorace Vernet, variété de 1870, qui double un peu moins que la précédente, mais dont les fleurs qui terminent les rameaux sont fréquemment monstrueuses et semi-doubles. Il en est de même de deux variétés Prince of Wales et spectabilis, dont les fleurs, notamment celles de l'extrémité des épis, ont une tendance

à doubler et sont souvent composées d’un nombre de pièces plus grand que six, qui est le chiffre normal.

Il est à remarquer, nous dit M. Carrière, que ces fleurs semi-doubles ou à pièces multiples, sont d'une plus longue durée, et produisent, jusqu’à un certain point, plus d'effet que celles qui sont simples ou

normales. (F. AsrTié, Ann. de la Soc. d'hort. de la Haute-Garonne, 1874, p. 98.)

Influence des forêts sur le climat.

exactes et faites déjà pendant plusieurs annees par la direction des

Des observations très-

forêts du canton de Berne, il ressort :

1° Que l'humidité moyenne de l'air dans les forêts est, suivant le vent, de 10 à 20 pour cent plus grande qu'en rase campagne;

2° Que la température moyenne de l’air dans la forêt est plus basse aussi qu'en rase campagne ;

3° Que la température des arbres est plus basse à la hauteur d’un homme que dans la couronne de l'arbre ;

4° Que la température moyenne du sol de la forêt est considérablement plus basse que celle des champs;

0° Que la hauteur de la pluie et de la neige était en rase campagne plus considérable que dans la forêt ; et enfin

6° Que dans la forêt une quantité bien plus considérable de la pluie s’infiltrait dans le sol qu'en rase campagne. (Jouwrn. de la Soc. agric. du Brabant, 1874, p. 367).

Origine du Chasselas de Fontainebleau. — M. Capmas a fait connaitre à la Société centrale d’horticulture de France, séance du 2 juin 1874, un document historique intéressant qui lui a été communiqué par M. L. Brun, ancien Directeur des contributions indirectes à Cahors (Lot), comme la reproduction textuelle d’un acte que renferment les archives de cette ville. Il résulte de ce document que la célèbre et historique treille de Fontainebleau, qui a fourni tous les éléments des plantations de Chasselas qui sont devenues une source de richesse pour les environs de cette ville, a été créée sous Francois I avec du plant que ce souverain fit venir de Cahors et qui fut planté, puis dirigé, pendant deux années consécutives, par un habile vigneron de cette ville.

Voici la traduction de cette note qui se trouve dans le livre noir

(Archives) de la ville de Cahors. « L'an 1531, le mois de juin, furent envoyées certaines trois missives du Roy notre souverain seigneur François premier à M. le Senechal et demandait le seigneur qu'il lui fut envoyé un vigneron de Cahors pour planter et soigner un clos de vigne à Fontainebleau, et les seigneurs Consuls, après avoir assemblé la plupart des vignerons de la ville, il fut conclu d'envoyer

Jean del Rival, surnommé Prince, vigneron de Cahors, qui y alla

en novembre. Pendant deux ans il fut réuni grand nombre de plants des vignes de Cahors et transporté à Fontainebleau près Paris et le Rival dit Prince qui y était retourné vint faire un autre voyage pour le Roy, lui rapporta d’autres plants et vingt barriques de vin qu'il chargea sur trente mulets. »

Cereus peruvianus var. monstrosus Orro. — M. G. Demoulin, président de la Société d’horticulture de Mons et grand amateur de Cactées, nous écrit le 31 juillet dernier : « Depuis quelques années, j'obtiens sur mon Cereus monstrosus un petit nombre de fleurs. Pour la deuxième fois il se produit d'une même aréole une double fleur soudée par les ovaires. Ce phénomène me paraît déjà digne d’attention puisque je ne l'ai jamais remarqué sur les centaines de fleurs que j'ai pu observer sur le Cereus peruvianus ordinaire; mais voici qui me parait tout à fait digne d’être signalé; c'est une fleur monstrueuse figurant les sinuosités de la plante et que je vous

expédie pour que vous puissiez en juger de visu. »

La floraison du C. monstrosus est en elle-même un fait digne d’être sigualé : quant à la monstruosité de sa fleur elle était à prévoir tant elle est d'accord avec la théorie botanique. On sait en effet à n’en pouvoir douter, que le tube réceptaculaire qui enveloppe l'ovaire des Cactées et qui forme le tube calycinal de leurs fleurs est d’origine

axile, c'est-à-dire de même nature que la tige elle-même.

