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F. messanexsis. Rafin. in Desv. Journ

272. Foliis radicalibus peliolalis, crassis ovalibus, enerviis; caulinis sessilibus, alternis linearibus ; #nvolucro polyphyllo similibus ; flore cernuo ; petalis luteis, margine purpureis, non tesselatis. (Tenore.) 2].

F, DE MEssine. Rafin. Feuilles radicales, pétiolées , épaisses, ovales, sans nervures ; les caulinaires sessiles, alternes, linéaires, celles de l’involucre polyphylles, semblables; fleur penchée ; pétales jaunes, bord pourpre, non tessélées. (Tenore.) 2L

SYNONYMIES,

F, pyrenaica. Guss. cat. 1821. p. 26. — Webb, It. hisp. (fide Boiss.) F. meleagris, Desf. alt. 1, 295. Cav. Ie. (fide Boiss.)

HISTOIRE DOTANIQUE ET HORTICOLE

Cette espèce croît spontanément en Espagne, surtout vers la côte australe et l’intérieur, dans la Sicile, en Calabre et dans l’Afrique du nord. M. Reichenbach la cite en Istrie. Les fleurs ne sont pas pourvues de l’échiquier. Elles tirent sur le pourpre et au milieu de chaque foliole du périanthe on distingue une zone longitudinale d’un jaune clair. Quoique rapprochée du F. latifolia elle s’en distingue par l’involucre le double plus long que la fleur et la tige entièrement feuillue. Il serait extrêmement utile dans les intérêts horticoles qu’on fit venir cette espèce d’Espagne. Les jardiniers y trouveraient une vraie fleur d’exploitation.

CULTURE DES ANÉMONES, Par MM. Denis Er Rouar», Professeurs d'Horticulture,

L’Anémone des fleuristes (Anemone coronaria) a été connue depuis un iemps immémorial, mais les belles espèces nous sont venues des Indes orientales. |

Le pourpre où la feuille de l’anémone est agréable; plus elle est frisée, plus elle est estimée ; la touffe doit en être basse et bien garnie; on prise peu les grandes feuilles. La tige ou baguette doit être d’une dimension en rapport avec la grosseur de là fleur. Le coloris doit être très-brillant, même dans les couleurs brunes ou bizarres. Les nuancées sont rares, Les veloutées sont les plus belles. Les panathées sont préférables à celles qui ne lé sont pas.

Une anémone pour être belle, doit être grosse et pommée, il faut que la panne ou peluche fasse le dôme comme le pavot, et qu’elle soit trèsgarnie de béquillons qui sont les ovaires changés en pétales.

Les pétales qui forment la première corelle ou le manteau doivent être épais, bien arrondis et d’une couleur franche ; ils doivent aussi excéder, mais de peu seulement, le diamètre de la peluche. Lorsque les pétales sont pointus ou étroits c’est un grand défaut. Les béquillons doivent aussi être arrondis par le bout. Plus ils sont larges, plus la fleur est belle.

Le cordon (second rang de pétales) doit s’apercevoir un peu, et ne point dépasser les premiers béquillons, ni faire le boulet par son épaisseur.

Plus les couleurs du cordon sont variées, plus la fleur est estimée. Le cordon ne doit pas avoir de grain, car cela marque ordinairement la vieillesse de la plante qui se dégarnit du milieu de la peluche et qui se

perd.

Là Ur

Le manteau ou onglet aïde à connaître quand une anémone doit augmenter en coloris. Si la peluche est d’abord d’une seule couleur et le manteau de deux, il y a lieu d’espérer que le même coloris des grands pétales qui le composent pourra monter dans les béquillons de la peluche.

Il y a des anémones qui varient, qui sont panachées une année, ou qui ont les béquillons bordés; qui, une autre année, seront larmoyées et qui enfin, une troisième ou quatrième année auront les grands pétales piquetés et les béquillons unis. Ces anémones sont préférables à d’autres, car, par leurs mêmes pattes, elles formeront autant de variétés.

De temps immémorial, on tire les plus belles espèces d’anémones de Caen et de Bayeux.

