‹ La Belgique horticoleChapitre 14 sur 159 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

APPLICATIONS- § I. BiTigion des serres.

1* Soas le rapport du chauffage on peut diviser les serres en deux <!&tigories. La première comprend les serres à chaufTage naturel, dites serresfroidesilsL seconde comprend les serres à chauffage artificiel, que Von a déjà appelées dimaU artificiels.

2' La première catégorie se compose des cloches, des couches froides, des couches chaudes, des orangeries, des serres froides.

3. La féconde admet autant de Bnbdiyinons qa*U j a de groopea de végétaux pouvant vivre dans les mêmes limites de température, et dans les mêmes conditions de lumière ou d*ombrage, de renoaTelle» ment ou de stagnation, de siccité ou d'humidité de Tair.

Au point de vue des problèmes que nous nous proposons de résoudre, nous n*aurons pas égard à ces subdivisions, attendu que la méthode que nous emploierons pour déterminer les conditions du chauffage artificiel d*une serre est indépendante du groupe de plantes abrité par cette serre, c*e8t-à*dire que cette méthode est indépendante du degré de la température moyenne affecté à ce groupe.

Ainsi une serre tempérée ou une serre chaude, quelle que soit sa destination particulière, doit être chauffée artificiellement ; et quel que soit le nombre de calories consommé par heure dans cette serre, la puissance du calorifère se calcule de la même façon.

4. Nous avons peu de chose à dire de la première catégorie àe serres.

La source de leur chaleur est extérieure ou intérieure. (Test, dans les unes, le soleil ; dans les autres la terre ou lliumus.

Nous avons dit que le verre, qui est aussi « diathermane que le sel « gemme pour les rayons lumineux, arrête les rayons de chaleur dès t qu'ils cessent d'être lumineux (1). »

Ainsi dans le jour, les serres couvertes en verre, et convenablement orientées, reçoivent du soleil une quantité de chaleur qui s'emmagasine dans les murs, dans la terre, dans les réservoirs d'eau, dans les plantes.

Cette chaleur passe de l'état lumineux à l'état obscur, et devient, par suite, incapable d'être émise à l'extérieur de la serre à travers les vitres.

Les couches chaudes sont des sources chimiques de chaleur ; les vitres qui les recouvrent ont pour but d'empêcher la dispersion de la chaleur obscure dégagée par ces sources ; cette chaleur concentre alors son action sur les objets, graines ou plantes, qui y sont renfermés.

5. Par conséquent les serres froides, recevant du soleil la chaleur qui leur est nécessaire, devront être orientées de manière à offrir I^ plus directement et le plus longtemps possible leur surface vitrée à

(1) Voy. (1869), nov. et déc.) p. 354.

rinsolation. Plas la sarface vitrée est étendue, plus la provision de de chalear introduite dans la serre est considérable. Cela résulte des principes que nous avons exposés dans nos préliminaires (1).

Quant aux couches chaudes, leur emplacement est assez indifférent, puisque elles contiennent elles-mêmes leur source de chaleur. Leur orientation par rapport à lastre n aurait d'utilité que si Ton voulait combiner Taction calorifique intérieure avec la radiation solaire.

6. Cela posé, nous nous occuperons, dans ce qui suit, exclusivement des serres chaudes. Le chauffage de celles-ci dépend aussi de sources intérieures artificielles; la chaleur dégagée par ces dernières est obscure, et au moyen des vitrages elle reste renfermée dans Tenceinte des serres. Ainsi, sous ce rapport, nous rencontrons toujours Vapplication des principes exposés dans la première partie de cette note.

n ne nous reste donc plus dans cette seconde partie qu*à examiner les procédés employés pour produire artificiellement la chaleur dans les serres chaudes.

§ n. Serres chaades.

1** Production de la chaleur. Fourneau.

7. Chauffer une serre, c*est maintenir Tair intérieur à une températare constante ; par conséquent c'est lui fournir continuellement une quantité de chaleur égale à celle qui se dissipe sans cesse à Textérieur & travers les parois, murailles ou vitres.

Or, cette quantité de chaleur ne dépend pas uniquement de la Mture des parois; elle dépend aussi de la température et de l'agitation de Tair extérieur; par conséquent la perte de chaleur peut, ^118 certains climats, être très- variable, et impossible à calculer d'avance.

Cependant la connaissance de cette perte serait très-utile pour apprécier exactement la grandeur et la consommation des appareils <}o chauffage, et leur conduite.

(1) Voy. 1870. Janvier, p. 70 et suiv.