Puccinia Malvacearum. — Ce détestable petit cryptogame, parasite des Malvacées, que nous avons signalé au commencement de cette année (page 41) n'a pas manqué d'envahir toute l’Europe sans épargner la Belgique : il s'attaque aux Mauves sauvages et aux Roses-Trémières des jardins : nous avons vu, aux environs de

Herve, dans la province de Liége, les Roses-Trémières complétement

ravagées par cette Puccinie. M. J. Belleroche l’a également observée dans les jardins d'Anvers. Jusqu'ici cependant le dommage n’est pas général dans les jardins. Ce cryptogame apparaît à la face inférieure des feuilles sous forme de petites pustules nombreuses et serrées. On sait qu'il est originaire du Chili d’où il à passé en Australie et c'est par cette voie qu'il est arrivé l’année dernière en Europe. Il constitue en ce moment une menace pour les planteurs de coton.

Toxicité des fruits du Gui. — On lit dans le Journal de pharmacie el de chimie : Le docteur J. Dixon, de Whitehaven, a fait connaître dans le British medical Journal du 21 février, un cas d’empoisonnement résultant de l’ingestion des fruits du Viscum album, observé chez un jeune garcon de 14 ans, qui fut trouvé étendu sans connaissance dans la rue, environ trois quarts d'heure après qu'il avait absorbé ces fruits. On trouva dans les vomissements, provoqués par un émétique, huit de ces fruits imparfaitement mâchés. Les symptômes étaient ceux d’une forte hypérémie cérébrale contre laquelle on fit un traitement approprié, et le malade se trouva bien le lendemain. Il fit connaître que, quelques minutes après avoir avalé les fruits de gui, il commenca à éprouver des vertiges et, dès ce moment, perdit connais-

sance.

Germination des graines. — MM. Dehérain et Ed. Landrin ont soumis à l'Académie, dans sa séance du 25 mai, une note relative à une des questions les plus curieuses de la physiologie végétale. On sait depuis longtemps que le contact de l’air et la présence de l’eau sont des conditions nécessaires à la germination des graines, mais on ignorait le mode d'action de ces agents indispensables. MM. Dehérain et Landrin se sont proposé de porter la lumière dans ces mystérieux phénomènes, et ils sont arrivés à reconnaitre que l’eau a pour effet de ramollir les enveloppes de la graine au point de les rendre perméables aux gaz. Dès qu'ils sont suffisamment imbibés, les tissus de la graine acquièrent la propriété de condenser les gaz. Or, cette condensation ne pouvant avoir lieu sans production de chaleur, l'oxygène qui a pénétré dans les tissus arrive à une température suffisante pour déterminer l'oxydation et par suite le réveil de la vie végétale.

D’après MM. Dehérain et Landrin, c’est la condensation des gaz

dans la graine qui est le point de départ de la germination. Si ce phénomène ne se produit pas, soit par suite du manque d'eau, soit parce que l’air ne peut arriver jusqu'à la graine, il ne peut y avoir aucune formation des principes immédiats nécessaires à l’évolution du germe.

Les recherches de MM. Dehérain et Landrin, toute scientifiques qu'elles sont, offrent au point de vue pratique un intérêt réel, car elles permettent au cultivateur de se rendre compte de l'influence que peuvent avoir sur le succès de ses semis la compacité du sol, la sécheresse, l'excès d'humidité, la profondeur à laquelle les graines sont placées. L'expérience a bien donné sur ces points d’utiles enseignements, mais les méthodes scientifiques qui viennent corroborer les observations d’expérimentateurs inconscients peuvent seules donner les moyens de combiner les procédés culturaux pour obtenir les effets voulus. (Annales forestières).

