I. — Ohaudières indéi>6ndant
Za chaudière cylindrique indépendante (fig. 9) consiste, en réalité, dans un poôle du système dit économique chauffant une double euve-
Fig. 9. — Poflle éenDomiqae Fig. tC — Chandidre eoaiqae Fig. 11. -• Ciiandière eooiqM
à doDble enveloppa. simple. à donble ulTet
loppe remplie d*eau : elle peut convenir pour de petites serres ou pour un conservatoire. C'est d'ailleurs, une ressource en cas d'accident.
Chaudières coniques. Ces chaudières (flg. 10 et 11) sont en fonte, en tôle ou en cuivre. C'est un système fort simple à foyer intérieur qui peut être monté sur un cendrier comme dans le système White (âg. 12).
Système Green {Thomas Green et fils, Smithfleld Iron Works, Leeds; et 54 et 55, Blachfriars Road, London, S, B,). L'inventeur revendique les avantages suivants : pas d'installation en maçonnerie ; la chaudière est complète en elle-même ; nettoyage facile ; on
Fig. la — Chaudière cooiiioe do Wliite.
poat adapter autant do départs et de rentrées qn'on veut, au majen
des tajaux en ~]~. — Il y a deux modMes, l'un cubique, que nous figurons (fig. 13), l'autre oblong.
n. — HaçonnéM.
La, chaudière elliptique enfante (fig. 11) est simple et économique : elle présente au fojer une large surface légèrement concave et elle comporte un retour de flamme.
Slllptlq». Ilmpl*.
Let ehaudièrei en, telle, peuvent être simples (fig. 15) ou traversées jiar des tubes pour la fumée et l'air chaud (fig. 16).
Elles sont en fonte ou en tôle de fer ; on les fabrique beaucoup à Liège où elles sont en usage. On peut, quand il faut chauffer une assez grande longueur de tuj-aux, monter ensemble deax de ces chandières chevauchant l'un sur l'autre avec un intervalle de O^IO
environ entre elles. Le même résultat est obtenu par le système de J. Joncsctflls (fig. 17).
Système J. Jones et kils (fron marehands, fS, BanJttide, Soutkwark, London, S. E.).
Ce système paraît fort ingénieux.
Le modèle de 21 pouces de long, 20 pouces de haut et 18 poucea de large , pour chanffer -100 pieds detujrau, est côté à 8 liv. sterling.
Let chaudiéra e» luhet sont r,. n. - a,*%n»Tt Jonbi. j. jo»»,
bien connues : elles sont en vogue à Oand et k Bruxelles ; les tubes peuvent être verticaux (flg. 18) ou horiiontaoi (fig. 19).
Voici, pour terminer.qnelquesconsidêratioDs générales extraites d'un rapport de M.Ch.Joly à la Société centrale d'horticulture de Franei
(1874, p. 175), qui résument parfaitement la question des chaudières de serre.
< Le but de tout appareil est de chauffer économiquement, rapidement, régulièrement et longtemps un espace donné, et cela dans de bonnes conditions d'hjgiène pour les plantes. Dans l'industrie manufacturière, comme en horticulture, l'économie joue le premier rôle; mais il y a dana le second cas des conditions particulières à remplir; il faut de la régularité, ce que le manufacturier obtient par le Tolant; il faut de la durée, on l'obtient par l'eau qui emmagasine la chaleur ; il faut de l'égalité de température en haut, en bas et sur tous les points de la serre ; il faut porter la chaleur au loin par des coudes, sous des bâches ou des passages ; le feu doit être allumé et entretenu par des hommes qui aont loin d'être, comme dans l'industrie, des chauffeurs de profession; enfin, il faut que la chaudière
soit simple, d'un nettoyage facile, qu'elle offre une résistance suffisante sous un faible poids et un petit volume.
f Dans quelques circonstances, on emploie des chaudières de fonte qui, suivant la nature de la matière et la forme du fojer, sont trèséconomiques; mais pour les grands chaufifages, on a adopté avec raison la tôle rivée, comme dans les usines, pour ce motif qu'elle est économique, solide et durable. Enfin, d'autres constructeurs préfèrent le cuivre, parce qu'il garde toujours sa valeur intrinsèque comme métal, parce qu'il se travaille facilement et se prête mieux à tous les contours qu'on a variés à l'infini pour utiliser la circulation des gaz brûlés. Tout dépend, ici comme ailleurs, du but qu'on se propose, de l'emplacement, de la dimension des appareils, etc.
c En somme, pour les chaudières moyennes, on emploie deux dispositions qui ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. La première consiste à construire un foyer intérieur en forme de fer à cheval, puis à faire circuler les gaz brûlés autour de la chaudière, avant de les laisser passer dans la cheminée. Ce dispositif exige une enveloppe ou construction en briques qui, lorsqu'elle est faite à doubles parois, séparées par une couche d'air, emmagasine la chaleur et, à cause de ses dimensions, se place généralement en sous-sol. Beaucoup de constructeurs ont adopté ce système qui s'impose dans certaines circonstances, comme dans les jardins d'hiver ou les grandes serres.