8. En ce qui ooncerne la grandeur des appareils, il sofflt de lei oonstraire dans des proportions telles qu'ils puissent fournir la diaieur , nécessaire aux époques des plus grandes pertes, c*est>à»dire dans lei moments où la température extérieure est la plus basse, et Fair le plus agité.

Quant à la consommation de combustible, elle doit Tarier comme U perte de cbaleur, et le feu doit être réglé de manière qu un thermomètre , placé dans la serre , et observé assidûment , marque une température constante.

Aussitôt que le surveillant s*aperçoit d'une tendance à Télévation de température, il doit modérer le feu ; dans le cas contraire il doit Tactiver.

9. Peclet a fait des expériences très-consciencieuses en vue d'évaluer la quantité de chaleur qui se perd au dehors d'une enceinte limitée par des parois de diverses natures, tant par la conductibilité de ces parois, que par le rayonnement de leur faces extérieures, et par le contact de Tair. Nous ne pouvons exposer ici les recherches et les résultats du savant physicien, qui a fait faire de si grands progrès à Fart du chauffage ; nous nous bornerons à indiquer et à expliquer an moyen d'exemples, la formule qu'il a donnée relativement aux serres (1).

10. La quantité de chaleur (nombre de calories), perdue par heora et par mètre carré de surface exposée à Tair, est exprimée de la manière suivante.

Dans cette formule les nombres K et K'' dépendent de la nature des surfaces exposées au rayonnement extérieur savoir : K=2,91 pour le verre et K" s» 3,60 pour la maçonnerie. 1a nombre K' dépend de la forme et de la position de chaque face exposée au contact de l'air. 11 ressort des tables d'expérience de Péclet, qu'il est plus élevé pour les faces arrondies que pour les faces planes.

(1) Les recherches intéressantes de Péclet devinaient être connues de tontes les personnes qui s'occupent de bâtiments. Voyez Claudel : formules, tables et renseignements pratiques, aide-mémoire des ingénieurs, ainchitectes, etc. 3* éd. p. 406, 407 et 411.

11 suit de là qu'ea faisant abstraction des vues particulières d*omementation, ou de raccordement, et en se tenant exclusivement au point de vue économique, les parois planes occasionnent moins de perte de chaleur, et sont préférables aux rotondes, dômes, voûtes cylindriques, etc.

Pour les faces planes verticales le nombre K"= 1,764 -* — ;

et pour les faces planes horizontales ou inclinées K' 8=2,058.

11. Les lettres T, ^ et "F représentent respectivement : T la température de Tair intérieur de la serre ;

tÏBL température des faces intérieures des parois ; T' la température de Tair extérieur ;

Ces nombres sont donnés au moyen de thermomètres convenablement placés.

12. Cela posé, il nous sera facile de mettre la formule de Péclet BOUS une forme plus simple, pour Tapplication qui nous occupe, en remplaçant les lettres k, k' et k'' par leurs valeurs constantes données ci-dessus. La quantité de chaleur perdue par heure et par mètre carré de surface est représentée d'après nos réductions par

pour les faces verticales ; et par 2» 1 ,455 (T — T') -+- 0,098 {t — T), pour toutes les autres faces.

La serre étant construite, on mesurera le nombre A de mètres carrés des faces verticales tant en maçonneries qu'en vitres, et le nombre B de mètres carrés des autres faces. On multipliera par A la première formule ci-dessus, et par B la seconde : les produits étant ajoutés, on aura le nombre de calories que le foyer devra fournir par heure, pour remplacer la perte, et maintenir Tintérieur à une température constante.

Ainsi pour déterminer la puissance calorifique des appareils de chauffage, il faut connaître la température extérieure la plus basse ^ui puisse régner dans la localité. Les observations de plusieurs années fournissent cette donnée, mais ce n'est pas une moyenne d*un hiver qu'il faut choisir ici, c'est un minimum.

Supposons que les faces verticales d'une serre aient 4 mètres de hauteur et 20 mètres carrés de surface ; que Fair intérieur doive être consUimment à 22 degrés centigrades ; que le minimum extérieur puisse arriver à — 8-C c est-à-dire à huit degrés centigrades sous iéro ; enfin que la température des faces intérieures des parois, soit toujours inférieure de 5"C, à celle de lair intérieur, cestr-à-

dire IT'^C.

Supposons en outre qu'il y ait 28 m. carrés de faces non verticales. Nous aurons T — T'=«22-4-8 = 30» Centigrade.

< — T' = 17-4-8c=25« A = 4'»et|/* = 2.

