MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE LONDRES
Nous dédions ce volume à l'un des plus savants et des plus modestes botanistes de la Grande-Bretagne, qui consacre son activité et ses profondes connaissances à éclaircir tous les problèmes concernant la pathologie végétale. Pour lutter contre les fléaux qui s'attaquent trop souvent aux récoltes, il faut d'abord les connaître et c'est en quoi excelle le Rév. M. Berkeley. Outre son mérite il est un bienfaiteur de l'humanité.
La notice que nous insérons ici a été écrite pour le Gardener's Chronicle (1871, p. 271) : elle exprime en tous
points nos sentiments et notre opinion.
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Le nom de M. Berkeley est bien connu de tous ceux qui soccupent de la science des fleurs et spécialement des plantes cryptogames; sous ce dernier rapport la renommée. de M. Berkeley est universelle, et l’on a dit de lui que pour la connaissance de la botanique eryptogamique, il est sans conteste la plus grande autorité vivante. Aux débuts de sa carrière scientifique, 1l s'était appliqué d’abord à l'étude des Mollusques, mais ses goûts le portant plutôt vers les vécétaux inférieurs, c'est dans la connaissance des cryptogames, plus spécialement des Champignons, qu'il à fait faire à la science d'immenses progrès.
À l'époque où M. Berkeley entreprit ces études, on était
loin d'admettre, comme on le fait aujourd'hui en se rendant
à l'évidence, que pour comprendre le jeu compliqué des organismes supérieurs, 1l nous fallait connaître d'abord la physiologie des plantes moins élevées; le mode de vie des végétaux cellulaires, aleues et champignons, n'était pas jugé digne d’une étude approfondie, et l'on se refusait à accorder à la connaissance de ces phénomènes, l'importance si considérable qu ‘on leur reconnaît à présent. Aussi, lorsqu'en 1857 M. Berkeley publia son Zn#roduchon to Cryptogamic Botany, 11 crut nécessaire de faire valoir diverses considérations pour établir l'importance de la botanique cryptogamique. Ces remarques s'adressaient particulièrement à cette classe malheureusement trop nombreuse de botanistes, qui se bornent à examiner et à discuter les caractères orzanographiques et tout extérieurs des plantes, appliquant leur attention aux formes, à l’ap-
parence, en laissant de côté les lois, les conditions qui
nr règlent ces formes, et ignorant encore plus complétement les relations qui existent entre la forme d’une plante ou d'un organe et les rôles que cette plante ou cet organe ont à remplir. De pareils collectionneurs, car on ne pourrait guère les appeler hotanistes, se rencontraient surtout parmi les amateurs de cryptogames : on formait de volumineux
herbiers de champignons, d'algues ou de mousses, on
décrivait d'innombrables formes qu'on s'empressait d'élever
au rang d'espèces nouvelles, et l'on n’arrivait qu'à ridiculiser la science aux yeux de la foule. Enfin les travaux de savants véritables, tels que Berkeley, Tulasne, Thuret, De Bary, Pringsheim et autres, imprimèrent une autre direction aux études cryptogamiques et la physiologie végétale fit de si rapides progrès que le terme de cryptogame devint bientôt impropre : du moins dans certains groupes de ces végétaux, le mode de fécondation devint mieux connu que dans les plantes à fleurs mâänifestes.
M. Berkeley s'est attaché aussi à étudier le rôle que jouent divers végétaux inférieurs, vivant en parasites, dans certaines maladies qui affectent les plantes utiles, le blé, la pomme de terre, la vigne etc., et peut-être même dans les maladies de l’homme; nous n'entrerons pas dans la discussions des idées qui ont été émises sur ce dernier point, mais on ne peut nier quelle action importante et souvent désastreuse jouent ces petits êtres, et l'on doit constater que souvent M. Berkeley a su trouver les moyens d'arrêter, de prévenir et même de guérir leurs ravages. Aussi l'autorité a-t-elle eu souvent recours à ses lumières, et lors
de l'apparition de la maladie des pommes de terre, la com-
sn mission (l instituée par le Gouvernement anglais fut heureuse de pouvoir s'assurer son concours dans les recherches qu'elle entreprenait sur ce grave sujet. |
Le Gardeners” Chronicle et le Journal de la Société d'horticulture de Londres sont remplis décrits de M. Berkeley sur les différents sujets de ses études. C'est dans le premier de ces recueils qu'a paru cette importante série d'articles sur la pathologie végétale, qui constitue le seul traité complet que la langue anglaise possède en ce genre. I est bien à regretter que ces articles n'aient jamais été réunis et publiés à part. C’est à tel point que le catalogue de mémoires publié récemment par la Société royale n'en fait aucune mention; de sorte que, sauf pour le petit nombre, leur existence même n'est pas connue. Le même journal a publié également une série d'articles admirables de M. Berkeley sur les espèces les plus importantes de champignons, tant vénéneux que comestibles. Enfin ce travailleur infatigable a fait connaître un grand nombre de champignons dont les descriptions ont paru dans les mémoires de diverses sociétés savantes.
Nous ne parlerons pas des services que M. Berkeley a rendus à la Société royale d'horticulture, en sa double qualité de « Botanical director » et de rédacteur du journal. Il sait s'appliquer aux études les plus variées avec une facilité extraordinaire, mais les champignons sont toujours le sujet qui l'attache le plus, et il a fait paraître un ouvrage,
Ouilines of British Fungology, dans lequel il donne de
(1) Cette Commission se composait des docteurs Lindley, Kane et Playfair.