‹ La Belgique horticole (volume 5)Chapitre 5 sur 123 · LA AIRES · texte numérisé non relu

LA AIRES

Nous avons obtenu cette plante il y a quelques années du Jardin botanique de Louvain où elle était cultivée depuis longtemps sous le nom de Bülbergia repens, qu'elle justifie par les drageons rampants qu'elle émet volontiers et au moyen desquels elle se propage. Nous avons cru pouvoir écarter ce nom banal, qui d’ailleurs n'avait jamais recu de consécration scientifique, avec d'autant plus de droit que la plante n'existe guère jusqu'ici en dehors des jardins botaniques de Louvain et de Liège. D'après les souvenirs un peu confus du jardinier Sterckmans, cette Broméliacée aurait été introduite du Brésil par M. de Jonghe.

Elle se rapproche un peu du Pulbergia Morelii Br. ou au moins du Billbergia Glymiana vx Ver. (Belg. horticole, XVI, p. 134, pl. XI) et Billbergia Wetherelli Hook. (Bot. Mag., 1855, pl. 4835) qui nous paraissent être des formes amoindries de l'espèce de M. Brongniart. Elle se distingue par la zébrure des feuilles, la coloration blanchâtre des bractées, l'écartement des fleurs, le coloris des pétales et la suprématie relative du stigmate sur les étamines. La confusion ne nous semble pas possible.

Voici au surplus sa description détaillée pour compléter la diagnose placée à la tête de cet article :

Plante de dimensions moyennes, mesurant environ 30 centimètres de hauteur sur 50 centimètres d'envergure.

Drageons humifuses, écailleux, allongés, de 8 à 10 centimètres de longueur, puis ascendants.

Feuilles peu nombreuses, (5-6-7), de dimensions fort inégales, les inférieures très-courtes, les supérieures assez allongées (0,40) et très-divariquées ; toutes linguiformes, élargies à la base engainante, puis courbées en dehors et plus ou moins révolutées ; à bords lisses, membraneux, scarieux, brun sur la partie engaïnante, mais bordés de dents brunes, relativement fortes, espacées de 5 à 10 millimètres sur la partie libre; acuminées à leur extrémité ; d’un tissu ferme et coriace, d'un vert foncé mais saupoudrées sur les deux faces de pellicules farineuses, particulièrement abondantes et disposées en zones transversales sur la face inférieure qui se trouve ainsi plus ou moins zébrée de blanc.

Tnforescence en épi pendant, arqué, plus court que les feuilles. Hampe cylindrique, couverte d’une efflorescence blanche qui abonde

54 LME

aussi sur les ovaires et sur les sépales, portant des bractées lancéolées, plus ou moins scarieuses, furfurescentes. Praclées florales amples, dressées, roses à l’état de fraicheur, bientôt banchâtres, très-farineuses, mais manquant tout à fait aux fleurs supérieures.

Fleurs isolées, sessiles, peu nombreuses (7-12), distantes. Calice adhérent à trois sépales dressés, canaliculés, lancéolés, involutés sur les bords, de nuance rouge et érès-farineux en dehors, alleignant environ la moitié de la longueur des pétales, c'est-à-dire 2 centimètres de long, sur 5 millimètres de largeur. Pélales libres, à onglet rubaniforme, à limbe un peu élargi, étalé, réfléchi pendant la floraison, disposés en corolle subanomale (plus ou moins pitcairniforme) ; les oxglets, inclus entre les sépales, sont #uwnis à la base de deux squamules Jimbriées et sont de couleur jaune; la partie libre est verte, enfin Le limbe, plus ou moins lancéolé est du plus beau violet-pensée. La longueur totale des pétales est de 5 centimètres, soit une fois et demi plus long que les sépales. Ftamines (6), libres, insérées sur les bords du disque, 3 opposées et 3 alternes avec les pétales, plus courtes que les pétales (4 centimètres), anthères dorsifixes, dressées ou oscillantes. Slyle filiforme, dépassant un peu les étamines, à 3 branches stigmatiques tordues en spirale et convolutées en un séigmate, claviforme, vert. Ovaire infère, obconique, obscurément trigone, lisse, farineux. Ovules nombreux sur des placentas disciformes, appendiculés. — Glandes septales considérables.

Page 1