La première formule donne pour la perte des faces verticales :

1609 X 4 + 318 X 2 la seconde pour la perte des faces non verticales :

donc la perte totale par heure est en nombre rond ; cal. 2176, 9 dans un air calme. L'agitation de latmosphère augmente notablement cette perte ; mais c'est là un'élément trop variable pour être facilement évalué. Ainsi, à part cette dernière cause de refroidissement, en donnant au fourneau des dimensions telles qu'il puisse développer par heure 2107 calories; en surveillant bien les thermomètres et en conduisant le feu d'après leurs indications, on peut mettre les plantes à l'abri des périls les plus menaçants.

14. Les deux formules que nous avons cru devoir donner ici, dépendent des différences maxima qui peuvent exister, entre les températures intérieures T et /, et la température extérieure T'. La première dépend en outre de la hauteur des murs verticaux, en maçonnerie ou en vitres ; cette quantité donne à l'expression de la perte de chaleur par ces murs, un air de complication, qui n'est qu'apparent ; car, on vient de le voir par l'exemple que nous venons de traiter, tout se réduit, dans l'application, à des opérations d'arithmétique très-élémentaires. La longueur de ces opérations est sans doute un inconvénient, mais il est assurément compensé par l'avantage d'éviter les mésaventures qu'entraîne trop souvent l'ignorance des règles enseignées par les expériences scientifiques.

Les désastres horticoles du mois de décembre 1871 sont un avertissement qui doit faire ouvrir les veux sur cet objet. Si Ton avait su, par les observations météorologiques antérieures, à quel degré la température peut s abaisser chez nous, et si les appareils de chauffage avaient été proportionnés d'après cette donnée, au moyen du calcul que nous venons d^exposer, le salut de bien des plantes précieuses n'aurait dépendu que de la vigilance du surveillant .

15. Ces considérations nous amènent naturellement à indiquer la règle à suivre pour la construction du foyer destiné à fournir à une serre toute la chaleur qui peut lui être nécessaire.

Quel que soit le véhicule employé pour amener la chaleur dans la serre, c'esi-à-dire, que Ton ait recours soit à Teau, soit à Tair, soit aux famées, la chaleur est donnée à ce véhicule par la combustion du bois, de la tourbe ou de 1h houille sur un foyer. La construction du foyer dépend de la nature du combustible, mais nous ne nous occuperons que de la houille.

On sait qu'un kilogramme de houille de bonne qualité, br dlée par Vair, dégage environ 7,500 calories.

16. Donc ai la chaleur développée par la combustion était entièrement utilisée pour remplacer celle qui est consommée par les pertes extérieures de la serre^ on n^aurait qu'à diviser par 7500, le nombre qui représente cette perte : le quotient serait le nombre de kilogrammes de houille nécessaires.

Mais la chaleur produite sur le foyer se répartit encore sur d'autres dépenses : 1** la perte de la face antérieure : 2' l'absorption par les parois du foyer et des conduits de fumée, 3 * l'élévation du véhicule (eaa, air etc.) à là température constante de régime ; 4"* l'élévation au même régime de l'air de la serra et de celui qui y est amené pour la ventilation, ce qui correspond à plus d'un quart de calorie par kilogramme d'air et par degré de température ; 5*" la quantité nécessaire au tirage delà cheminée qui équivaut au quart de la quantité totale développée sur le foyer; enfin ô** le manquant dû à la combustion imparfaite, aux excès d'air, au nettoyage du feu etc.

Si l'on ajoute à tout cela que la houille employée au chauffage des «erres est loin d'être de 1*^ qualité, et de donner un rendement de 7500 calories, on conçoit la nécessité de réduire dans une proportion notable ce chiffre de 7500 fourni par les expériences précises des

laboratoires. Noaa compterons à 2500 calories seulement Teffet utile courant de la houille, dans la pratique ordinaire.

Le seul inconvénient qui pourrait résulter d une erreur défavorable à la valeur du combustible, et à Thabilité du chauffeur, serait de donner un peu trop de puissance au fojrer ; mais, comme nous le verrons, cela n'a point pour conséquence un excès de consomntiation Journalière; au contraire.

17. Connaissant le nombre de kilogrammes de houille à brûler par heure, il sera facile de déterminer la grandeur de la grille sur laquelle cette houille doit être brûlée.

D*Arcet a indiqué une règle très-simple , adoptée par tous les praticiens qui s'occupent de Tinstallation d'appareils de chauffage. Elle consiste à donner à la surface de la grille autant de décimètres carrés que Ton veut brûler de demis kilogrammes par heure. D'après cela pour satisfaire aux conditions de l'exemple que nous avons pris plus haut, un calorifère de très*petites dimensions peut suffire.

