‹ La Belgique horticole (volume 3)Chapitre 194 sur 224 · DES IULES DÉVORANT LES TIGES DE MELON · texte numérisé non relu

DES IULES DÉVORANT LES TIGES DE MELON

Par M. Le Docteur DE Bonis.

M. Toupillez, horticulteur, a envoyé à la Société centrale d’horticulture de Paris, des débris d'insectes qui avaient dévasté ses cultures de melons, en coupant la tige au sortir de terre et en produisant l’avortement de la jeune plante, par suite de la blessure et du bourrelet formé par la sève au-dessous d'elle.

Après avoir reconnu, pour mon propre compte, dans les insectes qui m'avaient été remis, un des insectes les plus connus, l’Zule terrestre, je consultai M. Guérim-Menneville pour qu'il voulût bien me dire si, par hasard , cela n’était pas une des nouvelles espèces admises et trouvées daps les environs de Paris.

L'animal qui m'a été remis appartenait à la classe des myriapodes, dont l’organisation et le développement sont si différents de ceux des insectes, qu’on a fini par en former une classe particulière d'animaux articulés. Ce qui caractérise surtout le genre Jule, c’est le grand nombre d’anneaux formant un corps long , anguleux, terminé par une queue sans poils ; chaque anneau du corps, portant, à partir du cinquième , une double paire de pattes de sept articles, présente une partie antérieure striée finement, toujours découverte, et une autre partie postérieure lisse pouvant permettre à l'animal de s'étendre en longueur ou de se rouler en spirale, selon qu'elle est plus ou moins couverte. Les antennes de l’animal sont courtes et en massue. Sa tête, ronde, porte des yeux à facettes. — Ces animaux vivent de débris végétaux : on sait que leurs mandibules , courtes, fortes, presque crustacées et terminées par plusieurs dents, leur permettent d'attaquer les raisins, les fraisiers ; il n’y a donc rien de nouveau dans le fait rapporté par l'observation nouvelle qu’ils aient détruit et coupé les jeunes tiges du melon.

Mais quel peut être le remède d’un tel fléau pour un cultivateur de ce précieux légume? — Bien qu'il ne soit pas facile de détruire les fléaux de cette nature dans leur totalité, on peut espérer qu'en agissant avee intelligence et persévérance, l’homme sait au moins en atténuer considérablement les pernicieux effets. Dans le cas qui nous occupe, il nous a semblé qu'il n’y a qu'un conseil à donner, celui de leur faire une chasse habile en leur dressant des piéges. En effet, on sait que ces animaux redoutent la lumière et recherchent l'obscurité et l'humidité; il faudra done leur préparer, dans le voisinage des couches de melons, des abris à l’aide de tuiles , de grosses pierres qu'ils iront chercher comme des refuges pendant le jour, où on ira les saisir et les détruire. Il faut que le jardinier-cultivateur de melons se lève de grand matin avant le jour, et aille saisir sur le fait ces destructeurs de sa propriété, ces maraudeurs de nuit.

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