‹ La Belgique horticole (volume 4)Chapitre 13 sur 173 · M VO · texte numérisé non relu

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général, tout ce qui est du ressort du commerce des graines. Parmi les nouveautés, préconisées par cette maison, nous pouvons recommander de visu une superbe Graminée, le Pennisetum setosum, dont les fortes touffes se couvrent d’épis d’un beau rouge brun. M. Naudin en a donné la description suivante : |

Pennisetum setosum. — D’Abyssinie. Gramivée des plus remarquables par la longueur et la beauté de ses épis (ou panicules spieiformes), hérissés de longues soies, dont le rubis seul peut rendre l'éclat et la couleur. La plante est vivace sous le climat du midi, et le sera probablement aussi sous celui du nord, moyennant une couverture de feuilles ou de paille pendant l’hiver. Ses tiges forment des touffes denses, de 70 à 80 centimètres de hauteur, bien feuillues et terminées par ces longs épis cylindriques et soyeux dont nous avons parlé ci-dessus. Sa tailie moyenne la rend presque également propre à figurer sur les plates-bandes du parterre ct à être cultivée en vases pour la décoration des appartements. Sous ce double rapport elle va au moins de pair avec le P. longistylum, dont la figure est d’ailleurs toute différente.

Le Pelargoniue (zonale) Victoire de Lyon, obtenu par M. Jean Sisley, amateur distingué d’horticulture et mis dans le commerce par M. Alegatière à Montplaisir-Lyon, parait réaliser un notable perfectionnement sur les variétés anciennes. M. H. Beurier, assure, dans l’Horticulteur français, que son coloris est entièrement nouveau. Les fleurs sont de moyenne grandeur, bien doubles et d’un cramoisi pur et vif.

Le Rhus toxicodendzroemn abonde en Californie : c'est une plante redoutable, non seulement par sa tendance à tout envahir, mais par les accidents qu’elle occasionne. Cette plante qui en espagnol est appelée Yedras, et en anglais Poison oaë ou Poison du Chène, paraît rechercher particulièrement cet arbre sur lequel elle monte en s’enroulant et s’attachant à l’aide de ses tiges volubiles, et surtout des nombreuses racines adventives qu'elle émet.

Le R. toxicodendron croit tellement vite, qu'en très-peu de temps il envahit les terrains, et cela d'autant mieux qu’à cause de ses propriétés délétères, c’est à peine si l’on ose y toucher. Des centaines, ou mieux des milliers d'hectares de terrain sont abandonnés aux environs de San-Francisco et complètement envahis par le R. toxicodendron. Il n’y a pas d’années où l’on n’ait à enregistrer plusieurs décès dus à cette plante. Il parait que son action toxique est surtout beaucoup plus forte au printemps qu’à l'automne. (Revue horticole.)

Le Gleditschia sinensis sert en Chine à un usage médical assez remarquable. Les Chinois, à ce qu’il paraît, traitent les noyés qu’ils

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veulent rappeler à la vie, à peu près par nos moyens : changement de vêtements, chatouillement des narines à l’aide d’une plume ou de tabac à priser. Comme moyen extrême ils introduisent dans Îles narines du patient un peu de cendres brülées de la gousse du Gleditschia; ce traitement fait éternuer le malade et le ramène promptement à la vie. Cette plante a-t-elle quelque propriété inconnue ? Il est certain que lon a fait des expériences et que cette poudre n’a produit aucun élernuement alors que le tabac et le poivre avaient immédiatement eu de l'effet. Aussi la Société royale de bienfaisance (Royal Humane Society) qui a fait des recherches à ce sujet, semble y avoir définitivement renoncé. (Gardeners’ Chronicle, n° 1, 1870.)

Parmi les Fougères grimpantes, le Journal of horticulture (n° 457) cite les Lygodium, d’un feuillage léger et d’un aspect gracieux. Ces plantes conviennent admirablement pour orner les piliers ou les murs des serres de Fougères; on peut aussi les planter dans des corbeilles suspendues. Dans les deux cas, ce sont des plantes remarquables et il est étonnant qu’on les ait tant négligées jusqu’à ce jour, d'autant plus qu’elles n’exigent que des soins ordinaires.

Le Lygodium scandens, charmante Fougère des Indes orientales, grandit fort vite. J’en ai un spécimen de 5 pieds (!), qui pend au-dessus du bord du pot qui le contient et qui s'élève en convergeant vers un seul point; on pourrait lui faire atteindre une plus grande hauteur encore.

Le Lygodium flexuosum est une fort belle espèce, également originaire des Indes orientales.

Le Lygodium palmatum vient de l’Amérique septentrionale et présente un aspect agréable. Placé entre le Vothochlæna aurea et le Cheilanthes elegans, il forme avec ces plantes un aimable contraste.