18. Il est toutefois une somme de chaleur consommée par la végétation même, et que nous n'avons pas fait entrer en ligne de compte. Sur cet objet important la science manque encore de données ; il est certain cependant que l'assimilation des substances puisées par la plante dans l'air et dans la terre, exige de la chaleur aussi bien que de la lumière, puisque la nutrition s'arrête et la vie avec elle, lorsque la plante est dérobée à des conditions thermiques convenables. Le mode d'intervention et l'intensité de la chaleur, dans ces circonstances, constituent un des problèmes des plus délicats et des plus difficiles à résoudre. Peut-être l'expérience patiente parviendra-t-elle à soulever un coin du voile qui le couvre, pour un petit nombre de végétaux particuliers et d'une constitution simple ; les résultats de ces premières recherches pourront servir à reconnaître la part de certains oi^anes dans des végétaux d'un degré un peu plus élevé, et ainsi de suite.

Ainsi la science marche pas à pas et unit par reconnaître l'harmonie dans l'immense variété de la nature.

En attendant que nous ayons réalisé assez de découvertes dans la physiologie des plantes pour pouvoir, a priori, attribuer à chacune d'elles la dose de chaleur qui lui convient à chaque instant, la conduite du chauffage d'une serre repose sur la connaissance sommaire des limites de température entre lesquelles doit vivre le groupe de plantes

qui y aont caltivées ; le thermomètre est du reste le guide indispensable et naturel pour cet objet.

19. Lorsque les dimensions de la grille sont déterminées, il faut proportionner la cheminée de façon ce que Tair soit appelé en quanlÂté suffisante sur le fojer, pour brûler la houille. Nous aurons encore recours ici à une règle de d'Aroet, et nous donnerons à la cheminée soit cylindrique, soit conique, une section de sortie égale à autant de décimètres carrés que Ton veut brûler de fois 3 kilogrammes de houille.

Quant à la hauteur de la cheminée il suffit qu*elle évacue les produits de la combustion à une hauteur suffisante pour ne pas gêner le voisinage, ou nuire aux arbres qui vivent à proximité, et que Tair 8*6n échappe avec une vitesse assez grande pour vaincre les résistances des vents plongeants. Il faut dans tous les cas, qu'elle dépasse un peu letoit de lliabitation. D*Aroet recommande un minimum de 10 mètres, mais cette hauteur n*est pas toujours nécessaire dans les endroits isolés et découverts, et non exposés aux vents plongeants.

20. Les carneaux c*est^*dire les conduits de fumée qui raccordent le foyer à la cheminée sont horizontaux ou bien montent du foyer à la cheminée. L'inclinaison inverse doit être évitée autant que possible ; cependant si par un accident local, on était forcé de l'admettre, la hauteur de la cheminée ne devrait être comptée qu'à partir du niveau du foyer.

Si le carneau est unique, sa section devra être égale à celle du foyer^ aor tout le parcours ; s'il se compose de plusieurs tronçons formant le serpentin^ ces parties peuvent avoir des sections décroissantes depuis le foyer jusqua la cheminée, parce que les gaz provenant de la combustion se refroidissent pendant le trajet, et se condensent. Il s'en Ruit qu'ils peuvent conserver une vitesse uniforme dans des sections décroissantes. Cependant, nous ne conseillons pas ce rétrécissement progressif des diverses branches des carneaux ; il ne sont déjà que ^p exposés aux obstructions par le dépôt des poussières entraînées par le tirage de la cheminée.

Il est évident que l'écartement des barreaux de la grille doit être ^li que la somme des intervalles par lesquels l'air est admis sur le %cr, forme un espace égal à la section de la cheminée.

21. Pour diminuer à volonté le tirage, et par suite l'activité de la

oombastion, en d^aatres termes, poar réduire la conaommatîoB ds charbon, quand Tair extérieur n^est pas trëa-froid, la cheminée eii munie d'un tiroir ou d'un clapet, à Taide duquel le surveillant en diminue la section. Ce tiroir ou clapet est analogue à la clef adoptée ordinairement aux poêles domestiques pour en modérer Tallure.

22. Assez généralement les fojers de serres sont étroits et la grilla est formée de gros barreaux.

Nous insistons pour que Ton donne à la grille une étendue suffisante, calculée suivant la règle que nous avons indiquée (n"" 17). Le dé£uit d'espace a pour conséquence Tentassement du charbon sur une trop grande épaisseur ; et comme ce charbon est dliabitude menu, les passages de Tair à travers la grille et la masse, sont obstrués ; de là une combustion incomplète et onéreuse. Nous avons remarqué que presque toujours la porte du foyer reste ouverte afin de faire pénétrer Tair nécessaire à la combustion, au-dessus de la couche de houille : cette pratique est évidemment vicieuse, puisque Tair introduit de cette manière est froid, et trop abondant; or Texcès d'air absorbe en pore perte une partie de la chaleur du fojer.