Il n’y a point cependant de terre naturelle qui réunisse toutes les conditions nécessaires à l’'anémone. On sait généralement que ce végétal demande à être planté en terre légère et qu’il lui faut en même temps de la nourriture ; néanmoins le sable lui est convenable; dans ce cas, on doit donc le fortifier par des terres et des terreaux et en une juste proportion. Les terreaux chauds et gras, de même que les poudrettes, n’y doivent pas être employés. Il ne faut pour engrais que du fumier de cheval bien pourri, de deux ou trois années.

On compose la terre avec cinq parties de sable noir, trois de terre franche et quatre à cinq de terreau. On fait ce mélange au commencement de lautomne pour ne s’en servir que l’année suivante à la même époque ef après lavoir fait passer par la claie une ou deux fois. Si le fond des planches est de terre forte ou de glaise, on doit l’ôter et en remplir la première moitié de terre sablonneuse et l’autre moitié de terre composée.

Il faut tous les ans de nouvelle terre aux anémones, car elles y viennent mieux que dans celle qui a déjà servi.

On peut mettre dans le fond des planches, à 75 centimétres de profondeur des fagots ou des plâtras pour donner de l’égoût aux terres; cela empêche que les plantes ne se pourrissent, genre d'accident qui est très à redouter pour l’anémone.

On doit planter les anémones à la mi-septembre si l'automne est sec et seulement à la mi-octobre quand l'automne est pluvieux.

Les planches étant labourées et dressées au râteau, il faut tirer dessus, au cordeau, des traits en long, séparés par 15 centimètres d'intervalle et refendre ces traits par d’autres en travers, espacés aussi à 15 centimètres afin que les pattes étant placées aux endroits où les traits auront croisé, elles soient à une égale distance les unes des autres.

Lorsque les dimensions à donner aux planches ne sont pas limitées, il convient de les faire d’un mètre de large, et on leur donne la longueur qu'on veut. On mettra cinq pattes de front sur la largeur et l’on aura ainsi plus de facilité pour décrire les plus belles. On assignera à chacune de ces dernières un numéro d'ordre pour les reconnaitre lorsqu'elles seront arrachées.

Les anémones ne doivent pas être mises en terre à plus de trois bons doigts de profondeur. Il faut faire leurs places avee la main, dans la terre, de crainte de rompre les pattes.

Afin de remplacer dans les planches les pattes qui pourrissent, il faut en planter aussi plusieurs dans des pots, une patte seulement dans chaque pot. L’anémone sortant de terre trois semaines après y avoir été mise, on voit bien alors où il en manque. On ôte les pattes pourries de leur place et on regarnit les planches avec celles qui sont dans les pots et qui ont poussé.

Plus les anémones sont belles, plus elles demandent de soins ; elles doivent être arrosées lorsqu'il y a de la sécheresse, et, quand il pleut trop, on les couvre avec des toiles cirées soutenues par des piquets ou des cerceaux.

Il ne faut pas se presser de les couvrir de paillassons dès les premières gelées; elles s’en portent mieux d’être un peu endureies au froid; mais, dans les fortes gelées il faut les couvrir fortement par dessus les paillassons avec du fumier sec, et, quand l’hiver redouble, on redouble aussi la couverture. I] ne faut pas négliger de donner de l'air aux anémones quand le temps est radouci, mais de crainte de surprise on les recouvre tous les soirs jusqu'à la fin des gelées.

Pour conserver les feuilles et pour la propreté des planches, on coupe avec l’ongle toutes les feuilles qui sont pourries. Quand il y a des tiges faibles sur quelques pieds, on les coupe avec des ciseaux, afin que les autres tiges aient une nourriture plus abondante.

Lorsque les planches sont en pleine fleur et que l’ardeur du soleil est extrême, on les abrite trois ou quatre heures; elles en durent bien plus longtemps.

Pour rendre les planches plus agréables par la variété, on mélange les couleurs en plaçant d’abord les anémones incarnates, ensuite les couleurs de feu, les blanches, les violettes, les brunes, les bizarres, les panachées, les piquetées, les nuancées.

