‹ La Belgique horticole (volume 5)Chapitre 8 sur 123 · NT) VERS · texte numérisé non relu

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seront remises pendant la prochaine assemblée générale de la Fédération, le 4 février prochain.

Le D’ J. À, Spring vient de mourir, à:Liége, le 17 janvier 1872, après quelques jours de maladie. Professeur ordinaire à la faculté de médecine, membre de l’Académie royale de Belgique, président du conseil de salubrité, membre du bureau de la Société royale des sciences, etc., etc. M. Spring occupait en Belgique une haute position scientifique. Sa mort soudaine a profondément ému ses nombreux amis et tous ceux qui ont pu mesurer l'étendue du malheur qui frappait la science et le pays. Il était âgé seulement de 58 ans : il était né à Géroldsbach, en Bavière, le 8 avril 1814. En 1864, il obtint de l'unanimité des Chambres belges la grande naturalisation. C'est en 1839 qu'il fut appelé à occuper la chaire de physiologie humaine et comparée à l'Université de Liége, mais depuis quelques années il enseignait la pathologie générale et dirigeait la clinique interne des hôpitaux. Sa vie scientifique fut partagée entre la médecine, la physiologie, la pathologie, la paléontologie et la botanique. Disciple et ami de Martius il éprouva toujours une vive prédilection pour la botanique. En 1838, il a publié un livre sur le Genre, l’Espèce et la Variété : il a donné un petit Manuel de botanique dans l'Encyclopédie populaire ; il à adressé un grand nombre de communications et de rapports à l'Académie de Belgique, mais sa réputation de botaniste est surtout établie sur ses magnifiques travaux concernant les Lycopodiacées et les Selaginella dont il à publié la Monographie.

M. H. Van Hulle, jardinier-en-chef du Jardin botanique de l’Université de Gand et inspecteur des plantations de cette ville, a été nommé Chevalier de l’ordre de Léopold par arrêté royal du 24 décembre 1871.

M. Henri Sebus, jardinier-en-chef du Jardin botanique d'Anvers, est décédé le 3 janvier 1872, à l’âge de 52 ans. Sebus était un excellent jardinier, fort dévoué à ses fonctions ; il était décoré de la première classe de l'Ordre des Travailleurs horticoles. Il est à désirer qu'il soit remplacé par un jardinier zélé et actif qui puisse élever la

réputation horticole du jardin d'Anvers.

Dir y

Le Grand-Soleil (ZZelianthus annuus). Nous extrayons d’une lettre de M. le D' G. Barlet, médecin de bataillon à Bruxelles, des renseignements fort intéressants sur la question de savoir si l’ÆZelianthus annuus a réellement la propriété de faire disparaître les miasmes paludéens et fébrigènes. |

« Mon attention a été attirée, nous dit ce jeune savant, en lisant le dernier numéro de /a Belgique horticole, sur un article (1871, p. 358) concernant la plantation du Grand-Soleil et son influence sur la disparition des fièvres intermittentes. Cette question nous à occupé depuis longtemps à l'inspection du service de santé de l’armée. Le Journal de la Société centrale d'agriculture de Belgique (mai 1866) a reproduit le rapport du consul de Belgique à San-Francisco (Californie) sur l'utilité de la culture du Tournesol (Æelianthus) au point de vue de l’assainissement des terrains paludéens. C'est à partir de cette époque que M. le Ministre de la guerre, après avoir soumis la question à l’inspection générale de notre service, a fait faire des plantations de Tournesol dans les forts du Bas-Escaut. Ces expériences, commencées en 1866, se continuèrent en 1867 et 1868. Voici l'avis des membres de la Commission, composée de médecins militaires et d'officiers, chargée de la plantation : « Cette plante n'atteint son dernier degré de croissance qu’au milieu de l'été et finit en septembre, époque où l’on doit l’arracher, alors que la fièvre intermittente acquiert toute son intensité. Cette plante est sans effet sur le développement et la prophylaxie des Jfièvres paludéennes. » S'il m'est permis d'exprimer ma modeste opinion, je serais assez tenté de croire que la culture du Tournesol,

plante très-avide d'humidité, n'agit qu'en transformant le terrain

marécageux, en décomposant les détritus végétaux pour les faire servir d'engrais aux plantes. À ce point de vue, la culture bien entendue de n'importe quelle espèce végétale qui demande un sol humide et qui est munie d'organes foliacés très-nombreux, pourrait donner le même résultat. En un mot, je crois que c’est par la culture seule et non à cause des propriétés plus ou moins antifébrigènes de telle ou telle plante, que l’on pourrait parvenir à détruire les miasmes ou effluves paludéennes. »

Il résulte de cette communication que les expériences instituées en Belgique, dans la région du Bas-Escaut, en vue de déterminer si l'Helianthus annuus fait disparaître les fièvres paludéennes, ont donné

TS

un résultat négatif. On à affirmé plusieurs fois et de divers côtés, si nous avons bon souvenir aux États-Unis et en Algérie, qu’il en serait tout autrement. Un renseignement nous manque pour apprécier les expériences que le département de la guerre a ordonnées, savoir l'importance des plantations. Dans une région aussi infestée que celle des polders il faut, pensons-nous, une vaste étendue de plantations : même plusieurs hectares, dans les forts ou autour de leur enceinte, seraient bien peu de chose. Si le Grand-Soleil agit, c’est probablement par sa rapide et énergique croissance, par son avidité pour les matières azotées et par le desséchement du sol. Il en faudrait semer beaucoup pour apprécier quelque effet utile. S'il est vrai que la mort de cette plante annuelle arrive prématurément, ce à quoi on pourrait remédier par des semis un peu tardifs, on pourrait aussi essayer de la remplacer par une congénère, le Topinambour (ÆZclianthus tuberosus) dont les produits alimentaires ne sont pas à dédaigner.