Il est bien préférable que la houille menue soit étalée en couche mince de 10 à 12 centimètres environ sur une grande grille ; la combustion est plus complète, et Ton peut toujours, à laide du registre de la cheminée, la rendre lente à volonté et faire marcher le fojer à fea dormant. C*est ainsi que Ton tire du charbon le rendement le plus économique.

Nous recommandons avec non moins d'instance Tusage des barreaax minces et serrés. L'expérience a démontré en effet que ces barreaux ont une durée presque indéfinie, et favorisent le mieux la complète combustion du charbon. Les gros barreaux en effet, doivent être fort écartés les uns des autres pour donner à Tair un accès aussi étendu que la section de la cheminée (n"" 20). Alors la menue houille tombe à travers ces jours, et se perd dans les cendres.

Au moyen des barreaux minces, plus nombreux, les intervalles sont multipliés, et partant chacun d'eux est moins lai^.

Les barreaux minces sont plus hauts que les gros, ils offrent ainsi à l'air entrant une plus grande surface latérale, conti*e laquelle Tair s'échauffb en les refroidissant. C est là une des causes de leur plas grande durée ; et elle est bien réelle, car pendant la combustion très-

acii^e d'un foyer de chaudière à vapeur, on peut, sans se faire mal, toucher de la main le dessous des grilles.

Cette première cause en engendre une seconde : le mâchefer qui se forme sur le fojer, ne peut s attacher à la grille et la ronger comme cela arrive aux gros barreaux fortement échauffés ou rougis.

Ces barreaux coûtent à la vérité un peu plus cher que les barres grossières dont on compose ordinairement les grilles de foyer : ils demandent quelques soins au moulage, pour les obtenir bien droits et réguliers. Mais les avantages que nous venons de signaler, et qui ont été démontrés par une longue expérience, compensent largement qaelques frais supplémentaires dlnstallation (1).

{La suite au prochain numéro,)

BULLETIN DES NOUVELLES ET DE LA BIBLIOGRAPHIE

Buste de Ii. Jaceb-Makey. — Kldée a été émise au sein de la Société royale d'horticulture de Liège, d*ouvrir une souscription pour faire faire le buste de L. Jacob-Makoy et elle a été immédiatement accueillie avec faveur. Il est juste, en effet, de rendre cet hommage au promoteur de Thorticulture nationale. Nous recevrons donc avec empressement les souscriptions, si modestes qu'elles soient, qae Ton voudra bien nous adresser.

Szposition de Li^ge. — Le 20 avril dernier, la Société royale dlorticulture de Liège a ouvert sa vingtième exposition : elle a été

(1) Remarquons, à ce propos, que les barreaux minces, nombreux et serrés, ne sont pas an obstacle aux feux dormants, ni à la combostion lente, ni enfin à remploi da charbon menu et de médiocre qualité.

Si Jee jardiniers, sons le rappoK du chauffage, ont des coûtâmes fautives, ce n^estpas une l'aison pour supprimer les principes. Ce sont les pratiques mauvaises qui doivent céder et elles ne doivent pas assujettir les principes.

D'aUlenrs un cultivateur est dans la même position qu'un chef d'usine ; il doit comparer les prix de revient des différents procédés dont il a le choix. Si, par exemple, l'excès de combustible lui coûte moins cher que les frais d'un aide intelligent, nous n'avons pas à critiquer ses prodigalités de houille, mais les loi« physiques du chauffafre n'en restent pas moins intactes.

amatenr d'Alkmaap en Hollande, vendit, au profit de Thospice des orphelins de sa ville, 120 oignons de tulipe qui produisirent la somme énorme de 190,000 florins ou 400,000 francs (soit une moyenne de 3,333 francs par oignon). Un autre hollandais échangea un arpent de Tulipes contre douze arpents de bonne terre ; un autre encore acheta la Mère brune, variété qui ne vaut plus aujourd'hui un franc, pour le prix d'un moulin et de ses dépendances. Linné cite un bulbe vendu pour 6,700 florins (14,179 francs). Munting parle d'un oignon du toujours auguste, qui, taxé à 5,500 florins (11,640 francs), ne trouva pas d'acheteur. Et après cela, on viendra nous dire que nos pères étaient plus sages que nous! Si nous blâmons les anciens, que Linné appelait dédaigneusement des anthophiles, pouvons-nous adresser les mêmes reproches aux amateurs de notre époque? Nous croyons, au contraire, que les hauts prix qu'on attache aux plantes actuellement en vogue, produisent les plus heureux effets sur le développement de la botanique et il est beau de voir le luxe encourager ainsi ceux qui se livrent à la recherche des végétaux exotiques.