Le temps convenable pour déplanter les pattes d’anémones, c’est lorsque la feuille jaunit pour sécher. Il ne faut pas la laisser sécher entièrement car, lorsque la plante n’a plus de sève, elle s’échauffe dans la terre, et pourrit à la moindre humidité. IT faut après les avoir déplantées les laisser sécher dans une chambre, à l'air, avant que de les enfermer dans leurs boîtes. Ensuite on les épluche en leur ôtant tout le pourri et tout ce qui est étranger au tubercule, en ne craignant pas de les couper jusqu’au vif. |

Les pattes d’anémones peuvent se conserver hors de terre deux ou trois ans sans se gâter, en les mettant dans un lieu sec, parce qu’elle ne poussent point comme les plantes à bulbe; on en obtient même de plus grosses fleurs.

Les anémones doubles ne portent pas de graine; il suffit de recueille celles des simples pour en avoir des doubles. Le né

Il est bon de remarquer les anémones simples qui ont un très-grand

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vase, une bonne forme dans les pétales, des couleurs éclatantes et bizarres, un coloris lustré, satiné ou velouté, c’est de celles-là qu’il faut ramasser la graine lorsqu'elle quitte la tête de la tige et qu’elle est prête à s’envoler ou à tomber ; on la met dans une boîte et on la conserve sèchement jusqu’au mois d’août pour la semer.

On ne doit semer cette graine que dans une terre bien préparée, on pourrait se servir pour repiquer le jeune plant de la terre composée dont nous avons déjà parlé, mais surtout il faut qu’elle soit remuée et bien unie au râteau.

Les graines d’anémones sont tellement liées les unes aux autres qu’il faut les séparer. Pour cela, on met dans un vase ce que l’on veut semer et l’on jette dessus du sable bien sec ou de la terre très-déliée, on les manie et on les remanie jusqu’à ce qu’elles soient bien séparées.

On sème la graine fort elair, et quand on en a couvert environ deux milles de terre, on les saupoudre de terre et de terreau mélés ensemble de peur que le vent ne la bouleverse, mais on ne la couvre qu’à moitié de manière seulement à l’arrêter; puis on continue à semer comme on a fait d’abord. Quand les semences sont toutes répandues et à demi couvertes, on recommenceàlessaupoudrer encore aveclemême mélangejusqu'à ce qu’elles soient couvertes entièrement, c’est-à-dire de l'épaisseur d’un centimètre.

Après cela on unit la terre avec une baguette et on la couvre de grande paille, de l'épaisseur d’une paille ou deux seulement, car le soleil brule cette graine tant elle est délicate. On jette ensuite quelques baguettes sur cette paille pour empêcher que le vent ne l’enlève. On arrose légèrement par dessus, et l’on retire l’arrosoir dès que l’eau cesse de se répandre sous forme de pluie.

Ce premier arrosement doit être de cinq ou six arrosoirs pour deux mètres de plates-bandes ayant un mètre de large. On continue à arroser, mais moins abondamment tous Les cinq à six jours quand il ne pleut pas, et on laisse la paille quinze jours, la graine germe par dessous. Lorsqu'on ne voit pas lever la graine, on ne laisse pas cependant d’ôter la paille, mais l’on prend garde que la terre ne se sèche.

En procédant de cette facon, une partie du jeune plant fleurira dès le mois de mars et le reste en avril.

Il faut nettoyer soigneusement les planches et les couvrir pendant les gelées.

Lorsqu’au printemps les jeunes pattes sont devenues grosses comme des pois et que les fleurs commencent à se faner, on les déplante avec précaution, on les met sécher avec les fleurs dans un lieu très-sec, puis en les frottant avec les mains, les fleurs et les racines s’en vont en poussière. On replante les planches l’automne suivant, et lorsque ces jeunes pattes fleurissent de nouveau, on remarque les doubles que l’on déerit quand elles en valent la peine, et on conserve ces élèves avec tous les soins que nous avons indiqués,

nt

On cultive de la même manière les espèces suivantes : Anémone œil. de paon (anemone pavonia) fleur belle, large de 6 à 7 centimètres, d’un

cramoisi clair et vif; — des bois ou sylice (a nemorosa) fleurs blanches; — à fleurs jaunes (a ranunculoides) fleurs jaunes; — sauvage (a sylvestris) fleurs blanches; — pulsatile (a pulsatilla) fleurs assez grandes, d’un beau violet; — à fleurs bleues (a apennina) fleurs bleues; — à fleurs en ombelle (a narcissifolia) fleurs à cinq pétales blancs et à disque jaune ; — hépathique ou hépathique des jardins (a hepatica) ; eette espèce est charmante aux mois de février et mars, par une quantité de jolies fleurs blanches, rosées ou bleues simples ou doubles. On les multiplie par la séparation des pieds comme toutes celles qui conservent leurs feuilles, et on les couvre de litière pour la garantir des grands froids. Cette plante craint d’être attaquée par un instrument tranchant, quand on écartera les touffes il faudra le faire avec les mains et par un simple déchirement.