Quelques Fougères ont un habitus sous-grimpant; le Selaginella cæsia arborea est l’un des arbustes les plus beaux et les plus distingués de la serre aux Fougères. On en fait des pyramides de 6 picds. Cette plante doit être à l’abri du soleil.

Le Selaginella lævigata à un feuillage d’un bleu brillant, surtout quand on ne l’expose pas à une trop forte lumière du soleil.

Le Selaginella cæsia est un fort beau spécimen qui atteint une hauteur de 7 à 8 pieds.

Ce sont là des plantes que leur bon marché et leur culture, relativement assez facile, recommandent à l'attention des horticulteurs.

M. Jean Sisley a donné à la Revue horticole, la recette suivante pour composer une encre pour écrire sur le Zinc :

(1) Pieds anglais — mètre 0,5047.

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Achetez une petite bouteille d'encre ordinaire, chez le premier épicier venu; cela vous coûtera 20 centimes; puis allez chez un droguiste acheter quelques grammes de sulfate de cuivre qui coûte 50 centimes le kilogramme, et mettez-en dans votre bouteille d’encre deux morceaux de la grosseur d’une noisette; laissez dissoudre et remuez bien : vous aurez une encre indélébile qui ne coûtera pas 25 centimes le flacon.

Lavez bien vos étiquettes de zinc avec du vinaigre avant d'écrire dessus; c'est essentiel. (Revue horticole.)

L'absence de la vie végétale dans l’&Gcéan fait l’objet d'une note de M. Gwyn Jeffreys, reproduite dans le n° ! du Gardeners’ Chronicle de cette année. Partout cette vie fait défaut, excepté dans la zone relativement étroite qui borde les côtes (zone du littoral et laminaire) et dans la zone de Sargasso du golfe du Mexique. « Dans la récente exploration de l'Atlantique septentrional faite par le navire royal le Porc épie, je n'ai pu trouver trace d'organisme végétal au-delà d’une profondeur de 15 brasses(1). Partout abondaiïent les organismes de la vie animale de toute espèce, de toute grandeur, vivants ou morts et cela de la surface jusqu’au fond. À première vue on pourrait supposer que c’est là l'unique nourriture des animaux de l’Océan que l’on a observés; car les uns sont zoophages, les autres carnivores; pas un n’est phytophage. Mais puisqu'on dit que tous les animaux exhalent du gaz acide carbonique, et qu’à leur mort ils en donnent encore en se décomposant, où donc les animaux de l'Océan trouvent-ils cette quantité de carbone que les animaux de la terre ferme, du littoral ou des eaux peu profondes tirent directement ou indirectement des plantes? Y a-t-il des animaux marins qui peuvent s’assimiler le carbone de la mer comme les plantes le font pour celui que l’air renferme? Il semblerait donc que cette théorie d’après laquelle tout animal dépend pour sa nourriture du règne végétal, ne peut s’appliquer à l'Océan, c’est-à-dire à plus d’une moitié de la surface de Ja terre. IL est plus probable cependant que M. Jeffreys se trompe dans ses observations.

Le Jardin botanique de Caleutéa prend un grand développement. Voici l'extrait d’une lettre de M. Scott au D' Hooker que le Gardeners” Chronicle (n° 4, 1870) publie à ce sujet : « Nous établissons une avenue d’Amherstia depuis l'entrée principale jusqu’au monument de Kyd. Je les ai tous entourés de treillis alternativement couverts d’Antigonon leptopus et de Jacquemontia violacea. La première de ces plantes est grimpante, d’une grande beauté; elle fleurit pendant environ neuf

(1) Brasse anglaise — mètre 1,828.

mois de l’année. À la fin de la saison froide ct au commencement de la saison chaude, elle rivalise par ses nappes de fleurs avec le Bougaïnvillea.