Eng. Fournier) Mission scientifique au Mexique» Cryptogamie^, Paris 1872, 1 vol. grand in-4°. — Les meilleurs résultats de l'expédition française au Mexique seront sans doute les observations et les découvertes de la mission scientifique qui a exploré le pays et l'Amérique centrale. En ce qui concerne la botanique, leur publication a lieu sous la direction de M. Decaisne. La Cryptogamie, par M. Eug. Pournier, a paru Tannée dernière. Ce savant ouvrage est particulièrement utile en ce qui concerne les Fougères.

La Bevae de l'Arborioaltore fruitière, ornementale et fores*

tière de MM. Simon-Louis, à Plantières près de Metz (5 fr. par an), dont nous avons annoncé l'apparition, tient toutes ses promesses. Elle traite particulièrement des produits de la pépinière. Il est heureux que la presse horticole se spécialise et c'est d'ailleurs dans la force des choses. Dans la Revue de MM. Simon-Louis une chronique très-complète et impartiale tient une large place dans chaque numéro.

Le NouTean Jardinier illustré, année 1873, Paris, chez Donnaud, 1 vol. in-12'* (7 fr.). — Il parait chaque année une nouvelle édition plus ou moins augmentée de cet ouvrage. C'est une petite encyclopédie

bortioole et un livre que tout amateur de culture doit avoir toujours sous la main pour le consulter chaque fois qu'il lui faut un renseignement. Nous le conseillons avant tout autre, aux personnes qui nous demandent le chemin le plus court qu*il faut suivre pour arriver à considérer avec une certaine assui*ance le Jardin ou la serre.

Le Baron JuBtns de Liebig^ qui vient de mourir à Munich, le 18 avril dernier, était né à Darmstadt en 1803. Il fut élève de Gaj-Lussac et dirigea le laboratoire de Giessen, qui devint bientôt, grâce à lui, une école célèbre sur le modèle de laquelle furent fondés les autres établissements chimiques de rAUemagne. Il concourut pour une grande part à la fondation de la chimie organique. Ses LeUres sur la Chimie furent traduites dans toutes les langues. Ces ouvrages ont exercé un très-grande influence sur les progrès de la science agronomique. Esprit généralisateur, philosophe hardi, novateur, Liebig a joué un rôle considérable dans les sciences chimiques et il a contribué aux progrès des connaissances en physiologie végétale.

Pierre Savi, né à Pise, le 20 mai 1811, j est décédé le 9 août 1871. En 1830, il fut appelé à aider son père dans la direction du Jardin botanique de sa ville natale. Il s'occupa particulièrement de la fécondation des plantes et fit plusieurs excursions scientifiques dans Ifis Marennes et les Appenins. En 1836, il succéda à son père en qualité de professeur à FUniversité de Pise ; il fit plusieurs voyages eu Belgique, en Hollande, en Suisse et en France, à la suite desquels il publia quelques articles intéressants. Il contribua à la rédaction du Ntmo ffiomale de hotanico, dans lequel fut réimprimée sa principale étude, celle du Salvinia.

L'ESrpositioii internationale de Lyon sera ouverte en 1873 du

31 mai au 31 octobre : les emplacements sont offert gratuitement &UI horticulteurs; une commission, élue par les horticulteurs et amateur? de Lyon, veillera à la conservation des plantes des exposants ; cette commission se charge de la vente de ces plantes ; elle fera peut-être une tombola à la fin des concours. Pour plus de renseignements et pour le règlement, s'adresser à M. A. Tharel, directeur de Texposition, à M. F. Grobon, président de la commission, ou à M. Jean Sisley, secrétaire.

COMPOSITIOM DE DIVERS PARTERRES GEOMETRIQUES DE PLAHTES

A FEOILLAGE COLORÉ.

(Voir Belçiqui horiicole, II, p. 300, V. p. 26Ô; VII, p. 351 ; XV, p. IS7;

XVII, p. 88; XX, p. 251; XXI, p. 310).

On émaiUe les pelouses des parcs publics et des g^rands jardins de parterres à couleurs vives, comme des broderies végétales. Cesparterres sont tracés suivant les dessins les plus variés, avec des contours droits ou curvilignes : leur établissement, leur plantation et leur culture réclament des connaissances et du soin. Il faut des centaines et dea milliers de plantes pour les former ; et celle-ci doivent être de nuances vives qui contrastent avec le vert du gazon et qui tranchent les unes avec les autres.