MM. Soupert et Nôütting, rosiéristes à Luxembourg, ont obtenu la médaille d'or à l'exposition de Spa : leur contingent était d'une incomparable beauté et d’une fraicheur ravissante. Ces Messieurs excellent dans la culture des rosiers délicats.

Les nouveaux Pelargoniums zonale de M. Jean Sisley, mis au commerce par M. Alégatière, à Lyon, ont fleuri sous nos yeux et nous pouvons certifier qu’ils sont en tous points conformes à la description que l’obtenteur en a publiée. Les principales nouveautés de 1873 étaient Aline Sisley (Jean Sisley) que l’on croyait devoir être double blanc (Belg.hort., 1872, p.326) mais dont quelques fleurs rentrent dans le rose clair, ce qui ne constitue pas précisément un mérite. — Asa Gray, double, chamoiïis saumoné. — Jeanne Alégatière, double, rose.

Les nouveautés de 1874 sont: Georges Sand (J. Sisley), double blanc, mais tournant aussi au rose chair; François Pertusati (J. Sisley), double, aurore bordé blanc; Carl Vogt, double saumon orangé ; T’'alabot, double, amarante foncé ; Zowis Blanc, double, cerise lilacé : De Beaunant, simple blanc à grandes fleurs ; Zrnest Faivre, bas florifère, blanc zoné de rose.

Influence du gaz d'éclairage sur la végétation. — Des expériences ont été faites au Jardin botanique de Berlin, avec un érable et deux tilleuls de 3 1/2 à 5 1/2 pouces de diamètre, à l'effet de déter-

miner l'influence du gaz à éclairage sur la végétation. Le gaz arrivait à 3 ou 4 pieds des arbres par des tuyaux enfouis à 21/2 pieds dans le sol et se partageant en deux branches. L'un des tilleuls recevait 50 pieds cubes de gaz par jour; les deux autres arbres, 100 pieds cubes. Les expériences avaient commencé le 7 juillet, et à la fin de septembre ces arbres avaient perdu toutes leurs feuilles, tandis que les autres arbres non soumis au gaz étaient encore parfaitement verts.

On trouva les radicelles complétement mortes ; les ramifications plus anciennes des racines avaient souffert à leurs extrémités. Le 7 janvier suivant, l'expérience fut arrêtée sur deux des arbres, et continuée sur un tilleul. Malgré cela, l’érable avait péri, et les deux tilleuls ne tardèrent pas à périr également. D’autres expériences ont montré qu'une quantité de gaz de 25 pieds cubes, répandue journellement dans 976 pieds cubes de terre, suffit pour faire périr rapidement les arbres de toute essence, et cela d'autant plus vite que la couche supérieure du sol est plus compacte. (Jowrn. de la Soc. agric. du Brabant, 1874, p. 367).

Origine du Guano. — Nous avions longtemps cru, et bien d’autres avec nous sans doute, que le guano, ce puissant agent de fertilisation en agriculture, se composait des excreta accumulés depuis des siècles de myriades d'oiseaux de mer. Le D' Hahel, qui de longue date s'est livré sur le guano à des expériences de diverses natures, chimiques, microscopiques, etc., renverse sur ce point les idées en cours. En traitant le guano chimiquement, il a obtenu un résidu insoluble, composé d'éponges fossiles, d'animaux marins et de plantes marines. D'un autre côté, on sait que dans le voisinage des Chinchas et autres îles à guano, les ancres des navires ramènent quelquefois du guano du fond de l'Océan. De ces faits et d'autres encore, le docteur américain conclut que les dépôts du guano sont le résultat de l'accumulation de plantes et d'animaux fossiles dont la matière organique à été transformée en une substance azotée, la partie minérale restant intacte.