Nous avons entendu exprimer par des savants forts autorisés, une autre opinion, d'après laquelle on pourrait expliquer la qualité antifébrigène de l'Helianthus en admettant (%oc est probandum) que le champignon de la fièvre se développerait sur les feuilles de cette plante plutôt que sur l'homme et que la cause du mal trouverait en elle un dérivatif. Dans cette opinion il faudrait disséminer de petites plantations d'Helianthus de distance en distance dans les régions hantées par les fièvres.

Mais nous croyons que les miasmes fébrigènes consistent en algues

et pas en champignons.

Culture tempérée des Orchidées. — « Je suis toujours enthousiaste de la culture des Orchidées de serre froide. J'ai mesuré un des bulbes de mon Coelogyne cristata et j'ai trouvé qu'il avait dix centimètres de longueur sur dix centimètres de circonférence : c'est à ne pas y croire. Mes Odontoglossum présentent la même force de végétation. » DE CANNART-D HAMALE, 2% liltera.

Germination des Broméliacées. — On sait que les Broméliacées sont plus souvent épiphytes que terrestres et que leurs graines sont alors surmontées d'une chevelure soyeuse formée de poils longs et

minces. Peu d'espèces ont les graines nues et lourdes. Chez les autres,

Ross

ces poils en s'écartant, offrent prise au moindre des vents et elles atteignent ainsi les arbres sur lesquels elle doivent se développer.

Nous avons eu récemment l’occasion de voir toute une colonie de Tillandsia dianthoïdea Ross. exactement dans l’état où elle se trouvait au Brésil. Une trentaine de plantes de cette mignonne espece s'étaient fixées sur une mince branche d'un arbuste du genre Mimosa. Elles étaient d'âge différent et de diverses tailles, non point réunies toutes ensemble, mais éparpillées par touffes ca et là sur la branche et ses rameaux. Les uns avaient atteint leur parfait développement, c'est-àdire 10 à 15 centimètres d'envergure et portaient fleurs, les autres mesuraient à peine quelques centimètres. Ce 7!landsia est une vraie miniature, aussi la branche de Mimosa, avec tous ses hôtes, fixés sur elles comme des oiseaux et des insectes, avait les proportions d'un petit bouquet.

Quant aux Tillandsia ils avaient su s'établir solidement sur l'écorce de leur soutien, et cependant ils possédaient à peine quelques racines. C’est par leur tige ou caudex qu'ils se fixent.

En regardant cette jolie production de l'Amérique méridionale, nous avons été heureux d’apercevoir une foule de petits 7'llandsia dianthoïdea en voie de germination. Ca et là, près de la fourche de deux rameaux, entre des épines et de vieilles feuilles se trouvaient comme de légers flocons de ouate, ou si l'on veut quelques filaments pareils à des débris de toile d'araignée. C’étaient, en réalité de petites touffes de poils séminaux enchevétrés : au lieu de graines, c'étaient de petites plantes, mesurant quelques millimètres, qu'on voyait suspendues entre ces poils, comme des mouches dans un filet d'araignée.

C'était surprendre la nature sur le fait. La germination des Broméliacées épiphytes peut donc se faire dans l'air, sans appui sur un sol quelconque. C’est probablement ainsi qu'elle a lieu d'ordinaire.

Cette observation pourra être utilisée en pratique pour le semis des espèces à graines chevelues. Au lieu de les déposer sur la terre, la mousse ou le bois, il vaut mieux sans doute les répandre sur des brindilles rameuses ou sur les rameaux d’un petit arbrisseau vivant.

Nous avons fait ces observations à Bruxelles, chez M. l'avocat Alphonse Van Branteghem, l’un des amateurs d’horticulture les plus instruits de notre pays et qui cultive, en serre froide, parmi un grand

ND nombre de plantes rares, les collections les plus complètes qu'on puisse réunir de Masdevallia et d'Hymenophyllum.