La principale règle de Tornementation de ces corbeilles, consiste dans une association ou une combinaison entendue et bannonieuse des couleurs, tout en tenant compte de la hauteur, du volomei du port des plantes, de la coloration, des dimensions de leur feuillage, de la grandeur et de la couleur des fleurs. On doit aussi avoir égard dans le choix des plantes, aux époques de floraison, qui devront être combinées de telle façon qu'il j ait à peu près des fleurs dans toute la belle saison. Les plantes les plus convenables pour la confection de ces corbeilles, sont les Pelai^onium, Verbena, Lobelia, Pétunia. Coleus, Cerastium, Centaurea, Perilla, etc. Afin de briser la monotonie des tons, on leur associe souvent des plantes à feuillage ornemental.

Dans ces dernières années, pour la formation des corbeilles, rosaces ou massifs de nos jardins, on emploie surtout les plantes pour la beauté et la diversité du coloris de leur feuillage, dédaignant les fleurs et ne laissant de celles-ci subsister que celles dont la couleur ne peut appartenir au feuillage.

C^est aÛQ de satisfaire le désir que nous ont manifesté plusieurs de nos abonnés, que nous reproduisons les plans et dessins de quelques parterres géométriques du genre de ceux dont nous venons de parler. La composition en est due à M. Vict. Monville, jardinier chez M. F. de Sauvage-Vercour, au château de Sclessin, près de Liège.

PARTI-miKS A FEUILLAGES

Vrlg. Ilort. 1873.

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P/\RTKRRES A FEUILLAGES

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Le premier parterre a la forme d'un cercle au centre duquel est planté un Tueca oM/oliafoL var. (1). La circonférence est composée de deux rangs de Sempervivum çlaucum (9) et les six rayons de trois rangs de Sempervivum globuliferum (2) . Les secteurs sont plantés à'AUemajUhera amoena (3) ; Alt, paronychioide var, Monvillei (4) ; AU, spatAulata (5) ; AU. amabUis (6) ; AU. paronychiaide (7) ; AU. vemeoïor (8).

Le deuxième se compose de 6 cercles concentriques dont le centre est occupé par un Phœnix recliikUa (1). Le premier cercle renferme Irerine aeuminata{2) et le deuxième Achyranthes aureo-reticulata (3).Le troisième, ainsi que ses festons, comporte Coleus VerschoffeUi (4). Dans le quatrième on voit Achyranthes aureo-reticulata (5). Dans le cinquième, Coleus Beauty qf St John Wood (6), et dans le sixième Gnaphaliwm lanatum (7).

Le troisième, qui a la forme d*une ellipse, est bordé tout à Texterieur de Festuca ovina (7), au milieu duquel serpente un feston d'AUernanthera amoena (6) et sont déposées des touffes de Lobelia Cristal Palace (6). Dans Tespace se irouye AUemanthera paronychioide et dans les deux parties de Tellipse intérieure, YAltemanihera versicolor(4), ÂQ milieu, un carré festonné est planté de Mesembrianthemum cordU fdium fol. var. (2). Enfin aux centres, on aperçoit VAltemanthera amoena.

Le quatrième dessin représente un cercle dont le centre est occupé par un pied de Dracaena Draco (1), entouré de Coleus Saundersi (2). Les rayons (3) sont plantés de Centaurea gymnocarpa. Enfin quatre bordures formant des étoiles concentriques, renferment Achyranthes VmchafféUi (4), Centaurea ragusina (5), Iresine Lindeni (6) et Pelar^ çmwnribesifolium fol. var. (7).

La cinquième corbeille, qui se compose de plusieurs ellipses concentriques, peut renfermer dans chaque compartiment, en allant de Kntérieur à l'extérieur Centaurea gymnocarpa (1), Iresine Lindeni (2), Pfrethrum aureum (3), ou PerUla nankinensis, Pelargonium Daybreah, Iftsine acuminaia, Pelargonium Julia, Iresine VerschaffeUi ou seulement Pelargonium Tom Pouce et Symphytum fol. var,

La sixième corbeille, formée de cercles concentriques diminuant graduellement de surface, renferme Coleus Her Majesty (1), Pyre-thrum parthenifolium aureum (2) et Altemanthera paronychioide (3).