c La deuxième disposition consiste à faire circuler la flamme dans des tubes ou des compartiments de diverses formes, brasés et placés dans l'intérieur même de la chaudière. On utilise ainsi assez bien les gaz brûlés, et en les laissant sortir de la serre par un long tuyau de fonte, comme ceux qui servent aux conduites d'eau, pour éviter trop de joints, on réunit alors à peu près toutes les conditions d'économie de combustible. De plus, la chaudière a son entrée placée à l'extérieur, dans une baie, pour éviter les cendres et la fumée près des plantes ; mais le corps de l'appareil est à nu, sans enveloppe aucune, dans la serre elle-même et se trouve ainsi très-facile à inspecter, tout en offrant une addition considérable comme surface de transmission. Beaucoup de propriétaires préfèrent cette dernière disposition, parce qu'elle n'exige pas d'ouvriers maçons spéciaux et que l'appareil peut se poser partout, en le raccordant tout simplement par deux joints aux tuyaux de circulation! t
NOTE DE M. EDG. FOURKIER SUR LES COLLECTIOHS DE ï. ÉD. MORREH.
Nous avions admiré au Jardin botanique de lAége la plus riche collection de Broméliacées vivantes qui soit au monde; il nous était réservé de trouver ensuite chez M. Morren le complément nécessaire de cette collection. M. Morren a fait peindre sous ses jeux toutes les Broméliacées qui ont fleuri au Jardin ou qui lui ont été communiquées: il possède ainsi une série de près de 300 aquarelles, la plupart encore inédites, et accompagnées des analyses morphologiques. Son herbier de Broméliacées est le plus nombreux qu*on puisse rencontrer, augmenté mfomentanément par des prêts dus à la libéralité de plusieurs établissements scientifiques de TEurope, et complété par une rare et précieuse collection des fruits et des graines de cette intéressante famille. Nous avons constaté de visu que les matériaux ne manquent à M. Morren, pour ses travaux de prédilection, ni dans son herbier, ni dans sa bibliothèque.
Le mot bibliothèque a un double sens en français. Il désigne à la fois le contenant et le contenu, Tappartement et les livres. Le contenant, chez M. Morren, éclipserait le contenu pour les yeux d'unpro&ne. Ce vaste salon, garni jusqu'au plafond de rayons de livres, orné de panoplies et d'œuvres d'art, décoré de bustes et de portraits de grands naturalistes, et d'où Ton aperçoit par de larges fenêtres la ceinture de collines qui entoure la ville de Liège et le confluent de TOurthe avec un des bras de la Meuse, présente une installation digne du contenu. Déjà Ch. Morren avait formé un bon noyau d'ouvrages nécessaires à l'étude de notre science. Son fils l'a quadruplé, et il a réuni aujourd'hui, à portée de son bureau de travail, 9,000 à 10,000 volumes ou brochures. Cette bibliothèque de botanique est la plus belle que nous ayons visitée en Belgique, et nous regrettons de n'avoir pas eu le temps de l'examiner en détail ; cependant nous avons eu le plaisir d'y voir une grande collection des auteurs de la Renaissance, la série complète des œuvres de Dodoëns, de Clusius et de De l'Obel, des Hortus sanir tatis, le Grand herbier enfra/nçois, et plusieurs incunables de la botanique, notamment les petits Uvres si rares de Remacle Fusch, le plus ancien auteur belge qui ait écrit sur la botanique. De vénérables autographes augmentent Tintérêt qui s'attache à quelques ouvrages :
la signature de Linné sur an Hortus Agerumenris de Ferber (Stockholm, 1739), un exemplaire du Systema Natura que J.-J. Rousseau portait sous le bras lorsqu'il herborisait dans Tile de Saint-Pierre en Suisse, des lettres de Ch. deTËcluse et de beaucoup d'autres botanistes. La correspondance scientifique de Charles Morren est soigneusement réunie, de même que les manuscrits qu'il a laissés.
Nous pouvons signaler aussi une collection complète de tout ce qui a été publié sur la flore belge.
Mais le côté le plus remarquable de la belle bibliothèque de M. Morren est Talliance de la botanique et de Thorticulture, alliance féconde qui a produit en Belgique tant de publications importantes, dont Tune, la Belgique horticole, sort du cabinet même dont nous admirons la richesse. Tous les grands ouvrages d'iconographie végétale et de botanique horticole étaient là sous nos yeux en séries complètes. Il peut être intéressant d'en énumérer les principaux :
Anglbtkbbs. — Botanical Magazine {Sooker, etc.). — Botamcal Eeglâtei* {Lindley). — Botanical Repoaitory {Andrews). — Bxotic Flora (Rooler). — Transactions of thehort Soc. ofLondon {Lindley, etc.). —Magazine of Botany {Paxtonf Lindley), — Botanical Cabinet. — Gardeners' Chronicle {Lindley, Masters). — Gardeners' Magazine. — The Garden. — Floral Magazine. — Floricaltural Cabinet. — Refugium botanicum {Baker). — Annals of Horticulture. — Jonrnal of Horticalture, Cottage Gardener. — Florist and Fraltish. — Florist Journal. — Dendrologia britannica {Watson). — Pinetum {Latvson).