Araucaria et Eutassa. — A la séance du 23 novembre 1871 de la Société centrale d’'horticulture de France, M. Vavin à donné lecture d'une lettre qu'il à recue de M. Blanchard, jardinier-chef du Jardin botanique de Brest, et dans laquelle se trouvent d'excellents renseignements sur les beaux Araucaria imbricala qui existent à Penendreff (Finistère). Ces arbres, au nombre de six, ont été plantés en 1823 par M. De Kersauzon. Le plus fort d'entre eux dépasse aujourd'hui 20 mètres de hauteur, et son tronc qui mesure 2 m. 10 de circonférence, à un mètre au-dessus du sol, est régulièrement garni de branches de la base au sommet. Quoique un peu moins hauts, les autres sont à peu près aussi beaux et tout aussi réguliers. Bien que ces arbres ne soient l'objet d'aucun soin, ils sont très-bien portants, et leur verdure est constamment des plus intenses. Malheureusement, lorsqu'on les a plantés, on ne prévoyait pas qu'ils dussent atteindre de si fortes proportions, et on les a rapprochés les uns des autres, de sorte qu'en ce moment, ils se nuisent réciproquement. Parmi ces arbres un seul fructifie, et celui-là ne donne que des cônes femelles. Ce qu'il y à de singulier c'est qu'il se distingue des autres par sa conformation générale, bien que néanmoins il soit pourvu de sa flèche. Les cinq autres Araucaria sont en pyramide élancée, et dès lors reproduisent la forme générale de la plupart des Conifères. Ce qui se passe pour eux tous jusquà ce moment semble montrer que cette espèce est dioïque, mais sans que rien l'ait prouvé néanmoins.

M. Brongniart dit à ce sujet qu'il a pu recueillir différents renseignements desquels il résulterait que les Araucaria de l'Australie et de la Nouvelle-Calédonie, sont monoïques, tandis que ceux, qui ont l'Amérique pour patrie, sont, au contraire, dioïques. Ce caractère vient appuyer la division proposée par des botanistes du genre Araucaria en deux, dont l’un conservant cette dénomination d’Araucaria

appartient au Nouveau Monde, tandis que l’autre, désigné sous le nom

d'Eutassa Salisb. ou Æutacta Link., est propre à l'Australie et aux terres voisines.

Le feuillage fournit d'autres particularités distinctives, entre ces

deux genres ou au moins sous-genres, et il en est de même des coty-

lédons de la germination, puisque les Arawcaria d'Amérique n’ont que deux cotylédons qui restent en terre quand la graine germe, ou, en d’autres termes, qui sont hypogés, tandis que les Zutassa australiens ont 4 cotylédons qui sortent de terre ou sont épigés, du moins à en juger par l'Araucaria (Eutassa) excelsa, vulgairement nommé Pin de Norfolk. Il est fort possible qu'il existe entre ces deux catégories d'Araucaria d'autres motifs de distinction.

L'Eucalyptusamygdalina Labillard. (xarro leaved peppermint tree) est une espèce à dimensions colossales. Il atteint généralement une hauteur de 150 pieds anglais, soit 50 mètres environ, avec un diamètre de 4 à 8 pieds (1"20 à 250) pour le tronc, au niveau du sol. Certains arbres très-âgés de cette espèce, venus dans des conditions exceptionnellement bonnes, peuvent être classés au nombre des géants du règne végétal. On en a trouvé sur divers points de l'Australie dont la cime s'élevait à 480 pieds, et dont le tronc, mesurant jusqu’à 81 pieds de circonférence à 4 pieds du sol, ne commençait à se ramifer qu'à la hauteur de 295 pieds. Le Wellinglonia gigantea de Californie, peut seul disputer le rang à ces colosses des forêts de l'Australie. Pour se représenter les dimensions de pareils arbres, il faut se rappeler que la flèche de la cathédrale de Strasbourg, le plus haut monument qui soit en Europe, ne s'élève pas à plus de 466 pieds au-dessus du sol. L'Z7. amygdalina, qui habite la Tasmanie et la Nouvelle-Galle, s'étend aussi dans toutes les régions boisées de la colonie de Victoria. Son bois, d'un grain très-serré, est surtout employé pour les palissades; il est parfois élégamment veiné. (M. RavereTr-WarTeL, Bull. de la Société d'acclim.)

Laboratoire de cryptogamie à l’Université de Pavie. — Un laboratoire de botanique cryptogamique vient d’être institué auprès de l'Université de Pavie aux frais de la députation provinciale, de la commune, de la chambre de commerce locale, et avec le concours du gouvernement, pour l'étude des maladies des plantes et des animaux produites par des parasites cryptogames.

L'institution a pour buts principaux :

A) D'étendre les connaissances systématiques et morphologiques de ces parasites ;

B\) De rechercher les moyens les plus propres à en prévenir la

Mer

naissance, à arrêter leur développement et leur dispersion, à atténuer leurs effets dangereux ;

C) De résoudre les questions qui seront proposées à l’Institut par les corps constitués, spécialement les comices et Sociétés agricoles sur les points spécifiés aux articles À et B;

D) De propager par des publications périodiques les résultats des recherches.

Il est inutile de s'attacher à démontrer l'importance de cette institution. En outre, afin que ces études botaniques sortent du champ uniquement scientifique et entrent dans celui de l'application à l’agriculture; les comices, sociétés et stations agraires sont autorisées à proposer à l'Institut toutes Les questions qui se présenteront dans l’ordre des maladies cryptogamiques des plantes et des animaux.

Voici le programme de cet enseignement :

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