DÉCORATION DES PARTERRES AUX PRINTEMPS, Par M. JEAN Cox,

jardinier de Redleaf.

Le vrai jardinage implique une attention soutenue de tous les détails de l’art, et la perfection ne peut y être atteinte qu’à cette condition. Cette vérité n’est niée que par ceux qui sont indignes dunom d’horticulteur.Queveutlart des jardins? — des effets, des scènes, des émotions — il a pour but d’éveiller l'esprit, de le féconder, de faire jaillir des idées, des souvenirs, des espérances, et comment atteindre à ce but noble et élevé si ce n’est par une étude de tous les matériaux, de toutes les ressources dont cet art dispose. Examinez les jardins ou les conservatoires qui réellement méritent une bonne réputation et qui répondent à leur fin, et vous ne tarderez pas à vous apercevoir que la splendeur de l’ensemble vient uniquement du soin donné aux détails. Or pour venir à donner à chaque objet le traitement qui lui convient, il faut une certaine anxiété naturelle et quand on a le caractère indolent et tranquille on n’atteint pas à la perfection de l'art : il faut de la fièvre, de l’ardeur, de l'esprit, des recherches, de linquiétude constante et alors seulement on saisit, on comprend, on serute, on possède le domaine de l’art intelligent. Sans passion, on ne réussit pas, même dans la décoration d’un jardin.

Ici, dans notre sujet, ce qu’il faut accomplir dans les détails, c’est la double condition de la santé et de la beauté. Toute plante décorative qui

n'est pas saine, ne décore rien puisqu'elle souffre et que la souffrance

d'autrui nous fait souffrir, sous peine d’être insensible. Voyez une colonne

brisée, elle vous fait peine. Que’ sera-ce donc si un végétal qui doit vous

recréer est malingre? La chute des feuilles ne plait qu'aux étiques, aux

mélancoliques parce qu’ils sont malades comme les feuilles. Ainsi, dans les détails d’un jardin , afin qu’il vous plaise il faut que tout respire , dans le moindre objet, une pleine et entière santé. La beauté est la seconde condition : elle s’explique du moment qu’on l’énonce. Les fleurs sont les joyaux de la terre, les ornements de l’univers, les joies de la nature : la beauté leur appartient en propre et les auteurs qui comme Kant, ont traité de la beauté absolue n’ont pas même osé la refuser à une fleur quelconque. L’horticulteur ne va pas jusques là, il rétréeit le cercle de cette beauté en la rendant moins philosophique et plus humaine, plus matérielle, plus en rapport avec nos sens, mais ce sont précisément ces sens qu’il s'efforce de contenter par un choix intelligent entre toutes les beautés que le monde lui fournit.

La spécialité de notre sujet me porte donc à rétrécir ces données générales à l’état des jardins pendant les mois de mars, avril et mai. Que faut-il réaliser alors pour dire que réellement on a un jardin décoré?

Il faut qu'il soit admis d’abord qu’à cette époque toute apparence de désolation doit avoir disparu et que le but ne serait pas atteint si de toute part la vie ne jaillissait, pleine, abondante et ruisselante d’amour, hors de chaque plante. Celles qui ne rempliront pas ces conditions ne seront pas des filles dignes du printemps : elles pourront adresser leurs hommages ou réserver leurs charmes pour l'été, l’automne ou l'hiver. La conséquence forcée de ce raisonnement est qu’il faut des spécialités et un ensemble de spécialités ; done — nous l’avons dit — une étude de détail.

L'expérience prouve ici que pour arriver là, il faut un espace de terrain consacré à cet usage, et que dans cet espace on cultivera particulièrement ces plantes, ear il faut planter, émonder, sarcler, nettoyer, arroser en vue de ce qu’on veut produire à temps nommé. Et une condition physique indispensable est que cet espace de terre doit avoir une exposition qui à cette saison donne le plus de lumière et de chaleur, qui reçoit le soleil en plein et même sans ombre, donc une exposition midi-nord, mais nécessairement avec un abri du côté de ce dernier point.