— Select Orchidaceous plants {Warner). — Plower^Garden {Paxton). — Florist and Pomologist. — Orchids {Jenning), etc.
Frangb. — Herbier général de Tamateur {Loiseleur-Deslongchamps). — Herbier de Famatear. — Nouvel Herbier de l'amateur {Ch. Lemaire). — La Revue horticole {Decaisne, Carrière, etc.). — L'Horticulteur universel {Ch. Lemaire). — Le portefeuille de l'horticulteur {Brongniart, Morel, etc.). — L*Horticalteur français. — Journal de la Soc. d'hort. de France. — Annales de Froment. — Annales de Flore et de Pomone. — Bulletin du Cercle général d'horticulture. — Revue de l'horticulture {Barrai). — Annales de la Soc. d'hort. de Paris, de la Haute-Garonne, etc.
Allemagne. — Gartenzeitung {Sprengel). — AUgemeines teutsch. Garten- Magazin. — Allgemeine Gartenzeitung {Otto und Lietrich). — Verhandl. d. Yereins z. Beforderung d. Gartenbaues in den E. preuss. Staaten. — Hamburger Garten- und Blumenzeitung (Ed. Otto). — Der QartenAreund. — Wochenschrilt f&r Gartnerei {C. Koch). — Iconogi*aphia botanica (Heichenbach),
— Hortus botanicus (ejusd). — Xenia Orchidacea {Reichenbach /.), etc.
Russie. — Grartenflora {Ed. v. Regel).
Pats-Bas. — Flora {H. Witte). — Flore des Jardins des Pays-Bas {de Vriese) — Ann. de la Soc. roy. pour l'encouragement de l'hort. dans les Pays-Bas. — liaandschrift voor tuinbouw. — Tuinbouw Flora. — Neerland's Plantentuin»
Italie. — I Giardini,
Portugal. — Jornal de Horticultura pratica.
États-Unis. — Tilton'e Journal of Horticulture. — Gardener'a monthly Ma^razine .
Belgique. — Le Magasin d'horticultui-e (R. Courtois), — Annales des sciences physiques [Drapiez et Van Mons), - L'Horticulteur belge (Ch. Morreit, L. Van Hautte, Scheidmiler, etc.), — Journal d horticulture pratique {Scheidipciler, Tsabeau, Galeotti et Funek). — Annales de Gand (Ch. Morren). - Le Jardinier fleuriste (Ch. Lemaire). — La Flore des serres (L. Van HotUte, etc.), — Llllustration horticole [Ch. Lemaire, Bd. André). - La Belgique horticole (CA. et Bd. Morren)^ etc.
Cette collection est peut-être unique ; elle contient les Bulletins de toutes les Sociétés d'horticulture depuis le commencement de ce siècle, et comprend jusqu'à tous les Index sminim qui ont été publiés par les Jardins botaniques.
La série des journaux de botanique et des annales des Sociétés de botanique est également complète, ainsi que les grands ouvrages de botanique descriptive. Flore indigène et exotique, morphologie et physiologie, phanérogamie et crjptogamie, on peut aborder tous les sujets chez M. Morren.
Un catalogue méthodique de cette bibliothèque remarquable a été dressé par les soins de M. André De vos, actuellement conservateur des collections botaniques de TUniversité de Liège. Travailleur infatigable, M. Devos a même dressé un répertoire complet, où Ton peut trouver instantanément, comme dans un dictionnaire, l'indication bibliographique de toutes les descriptions et de toutes les planches qui se trouvent dans les publications périodiques, dans les recueils académiques, dans les Bulletins des Sociétés savantes, et enfin dans toutes les brochures que possède M. Morren ; ce volumnieux manuscrit est intitulé : Index universalU.
Deux dépendances du cabinet de travail de M. Morren sont a là disposition des jeunes disciples, qui peuvent y travailler sous les yeux du professeur : elles contiennent, l'une les herbiers, l'autre les microscopes et les appareils de laboratoire. Une petite serre chaude où sont des joyaux rares, et un jardin dans lequel nous avons remarqué la végétation càlaminaire de Moresnet, complètent cette installation dont la science semble être le seul objectif, et qu'envieraient la plupart de nos Facultés de province.
(Sun, de la Soc. bot, de France^ 1873, p. cxtx).