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DU JARDINIER FLEURISTE ET DES QUALITÉS QUIL DOIT AVOIR

Le jardinier fleuriste et hisloriographe ou la culture universelle, par le

Sieur Louis Liger, d'Auxerre, imprimé à Amsterdam en 1706, est un petit

bouquin fort curieux à parcourir. On y remarque plusieurs dessins de parterre qui sont revenus à la mode et bien des renseignements sur la culture des jardins au commencement du XVIIIe siècle. Nous y avons remarqué dernièrement un chapitre d’une lecture intéressante. « Ce n’est pas assez de la bonne terre, dit le Sieur L. Liger dans sa préface, pour contribuer à l’accrois-

sement des plantes, il faut encore une habile main pour savoir les conduire.

et les gouverner dans un jardin, un homme affectionné pour cette sorte de travail, et en un mot un jardinier qui en ait toutes les dispositions et qui sache son métier. » Plus loin dans son livre il trace le portrait fort bien réussi du jardinier fleuriste. C’est ce portrait que nous exhumons ici.

C’est une chose un peu rare qu’un jardinier soit habile en son art. La plupart ont plus de routine que de science, plus d'entêtement que de raison, et plus de forte présomption que d'esprit. Ils aiment qu'on les applaudisse, et veulent du mal à ceux qui leur disent leurs défauts. Ils se persuadent être instruits sur tout, et le plus souvent ils ne savent que très-peu de choses. te |

Parmi le grand nombre de ces sortes d'ouvriers, je tombe d’accord qu'il y en a qui savent leur métier, et qui, fondés sur une expérience de longue main, réussissent très-bien en l’art du jardinage. Ces der-

niers sont à estimer, et on doit prendre pitié des premiers.

Les uns sont versés dans le potager ; les autres s’adonnent aux

pépinières. Celui-ci s'applique à la taille des arbres, et celui-là à cultiver des orangers ou des fleurs; mais n'ayant besoin de parler ici que du dernier, je laisse les autres devenir ce qu'ils voudront.

Qui veut donc être bon jardinier-fleuriste et exercer cette profes-

sion avec honneur, doit d’abord avoir en partage un certain génie propre à cet exercice; car sans cela ces sortes de talents ne sont que tres-faibles. Il faut que celui qui embrasse cet art ne donne point dans l'excès du vin, d'autant que le vin pris ainsi, fait tourner la tête, et rend l’homme incapable de rien faire de bon : qu’il ne soit point endormi, ni adonné à des plaisirs qui le détournent de son travail. Il doit être assidu, vigilant, avoir beaucoup de soin de ce qui regarde son ministère, et s'appliquer à connaître ce que c’est qu'exposition en fait de jardinage.

Il est bon qu'il s’étudie à la connaissance générale des fleurs, pour les savoir distinguer, afin de les cultiver chacune dans leur saison; qu'il soit soigneux de les garantir des méchantes herbes, qui leur ravissent la substance dont elles devraient profiter : qu’il soit robuste pour pouvoir résister à la peine que donne pendant toute une année la culture des fleurs.

Il convient à un jardinier-fleuriste de ne point surtout oublier d'arroser ses fleurs lorsqu'elles en ont besoin. Sitôt qu’il est jour, il doit visiter tous ses parterres, et voir s'il n’y a point de fleurs qui périssent, soit pour être passées, ou pour avoir été battues de l'orage ; et pour lors son ministère veut qu'il soigne à les relever aussitôt, et à les accommoder de telle manière, qu’elles puissent achever la carrière que la nature leur a prescrite. |

Personne ne doute qu'il ne soit à propos qu'un jardinier-fleuriste affecte un certain air de propreté, qui jamais ne doit abandonner ses ouvrages. Dans lui on demande de l'invention, une connaissance particulière des temps auxquels on doit semer et planter toutes sortes de fleurs; quand et comment il les faut cueillir; ce qui se fait plutôt le matin, lorsque le soleil en a par ses premiers rayons séché la rosée que le soir, où ces fleurs cueillies, se ternissent et se passent, sans qu’on puisse jouir pleinement de l'agrément qu'elles onten partage.

Jamais un jardinier du caractère dont nous parlons, ne doit manquer d'outils nécessaires à sa profession. Il faut qu’il ait soin de les tenir toujours en état de s’en servir au besoin, et que sa vigilance s'applique à prendre garde qu’il ne s’en égare point.

Un jardinier-fleuriste qui doit être naturellement curieux, doit aussi satisfaire honnêtement la curiosité de ceux qui lui demandent à voir les fleurs de son jardin. Persuadé qu’il doit être, que ces sortes de gens

se donneront bien garde d'en cueillir aucune, et pour prévenir ceux qui moins honnêtes, portent indiscrètement la main sur une fleur pour la ravir à l'insu du maitre, il fera graver ces deux vers sur E porte de son jardin :

Hic ver assiduum melius, quam carmina, flores

Inscribunt, oculis tu lege, non manibus.

- Quand je parle ici des jardiniers-fleuristes, j'entends ceux qui se plaisent à cultiver ces productions de la nature, qui n’exigent pas moins

de soins d’un homme qui n'en fera que son plaisir, que d’un autre!qui

aura choisi cet art pour sa profession, et qui s’y appliquera en vue d'y gagner son pain. Ainsi les soins qui regardent le dernier, ne doivent pas porter le premier à de moindres considérations.

NOTE SUR L'ONCIDIUM RETEMEYERIANUM, Rercx. ris. u ONCIDIUM DE M. RETEMEYER.

Planche XIV.

Oncidium Retemeyerianum, REICH. FIL. in Botan. Zeitung, 1856, p. 513,

($ Plurituberculata, — Sarcoptera). — W. SAUNDERS, Refugium botanicum, tab. 74.

Fig. 1 : plante, grandeur naturelle. — 2. le jahelle et le gynostème vus

de face. — 3. les mêmes vus de haut. — 4. les mêmes vus de profil. — 5. étamine.

Cette Orchidée se trouvait chez MM. Jacob-Makoy parmi les végé-

taux rares et curieux recueillis au Mexique, aux environs de Cordova, par M. Omer de Malzinne, dont nous avons déjà signalé d’autres intéressantes introductions. Nous l'avons vue en fleurs, au mois de septembre 1871, chez notre concitoyen et ami, M. Jules Pirlot, amateur zélé et instruit d'Orchidées. La plante était plutôt étrange, singulière, que vraiment belle et gracieuse. Elle croît en épiphyte : son feuillage est coriace, bronzé et plus ou moins tigré, ressemblant à celui de l’'Oncidium Papilio. La hampe florale «est assez longue, déjetée et porte un petit nombre de fleurs qui ne s'ouvrent pas toutes à la fois : leurs tissus sont épais, surtout le labellum remarquable par le guillochage qui se trouve gravé sur sa surface. Le gynostème.

elg. Hort. 1872.

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