Quoi qu’il en soit de cette opinion, l'épuisement rapide des bancs de guano du Pérou, fait qu’on s'occupe un peu partout, mais particulHèrement en Amérique, de la création de guanos artificiels, dont les déchets de poissons sont la base principale.

À vrai dire si les nouvelles récentes recues du Pérou ne sont pas empreintes de quelque exagération, il n’y aurait plus tant à s'inquiéter de la diminution des dépôts des îles Chinchas. Une Commission scientifique, nommée par le gouvernement péruvien pour étudier la question des gisements de guano, aurait annoncé la découverte de couches considérables de cette substance sur la terre ferme. Les anciens habitants du Pérou connaissaient l'existence de ces mines d'un nouveau genre, et l'on retrouve en grand nombre des traces de leur exploitation. À Pabellon de Pica, les sondages ont permis de constater l’existence d’une couche évaluée à six millions de tonnes. La pointe de Lobos en fournirait deux millions, et d’autres sites en auraient révélé deux autres millions encore, maïs de qualité inférieure.

Certaines couches mesurent en épaisseur 60 à 90 mètres. Elles sont recouvertes d'un stratum de formation calcaire.

Les études auxquelles se livre la Commission péruvienne sur ces découvertes, jetteront sans doute une nouvelle lumière sur l’origine du guano. Les lieux où cette substance se rencontre en dépôts si considérables ne permettent guère de croire que les oiseaux ont été les seuls instruments de sa formation. (Ocrave SacnoT, Bull. de la Soc. d'acclimation, 1874, p. 430).

Les possessions hollandaïises des Indes orientales comprennent un vaste groupe d'îles, situées entre le 5° degré nord et le 11° degré sud de latitude, et entre le 95° et le 140° degré est du méridien de Paris.

Les plus considérables sont Java, Sumatra, Bornéo, Célèbes et les Moluques; parmi les îles secondaires, on peut citer Madoera, l'archipel de Riouw, Bangka et Biliton, Bali, Lombock, Timor et Soembawa. La superficie totale de ces iles est, en y comprenant la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée, de 15,274 myriamètres carrés, le triple de l’étendue de la France. |

Situées sous les tropiques, ces îles présentent, grâce à l'élévation de nombreuses montagnes et au voisinage de la mer, des climats très-variés, torrides dans les plaines basses, tempérés sur les hauteurs. : |

Sur la plage de Batavia, la température moyenne est de 28° centigr.;

à Buitenzorg, situé à 300 mètres au-dessus du niveau de là mer, la

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température moyenne n’est déjà plus que de 22° centigr.; dans les montagnes, le thermomètre descend au-dessous de zéro.

Les îles des Indes-néerlandaises sont d’une fertilité remarquable, et grâce à la variété du climat, les cultures les plus différentes y prospérent, les produits les plus divers y sont récoltés en abondance.

Cette note est extraite d’un mémoire sur les productions agricoles et forestières des possessions hollandaises aux Indes orientales, par M. Ed. Prilleux, inséré dans le Pulletin de la Soc. d'acclimatation de Paris, 1874, p. 359.

Avis aux explorateurs. — « Les plaies, surtout celles des membres inférieurs, demandent une attention particulière sous les tropiques; le voyageur ne saurait trop se prémunir contre leur danger ; je puis citer mon propre exemple, car une simple écorchure, négligée au début, a failli me coûter la vie. Dégénérant en un ulcère calleux, profond, extrêmement douloureux, cette plaie fut à la fin guérie, au moment où je redoutais la gangrène, par un remède banal que la Providence m'envoya : je veux parler de l’onguent basilicum.

« Un habitant de Flores qui avait éprouvé à Belize l'effet de ce médicament, en possédait une boite qu’il mit généreusement à ma disposition ; j'étais perdu sans cet heureux concours. |

« Je joins à cet avertissement la formule d'un onguent employé avec succès à la Havane contre les plaies rebelles et les ulcères invétérés.