Nous allons maintenant parler de choses réalisées et que nous avons devant nous au jardin de M. Weels à Redleaf qu’on cite actuellement comme le lion des jardins. Nous ne parlons donc pas d’utopies, mais de faits effectués et par conséquent imitables.

Nous voici devant un parterre de violettes en arbre : il a neuf pieds de longueur sur trois de largeur : c’est un tapis violet et en faisant un petit calcul sur une tranche, il doit y avoir en ce moment (avril) 5600 fleurs ouvertes par jour. Les violettes viennent bien ainsi quand on les cultive sur quelque étendue, il faut diviser les racines, et la dernière semaine de mai est le meiïlleur temps pour cette opération; à cette époque, en effet, chaque partie divisée s’enracine, même comme bouture. On les plante ainsi dans des couches de réserve, en laissant six pouces entre les raies. Du sable argileux frais et un égal mélange de terreau de feuilles est

le meilleur sol pour cette opération. En été, dans les jours de sécherésse, on trouve grand bénéfice à l’arrosement. En octobre déjà, par cette mé-

thode, on obtient de fort jolies plantes. On les enlève avec leur motte et

on les fixe en place. vite ire

Nous indiquerons ici les différentes variétés de doubles primevères, végétaux d’une culture aisée et extrêmement appropriés à la décoration printannière des jardins. On en possède des blanches, des jaunes, des roses, des rouges clair, des pourpres, des sanguines foncées, ces dernières rares, mais très-belles. On les divise aussi du pied à la fin de mai, on les dépose en parterre de réserve, on leur donne une ombre modérée et comme sol de l’argile sablonneuse et du terreau de feuilles.

Les auricules alpines dont les variétés ne sont pas moins nombreuses et qui ne le cèdent en rien aux précédentes pour leur beauté, se traitent en général de même.

Les Jépatiques sont blanches, rouges ou bleues. Ces jolies variétés sont toutes très-florifères et tout le monde les aime. Il ne faut pas laisser passer leur défloraison sans les diviser du pied : alors sonne l’heure fatale de la multiplication. Mais les hépatiques croissent lentement, aussi tienton les variétés en double et toujours en réserve, Même si dans le parterre définitif on veut avoir des pieds bien assis et d'avenir, il ne faut les

y mettre qu'après deux ans de culture en pépinière. C’est là le secret de

ces charmantes hépatiques qu’on admire dans les jardins de l’Angleterre.

Les Pulmonaires à feuilles étroites (Pulmonaria angustifolia) , le violet (Pulmonaria officinalis), le lilas, l'azuré, le bleu, ete. Le second est une plante indigène (en Belgique) mais il devient plus ample dans les jardins. Ces espèces abondent en fleurs toutes variables de couleur selon le jour où l’on les regarde, l'heure, le temps, la pluie, ete. Ces espèces sont trèspeu difficiles sur le choix du sol : on les reproduit par division du pied principal en automne, mais on remarque que leur station naturelle étant le bord des bois, une demi-ombre leur est d’un grand secours.

Les £rythronies qu’on a nommées, cette dénomination est sans excuse, dent de chien (Erythrontum dens canis) comporte plusieurs variétés, le blanc, le rose et celui à longues feuilles. Aucune nouvelle acquisition n’a pu éclipser ces charmantes espèces dont la beauté se rehausse quand elles se trouvent cultivées en groupe nombreux. Ce sont des plantes bulbeuses qui se reproduisent modérément et près l’une de l’autre. II faut attendre la fin de mai pour lever les bulbes qu’on place dans un endroit sec mais dans une terre légère et sèche aussi. Là, la bulbe mürit. Puis un ou deux mois après on replante dans de la nouvelle terre. C’est ainsi que les érythronies deviennent de fortes plantes, tandis qu’en les laissant toujours dans la même terre, elles se perdent. :

Les Anémones soit doubles, soit simples et de toutes les couleurs sont toujours de brillantes fleurs. Il faut les planter de bonne heure en movembre et auparavant il faut préparer son parterre avee du fumier

d’étable bien frais. Dans les forts hivers, une couverture d’un demi-pied ou d’un pied de feuilles mortes devient nécessaire. On obtient une bonne floraison lorsqu'on a soin avant de préparer les parterres pour les cultures d'été, de lever les pattes d’anémones et de les préparer comme nous venons de le voir pour les bulbes de l’erythronium. L’Anemone stellata, d’un écarlate vif et rutilant ne sait se remplacer dans aucun jardin. Il exige, lui, de rester en place toute sa vie. On le propage par division qu’on soigne d’abord dans une couche de réserve.