vrbeills ett conipoiée de 5 bordnrei coDceotriqnes, ïDtient un Draeaena indimsa (I), autour duquel te vement des massifs de Ptlaryoniim Tom Ponte (2), \ak (3). Pel. MUtr. Polloel (4), Pel. Ckftk qfGold (5) 1 amaena (6).

orbeille est formée d'un grand massif circolain rteXafelH (1), entouré d'une étroite bordure de Ptîium var. (2). Elle pourra être variée de bien dei mple à'Iraine Lindeni (1) et de Vermim arfenUa{S) ; t </ St Joh» Wooi (1) et de Coleut BeaiUf </ '^oleui Prince Léopoîd (1) et de Col. Seotti (2) ; de Ztmite (1) et à'A.ehyranthee borboniea (2) ; d'Iretm de Pelarçonium Zadg Pljmouth (2) ; de CoîeMt de Col. Btautj/ i\f Wilmor (2) ; à'Aehyraidka «fw- VAUenoi'nthera tpathulata (2) ; de Pyretkrm» attili* Tropeoloidet (2).

larterre est un cercle do&t le fond est semé de n foi. mr. (2), varié de touffes de Coleut Vert la bordure est formée â'ÂlternaniAera amaena (3). ■ un autre dessin en plaçant Centawrea ra^utiita au ypeoloidei au n° 2, et Mesembrianihemum fol. fw. A. D.

:S BRODERIES. — DESSIHS ALLEMANDS.

t, M. Perd. Kegeljan de Namur, dans on voyage îrnîer en Allemagne, a observé à Fraucfort-anr-leard, plusieurs corbeilles et massifs de plantes à tal, dont il a eu l'obligeance de noua envoyer les

eus à reproduire ici en toute première ligne, un lies qui se trouve placé devant le perron de ITiabiîrlangen. banquier à Francfort S/M (fig. 1). «Pterre principal, est planté un massif de Calabordures qui l'entourent VIretine MeràtH (2) et le 'W- Vient ensuite une large bande d« gazon (4),

PARTERRES A FEUILLAGES

LaBelgiquehort 1823.P1 IX

PARTERRES A FEUILLAGES

aBe'iiae krt 1873. PI X

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PARTERRES A FEUILLAGES

Bêla. Hort. 1873.

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voici les principaux avantages. Ces sortes de constructions, essenti< lement mobiles et portatives, s'établissent rapidement et propreme] sans entraîner Tencombrement et la malpropreté de la chaux et sable des constructions en briques. On peut }es placer où Ton veut les déplacer selon toutes les circonstances de la culture, les transporter^ par exemple, des fraisiers ou des melons, aux vignes ou aux pécheri N'étant pas de nature immobilière, le locataire les emporte s*il vie] à changer de résidence. Llnolinaison des couches et leur hauteur soi aisément modifiées suivant les exigences de la végétation. Enfin constructions sont agréables au regard et cependant d'un prii modéré : nous pouvons citer comme exemple, une bâche à raisin ai 12 pieds de longueur, qui se vend une guinée, j compris le vitrage^

Quelques exemples suffiront pour donner une idée de cette industrie^ dont les produits varient à Finfini dans leurs formes, leurs dimensions,! sans même parler de Tornementation.

1^ Des abris (Planté proteeiors), analogues aux cloches en verre en\ usage dans la culture maraîchère, mais qui sont à meilleur marché,! moins casuels et se prêtant mieux à la ventilation : on leur donne une^ forme rectangulaire (fig. 1) ou arrondie (fig. 2). Ils ont quelquefois les pans obliques (fig. 3).

On les emploie pour tonte espèce de plantes à bouturer, à forcer ou à protéger.

2^^ Des caisses a semer ou a bouturer {PropagtUing cases), ordi* nairement inclinées à la face supérieure munie d'une vitre mobile dans une glissière. On les vend, en détail, un schelling la pièce, verre compris (fig. 4).

S"" Des châssis {Qarienframes arid G^arden Vineries), pour la culture forcée des fraisiers, des melons, des raisins, et de toutes sortes de primeurs. On les construit à l'aide de briques mobiles qui se posent directement l'une sur l'autre : elles peuvent être massives, ou, ce qui est mieux, creuses. La première assise est légèrement enterrée dans le sol, tandis que la dernière est disposée de manière à recevoir un vitrage mobile et à permettre l'écoulement des eaux de pluie et des vapeurs (fig. 5 et 6).

4° Des bâches {Capped Garden /rames), de dimensions plus importantes, souvent à deux versants et applicables à un grand nombre de cultures. Ici les pièces de poterie deviennent plus considérables et possèdent, par leur poids, une grande solidité (fig. 7).

Fio-.r.

Belff. HoH. 18::i.

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