Cire, 4 parties,

Térébenthine de Venise, 1 partie, Alun, un huitième,

Camphre en poudre, un huitième.

«On fait fondre au bain-marie la cire et la térébenthine,puis on ajoute l’alun et le camphre, en remuant le mélange jusqu’à ce qu’il forme une

masse bien homogène. Ce médicament s'emploie à l’état liquide : après l’avoir exposé au feu dans une cuiller, on en verse quelques gouttes sur la plaie, on recouvre de sparadrap et l’on change tous les trois jours.

« Quant aux morsures de serpents vénimeux, je conseillerai l'emploi de caustiques très-actifs, comme l'acide nitrique ou l’acide sulfurique concentrés, et mieux encore le chlorure d’antimoine qui agit avec

beaucoup de promptitude, mais dont l’application demande quelques

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précautions, parce qu'il se décompose au contact du sang. Le venin du trigonocéphale jararaca est singulièrement actif; lorsque la plaie est pénétrante, il est rare que le patient survive au delà de quelques heures; si la dent du reptile a rencontré sur son trajet quelque portion notable du système nerveux, la mort ne se fait guère attendre plus de dix minutes. C’est en raison de ce danger que les courriers, dans l'Amérique centrale, ne marchent jamais isolés. Il est donc essentiel que le voyageur soit toujours muni d'un remède prompt et énergique. (A. MoreLET, Voyage dans l'Amérique centrale, 1857, IT, p. 312-13).

Floriculture populaire. — Nous croyons bien faire de consigner ici un fait divers des journaux quotidiens ; il est d’un bon exemple.

La princesse Louise, fille de S. M. la reine d'Angleterre, présidait, jeudi dernier, à Londres, un meeting des plus originaux et des plus touchants.

Il ne s'agissait de rien moins que de la culture des plantes d’ornement sur les fenêtres et derrière les fenêtres, dans les quartiers pauvres de Londres. |

Depuis quelques années, cette gracieuse et innocente coutume à fait de grands progrès en Angleterre et en Écosse. Grâce à la température généralement douce et humide du pays, on voit des fougères tropicales, des bégonias du Mexique et du Brésil végéter et fleurir derrière les vitres des maisons d'ouvriers à Londres et à Manchester.

Encourager cette coutume nouvelle, mais intéressante au point de vue de la science elle-même, est digne de tout éloge. Aussi, S. A. la princesse Louise de Lorne a-t-elle fait œuvre méritoire en récompensant les industriels et les ouvriers de Londres qui ont trouvé le temps, pris sur leur labeur quotidien, d’orner leurs demeures de jardins, bien modestes, mais souvent remarquables par la qualité et la rareté des plantes qu'ils renferment.

Un grand port comme Londres, qui recoit ses arrivages de tous les bouts du monde, voit se répandre forcément sous le 41° degré de latitude nord des espèces exotiques qui s’y reproduisent et égayent la demeure du travailleur.

Le doyen Stanley, le marquis de Lorne, époux de la princesse Louise, et beaucoup d'autres personnages de distinction assistaient à

cette intéressante solennité dont l'originalité et l’utilité peuvent se passer certainement de tous commentaires et de tous éloges. Plus de 1,000 Liv. st. de prix ont été distribués aux cultivateurs et jardiniers en chambre.

Caragüuata. — Dans la diagnose que nous avons donnée l’année dernière (1873, p. 342) du genre Caraguata, il convient de changer les mots « Semina numerosa, loculos replentia, a summis loculis pendentia, cylindrica, elongata, sessilia, ad chalazam longe comosocaudata. » par la phrase suivante : « Semina numerosa, cylindrica, elongata, e basi dissipimentorum ad summum loculorum cauda longissima sublata. »