Les Jacinthes offrent une série de couleurs et de teintes innombrables. Leur mérite est généralement reconnu dans tous les pays. On les plante en novembre, un peu profondément. Après la floraison en pleine terre, on lève les bulbes, on les laisse sécher, mais on réussit bien peu à obtenir des générations dignes des bulbes de Harlem.

Les Renoncules de l'Orient ne savent trouver de rivales malgré toutes les conquêtes de l’horticulture contemporaine. Les tons jaunes, pourpres et vermillon dominent iei. On les plante en novembre, vers le commencement du mois, surtout en lignes distantes de six pouces et chaque plante éloignée de sa voisine de trois pouces. Une terre légère, sableuse, mélangée d’un peu d'argile et de terreau de feuilles lui convient le mieux. Les hivers rigoureux, il est nécessaire de donner à ces plantes de l'Orient une bonne couverture de feuilles mortes.

Pour les petits parterres, nous recommandons surtout les Scillas comme les scilla sibirica (bleu) bifolia (lilas) bifolia alba (blancs) carnea (incarnat) præcox (bleu foncé), etc. Tous exigent un sol très-léger et des soins attentifs. À dire vrai, comme leur floraison est très-temporaire, nous préférons orner des parterres variés que de les cultiver en masses réunies. Mais, nous devons le reconnaître aussi, aucune espèce de plantes d'ornement ne peut remplacer ces scillas. Tous veulent que les bulbes soient plantés en novembre et ôtés toutes les années et pour assurer leur maturité et pour façonner et engraisser la terre.

Finalement il est toujours de bon goût que les grands parterres aient un fond de plantes toujours vertes entre lesquelles on place selon son goût les plantes ci-dessus désignées. Toutes celles qui conviennent n’y sont pas, il s’en faut, mais il faut laisser un peu de champ libre à l’imagination et à la fantaisie de lhorticulteur. Nous rappellerons ici les ressources qu'il trouvera dans les crocus, le leucojum vernum, les narcisses si faciles à cultiver, les fritillaires trop abandonnées, l’adonis vernalis, les fumaria, le sanguinaria canadensis et le grandiflora, le trillium grandiflorum si élégant dans sa forme rare et singulière, lorobus vernus aux fleurs irisées, les arabis præcox etvariegata, excellents pour bordure, le silene saxifraga, le muscart botryoides et enfin les pensées, ces capricieuses enfants de l'hybridité qui font le désespoir de tous les cultivateurs qui voudraient les conserver alors qu’elles leur échappent de plus en plus d’années en années. Nous souhaitons que ces pensées-ci, semées dans cet article seront plus

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fidèles et contenteront toujours l'esprit de ceux qui voudront bien leur donner quelque attention. | HU LIE |

REVUE DE PLANTES NOUVELLES

Opuntia salmiana. Parment. in Pfeiff. Enum. p. 172. — Saälm- Dyk. Cactacées, plante droite, rameuse, d’un vert gai devenant gris; rameaux cylindracés sans tuberciaé) iréslés presque réunies, tomenteuses, blanches, les plus vieilles patins globuleuses, les inférieures ? à 5 ou 4 aiguillons petits, roussâtres ; fleurs vers l'extrémité des rameaux, agglomérées ; ovaire turbiné, sans écaille, quelquefois prolifère ; pétales obovéslancéolés, sulfurés et teintés de rose. Cet opuntia, reconnaissable à l’in- £ stant à ses rameaux cylindracés est, dit-on, originaire du Brésil. Le / Jardin royal d'Herenhaussen l’a donné à Kew. Il fleurit souvent en septembre et octobre. Le vénérable prince de Salm-Dyk, que toute l’Europe salue aussi le prince des botanistes qui ont écrit sur les plantes grasses,

a donné dernièrement une excellente description de ces végétaux dans son livre intitulé : Cactées, et qui ne devrait pas quitter la table de tous ceux qui cultivent ces espèces.

