DE LA FAMILLE DES MÉLASTOMACÉES
Figurées planche XIV.
Gravesia. Calycis glabri pilosi v. hispiduli tubus turbinatus, ultra ovarium productus ; limbus dilatatus, 5-dentatus, deciduus. Petala 5, ovata v. obovata. Stamina 10, aequalia ; antherae lineari oblongae, obtusae, {-porosae, connectivo basi non producto antice inappendiculato postice appendice obtusa instructo. Ovarium toto ambitu calyeis basi adhaerens, 5-loculare, vertice glabrum late exsculptum truncatum v. lobis lamellisve 5 coronatum ; stylus filiformis, stigmate obtuso. Capsula ultra tubum calycis exserta, vertice 5-valvi late et profunde exsculpta. Semina lineari-oblonga, hilo basilari, raphe incrassata in appendicem nucleum superantem producta. — Herbae subacaules, hispidae, pubescentes. Folia petiolata, subradicalia, ovato-oblonga, membranacea, subserrata, 5-nervia. Scapi solitarii, erecti. Flores in cymas umbellatas paucifloras dispositi. — Species 2, Madagascarienses. Bot. Mag. t. 5524 (Bertolonia). — Benth. et Hooker Gen. plant. vol. [. p. 755.
Gravesia Naunix. Melast. Monogr. tentatem, Ann. des sc. nat., III série, tom. XII tab. 10. À. et t. XV. p. 553. In honorem clarissimi Graves qui Galliae septentrionalis vegetabiles divitias strenue scrutatus, Geologiae tamen at plantis fossilibus potissimum addictus, de utraque scientia bene meritus est; qui demum hujusce stirpis novae unicum specimen suum liberaliter Musaco, largitus est, genus istud dicavimus. Naunix L. c.
Gravcsia guttata ; radice lignosa longe repente caudiciformi, caulibus erectis subsimplicibus spithamaeis parce stellatim pubescentibus obtuse quadrangularibus, foliis glabris longe petiolatis ovatis acutiusculis quinqueveniis, basi obtusis, marginibus integerrimis vel suberoso-dentatis, subtus purpureis, supra intra venas albo vel roseo maculatis, peduneulo subterminali foliis multo breviore, cÿyma 5-10-flora, calyce turbinato piloso glanduloso, limbi lobis rotundatis demum scariosis, hic illie dorso margineque remote dentato pilosis, petalis roseis. J. D. Hooker in Bot. Mag. (1865). ad tab. 5524 (sub. Bertol. quttata).
Bertolonin guttata Hook. Bot. Mag. t. 5524. — Hamburger Garten Zeitung, 1865, p. 472. — Recez, Gartenflora, 1865, p. 385. — En. Morren, Belg. Hort. 1865, p. 225 (cum icone). — Revue horticole, 1866. p. 118. — Van Hourre, FI. des serres, tab. 1696. — Gard. Chronicle, 1868, p. 1189. — Kocu. Wochenschr. 1868, p. 225; 1869, p. 251.
B. maculis albis. -- WBertolonia margaritacea W. Buzr.; Van Hourre, F1. des serres, tab. 1697.
7. albo punctillata — maculis minutis numerosissimis albis (hic iconogr.).
d. roseo punctillata. — maculis minutis numerosissimis roseis (hic iconogr.).
Le genre Gravesia a été créé par M. Naudin sur une Mélastomacée de Madagascar, le Gravesia Bertolonoides. MM. Hooker et Bentham, dans leur Genera plantarum, en cours de publication, y ont fait rentrer, comme seconde espèce, la plante cultivée depuis quelques années en Europe sous les noms de Bertolonia guitata et Bertolonia margaritacea.
M. Koch partage cette opinion. Ces plantes doivent par conséquent. s'appeler désormais Gravesia quitata. La plupart des auteurs affirment qu’elle vient aussi de Madagascar, d’où elle serait arrivée en 1864 à Ja Société d’horticulture de Londres et mise dans le commerce par MM. Veitch, W. Bull, Van Houtte et d’autres. Quelques-uns assurent qu'elle est indigène au Brésil.
Tout le monde est d'accord pour l’admirer beaucoup. Cest un vrai bijou : une multitude de petites perles nacrées sont enchassées dans leur feuillage, tantôt blanches, tantôt rosées. Par le semis, on obtient des variétés où ces perles sont plus nombreuses. Telles sont celles que nous figurons ici d’après deux spécimens qui ont été envoyés à l'exposition de Liége, au printemps de cette année par M. Alexis Dallière, horticulteur à Gand. Ces deux plantes, soigneusement gardées sous des cloches de verre, n’ont cessé d’être entourées par la foule des visiteurs. Le dessin est impuissant à reproduire l'effet de ses jeunes feuillages. L'une de ces variétés est pointillée de blanc (albo punctillata), l’autre de rose (roseo punctillata). On les dit venues de semis dans l’établissement de M. L. Van Houtte. Nous les avons cultivées dans les serres du Jardin botanique de Liége où elles n’ont pas tardé à s'élever : les plantes ont en ce moment à peu près 40 centimètres ” hauteur. Nous devons à la vérité de dire ici qu'elles n’embellissent pas en vieillissant, en ce sens que les mouchetures ne sont plus aussi nombreuses, aussi fines, que pendant la jeunesse. Les plantes se rapprochent alors du type que nous avons figuré dans la Belgique horticole, en 1865, planche XIV-XV (p. 225). Il est singulier que chez plusieurs plantes, comme chez beaucoup d’animaux, les jeunes sont revêtus d’une livrée qu’ils perdent plus tard ou qui se modifie.
La culture n’est pas facile. Elle est résumée en peu de mots dans le Nouveau jardinier de M. Herincq : « Comme les racines sont toujours à la surface du sol, il est important de ne jamais les laisser sécher : ces plantes doivent recevoir le traitement des Orchidées ou des Fougères de serre chaude. On doit éviter également le soleil. Multiplication de semis, en terre de bruyère à la surface et tenue humide; recouvrir les graines de mousse hachée menu; et de boutures.
La plante est voisine de Sonerilla margaritacea, avec laquelle elle rivalise de beauté, et du Bertolonia marmorata.
Dee dr CS EE Aude