Gilles-François Godin. — M. Félix Nève, membre de l’Académie royale de Belgique, vient de communiquer à la Fédération des Sociétés d’horticulture une notice biographique sur un botaniste d’origine liégeoise qui était peu connu jusqu'ici. Gilles-François Godin est né à Liége, le 25 février 1757, et il est mort à Lille le 20 avril 1844 : il avait été chirurgien aide-major dans les armées françaises. Il vécut à Lille dans l’intimité de Thémistoele Lestiboudois et de Henri Desmazière. Le premier de ces botanistes dédia à Godin une section du genre Lysimachia, sous le nom de Godinella, et le second attacha son nom au Sphacria Godini : il avait été, à Strasbourg, élève de Fée. On lira avec intérêt la notice de M. Nève dans le prochain bulletin de la Fédération actuellement sous presse.

J. G. Baker, Revision of the genera and species of Tulipeae; broch. in-8°, extr. du Zinnean Sociely's Journal, Londres 1874. — M. Baker, conservateur-adjoint à l’herbier royal de Kew, vient de faire paraître un travail important pour la botanique horticole ; c’est une monographie des Liliacées à fruit capsulaire et à divisions du périanthe libres, en un mot la tribu des Tulipées. Elle comprend les Fritillaria, Tulipa, Lilium, Calochortus, Erythronium et ZLloydia. D'après le relevé de M. Baker, les Tulipées connues sont au nombre de 179 espèces, savoir : 59 Fritillaria, 48 Tulipa, 46 Lilium, 21 Calochortus, 5 Erythronium, 4 Lloydia. Cette tribu occupe les régions tempérées de l'hémisphère boréal. Le plus grand nombre de Lilium se trouve en Californie et au Japon : ce genre s'étend jusqu'aux

rivages de l'océan atlantique, mais la structure des bulbes est différente dans les espèces de l’ancien et du nouveau continent. Les Fritillaria s'arrêtent aux Montagnes Rocheuses. Les Tulipes sont confinées sur le vieux monde depuis l’Espagne, l'Angleterre et la Scandinavie jusqu’au Japon et à l'Himalaya. Les Calochortus sont propres au Mexique et au versant occidental des Montagnes Rocheuses. Un Erythronium se trouve sur l’ancien continent et les 4 autres sont du Nouveau-Monde. Plusieurs Lloydia sont orientaux et sibériens. Lloydia serotina est la Liliacée dont l’aire est la plus vaste.

Oudemans, de Flora van Nederland, 3 vol. in-8° et 1 atl. in-4e, Amsterdam (chez Funke), 1872. — L'étude de la flore nationale est perfectionnée en Néerlande : on s’y occupe de cryptogamie et la connaissance de la végétation rurale est vulgarisée. M. Le professeur Oudemans, d'Amsterdam, vient de faire paraître un important ouvrage sur la flore rustique de son pays : il nous paraït fort bien fait pour guider et instruire toute personne dont l'esprit est cultivé et qui veut apprendre de la botanique : l’atlas est un véritable secours pour les étudiants.

H. R. Goeppert, Ueber innere Vorgänge bei den Veredeln der Baeume und Straeucher, Cassel, 1874, br. in-4° avec 8 planches. — Notre savant confrère de Breslau, le D' Goeppert, continue sans se lasser, ses observations sur l’anatomie et la physiologie des arbres. Son récent mémoire traite du greffage : l’auteur constate que le sujet n’exerce d'influence que sur les caractères accessoires du greffon, par exemple la vigueur : ainsi un fort sujet, tout en imprimant au greffon une végétation vigoureuse, n’en modifie aucun trait caractéristique : on peut citer le Pommier qui greffé sur Paradis reste de petite taille, tandis que greffé sur franc il prend une grande taille. En ce qui concerne l'influence du greffon sur le sujet, M. Goeppert rappelle les observations que nous avons publiées sur la contagion de la panachure Abutilon. |

Dans l'opinion du D' Goeppert la greffe en fente est le procédé le moins rationel, pour ce motif qu’il met à nu une grande surface de tissu ligneux qui se dessèche ou se putréfie.

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