Culture. Cet opuntia réclame une terre argileuse légère, mélangée de terreau de feuilles, et en été, il demande la pleine influence du soleil. On } l’arrose soir et matin; mais dans la saison humide, il faut ménager l’eau, car il pourrirait. En hiver, on le tient dans une serre tempérée, chaude et sèche. Il se reproduit aisément par bouture ou par graine. Même chaque aréole du fruit étant bouturée, a produit une plante nouvelle.

Pitcairnia Jacksoni. Hook. 4540. Pitcairnie de Jackson. Famille , des Bromeliacées. Feuilles subulées, ensiformes, carinées, au-dessous furfuracées de blanc et au-dessus du milieu épineuses, dentées. Hampe simple, pédicelles ouverts , calices farineux, sépales obtus, corolle courbée, pétales linéaires-oblongs, subtortus, de la longueur des étamines, en dedans squammeux, écaille bifide, dentée, stigmate cilié. Cet Pitcairnia existe en Belgique depuis des années où il circule dans le commerce, sous le nom de P. graminifolia, P. punicea, etc. En Angleterre, il est né aussi par hasard, par des mottes de terre entourant des orchidées venues de Guatemala. Comme il a fleuri chez M. Jackson, éminent jardinier de Kingston, dans le Surrey, M. Hooker l’a nommé Jackson. Il lui trouve des rapports avec le P. bromeliæfolia, mais l’écaille bifide et dentée l’en distingue. |

Culture. Il fleurit en été et se distingue par ses belles panicules de fleurs pourpres éclatantes. Généralement, les Pitcairnias habitent des stations sèches où il y a peu de terre. Ils y croissent par surgeons, et deviennen enfin des touffes très-serrées. Quelquefois, ils préfèrent croître sur les arbres et peuvent supporter beaucoup de chaleur et de sécheresse. Cette

espèce-ci a été maintenue dans une serre à orchidées où, au contraire, la chaleur était accompagnée d’une grande humidité. De la terre de bruyère lui avait servi de sol. On l’a reproduite par division de pied, mais puisqu'elle est venue de graines , il est fort probable que celles-ci serviront aussi à multiplier les individus. Cette jolie plante se vend au Jardin botanique de Bruxelles, 4 fr. 50 le beau pied fleuri. Nous ne saurions assez la recommander aux amateurs.

Potentilla ochreata. Lind. Paxt. F1. gard. 1. 144. Potentille à ochréa. Famille des Rosacées, section des potentillées. Très-curieuse et trés-jolie plante vivace, formant un buisson nain et poilu, pourvu de branches molles, étendues en rosace. Les feuilles sont à pétiole court, pinnées ou digitées, les stipules oblongues, révolutées, variant en nombre de cinq à neuf, au-dessus elles ont une couverture grise et au-dessous elles sont poilues. Quelques-unes ont deux lobes. Ses fleurs sont terminales avec eingq bractées linéaires, lancéolées et très-poilues, des sépales triangulaires, jaunes en dedans, des pétales presque circulaires , d’une texture ferme et d’une couleur jaune brillante. Cette plante est originaire de l'Himalaya. Elle a été introduite en 1849 par le major Madden. Elle fleurit en septembre. Culture. On a cultivé cette espèce au jardin de Gasnevin à Dublin, comme une potentille ordinaire de pleine terre, et elle a parfaitement supporté ce traitement. C’est une acquisition de plus pour nos jardins.

Spathodea laevis. Beauv. fl. d'Oware et de Benin. vol. 1. p. 48. t. 29. — Decand. Prodr. 9. p. 208. — Bot. mag., 4537. (Spathodée à feuilles glabres.) Famille des Bignoniacées. Plante arborescente, glabre; feuilles alternes impari-pennées, de 4 à 6 paires, les supérieures verticillées, trois par trois, folioles ovales, acuminées, inéquilatérales, à grosses dents; grappes terminales , corymbeuses; calice apprimé et corolles extérieurement glanduleux; corolle infundibuliforme, lobes inégaux, arrondis et crépus. Cette belle espèce provient de Sierra-Leone ; elle a fleuri en 4850 chez MM. Lucombe et Pince. Élevée de graine, elle a porté fleur également à Kew. Quoique la figure publiée par M. de Beauvois, fut fort incomplète et peu exacte, elle a servi toutefois à prouver lidenté, grâce au secours d’un herbier. Ce spathodea avait 16 pieds de hauteur quand il à fleuri.