La collection d'Orchidées est belle et riche en espèces de l'Inde; nous sommes pauvres en espèces américaines. La serre mesure 80 pieds (1) de long, 68 de large et 7 de haut ; la toiture est plane et couverte de gazon afin de maintenir l’évaporalion, ce qui rafraichit la serre. Une table de six pieds de largeur court autour de la serre, et au milieu il s’en trouve quatre autres de 42 pieds; presque tout cela est rempli. Sauf les Phalœænopsis et autres de ce genre que je fais venir sur des bloes de teck, toutes les autres espèces épiphytes sont dans des pots ouverts ct croissent dans un mélange de petits morceaux de charbon de bois et de morceaux de brique; c’est ce qui leur convient le mieux. Un sol échauffant ou bourbeux les tuc toutes dans la saison des pluies. J'ai essayé de la fibre de coco; mais elle moisit pendant les pluies; puis, dans la saison des chaleurs, quand on les arrose avec l’eau de nos réservoirs, on y introduit un gastéropode qui s’accroit rapidement au milieu des fibres et qui fait un tel ravage dans les radicelles des Orchidées que toute la collection est menacée. Ajoutez l’ennui de filtrer toutes nos eaux. De là mon essai avec le charbon de bois; j'ai complétement réussi; plus de fibres, plus de limaces : les racines se ramifient avec une vigueur qui fait plaisir à voir. — Les Fougères réussissent fort bien dans notre petite serre de verre, aussi bien qu'a Kew; les serres des arbres à poivre leur conviennent également fort bien. J'ai un groupe de 50 Fougères arborescentes du Sikkim dont la tige varie en hauteur de 4 à 7 pieds. C’est une nouveauté à Calcutta et on les admire beaucoup. Bien d’autres plantes encore, des Fougères grandes mais non arborescentes, des Aroïidées, des Palmiers nains peu rustiques, etc., etc., y prospérent admirablement. »

Les jardins botaniques de Glasnevin sont connus de la plupart de ceux qui visitent Dublin; ils sont établis dans une fort belle situation aux bords de la petite rivière Folka cet contiennent une grande collection de plantes rares. Depuis quelques années on a placé dans un grand hangar de fer les collections de plantes et de produits botaniques

utiles à l’homme. Mais le défaut d'espace empêche d’arranger les collections de facon à faciliter les recherches de tous ceux qui s'intéressent

à la botanique. Aussi le département des Sciences et des arts a-t-il porté une allocation de 4000 livres (2) à son budget pendant quatre ans (de 1865 à 1869) pour la construction d’un musée; le parlement a voté ce crédit mais jusqu’à présent il n’a pas été employé encore. La chose serait dési-

(1) Pied anglais — mètre 0,5047.

(2) Livre — 95 francs.

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rable pourtant, et la somme suffirait pour élever une construction fort simple qui répondrait à tous les besoins. (Gardeners’ Chronicle, n° 52, 1869.)

Le Journal of horticulture (n° 457, 1869) publie quelques observations de M. Clapham sur les Fougères vivipares d'Angleterre. « J'ai recueilli, dit cet auteur, un grand nombre d'observations sur la nature prolifique de nos Fougères ct je me propose de démontrer successivement que ces prolifications se forment sur le caudex, sur le rachis, sur des. frondes arrêtées, naines ou déformées; sur des sores naissantes; par morphologie ou au moyen de pseudo-buibes.

« En janvier 1854, Newman (History of British ferns) donne le Polystichum angulare comme étant la seule espèce britannique qui produise des bulbilles. Au printemps de cette année, je trouve des bulbes sur un de mes semis de Scolopendres; je communique la chose à un amateur d’une grande autorité qui, en examinant ses plantes, y trouve des formations semblables. A la fin de cette année, l'amateur, le curateur des jardins botaniques d'Oxford et moi, nous trouvons que dix espèces sont vivipares. Plus tard, feu M. Jackson, de Barnstaple, constate que le tronçon d’une fronde, bien qu’âgé de plusieurs années, peut former plusieurs bulbes si on le détache avec un morceau du caudex.

« Voici mes observations personnelles : ayant remarqué que les Scolopendres émettent parfois des racines sur le rachis, je mis à part une fronde qui avait formé de la sorte une seule radicule; je la mis en pot et je la plaçai sous un abri de verre. A la fin de l’année la fronde était presque toute fanée et une petite bulbe croissait sur le rachis.

« L’Athyrium filix foemina n’a été qu'une seule fois prolifère chez moi.

« Le Scolopendrium Wardii est une variété naine, fort rameuse, à tête massive et multifide. C’est peut-être une variété de laceratum. Jamais il ne fructifie, et cependant, au milieu d’une atmosphère chaude et moite, il devient fortement prolifique ; tous ses nombreux sommets se couvrent de jeunes Fougères, tandis que la surface de ses frondes n’en produit que peu. Il est bien rare que l’une de ces jeunes plantes prenne une forme parfaitement distincte, c’est-à-dire celle de pseudo-Wardii, fortement rameuse; cette variété ne porte jamais de bulbes, mais elle est fortement sorifère. Une grande plantation de ces semis a pris ces deux formes : mais les pseudo-Wardii étaient, par rapport aux Wardii, dans la proportion de cinq à un.

« L’A diantum Capillus Veneris est à tort regardé comme vivipare quand, dans une température élevée, ses spores végèlent sur les sores. Une plante de cette espèce (rotundatum) qui n’a pas encore eu de fructifications, produisait une fronde normale de deux pinnules, le rachis se flétrit à la base, jetant la fronde sur la surface du sol. Sur l’une des pen-

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