Culture. C’est donc une robuste végétation des tropiques, demandant toute la chaleur de la serre chaude et une bonne argile légère comme sol. On reproduit la plante par boutures faites sous cloche et en couche.

Stylidium mucronifolium. Sond. in Plant. Press. vol. 1. p. 385. — Hook. Bot. mag. 45358. (Stylidié à feuilles mucronées.) Famille des Stylidiées, section des nitrangium du genre. Tiges courtes, inférieurement rameuses ; feuilles glabres, linéaires-subulées , sétacées, mucronulées ; hampes ou pédoneules terminaux, nus au-dessus, et avec la panicule

… JR De

glanduleuse et poilue ; corolles jaunes, linéolées d'orange ; labellum appendiculé de chaque côté; ovaire cylindrique, allongé. La graine envoyée du Sivan river de l’Australie à MM. Lucombe et Pince, a donné des plantes qui ont fleuri. Il y a des doutes que ce soit bien la plante de Sonder décrite sous ce nom, car il dit le labellum sans appendices, mais la description a pu avoir is sur le sec. Cette espèce fleurit en août, elle és beaucoup de branches florales et elle est fort jolie.

Culture. En été, il faut placer ces plantes délicates dans une situation où elles ont une humidité modérée, car larrosement quotidien leur fait du mal. En hiver, une place aérée et sèche convient, mais il faut veiller aux jours humides, car si l'humidité séjourne dans les faisceaux de feuilles, la plante est détruite. Pour le reste, on la cultive comme le SEEN saxifragoïdes dont nous avons parlé précédemment. |

Tillandsia erythræa. Lindl. Paxt. F1. gard. 4. 160. Tillandsie à bractées rouges. Famille des Bromeliacées.

Synonymie : Tillandsia bulbosa picta. Hook. Plante de serre chaude ayant le port du Tillandsia bulbosa, dont elle se distingue par les feuilles supérieures très-longues, un épi branchu de fleurs, des bractées foliacées d’un pourpre foncé, en apparence, non couvertes de lépides et une corolle très-longue, blanche au bout. Elle est originaire de la Jamaïque et de Para, introduite en 1845, et elle fleurit en hiver. |

Culture. On la tient en serre chaude, même dans celle à orchidées, et on lui donne une culture aérienne au-dessus d’un bassin rempli d’eau, comme au Tillandsia bulbosa. Sa végétation s’accommode d’un morceau de bois sec et brülé, revêtu de mousses et spécialement de RSA Reproduction par Hisiôns de jeunes pieds.

Verbena trifida. Kunth. Paxt. F1. gard. 4. 169. (Verveine trifide.) Famille naturelle des Verbénacées. Plante vivace, semi-ligneuse et herbacée, très-basse, portant des fleurs odorantes, quoique peu jolies, mais leur parfum est des plus agréables, même délicieux. Elle croît à un pied environ de hauteur, ses tiges sont quadrangulaires, les feuilles sessiles à trois ou cinq lobes, les inflorescences en tête oblongue, poilue et portant des fleurs blanches. Originaire de Santa-Martha, dans la Nouvelle-Grenade, cette verveine a été introduite en 1849. Elle fleurit jusqu’à la fin d'automne. |

Culture. C’est le duc de Northumberland qui a fait le premier cultiver cette plante, qui pourrait bien devenir aussi populaire que le réséda. Les Anglais pensent aujourd’hui qu’on pourrait, par l’hybridité, perfectionner la fleur en beauté et en éelat, et, disent-ils, peut-être transporter l’odeur sur les espèces à fleurs brillantes. Voilà tout un avenir à conquérir pour Messieurs les horticulteurs. Toutefois, la verveine de Santa-Martha se cultive absolument comme les verveines des jardins , à rentrer l’hiver.

Le

FLORICULTURE DE SALON.

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