Tome VI (Paris, 1853, p
Traduction par M. Éd Morren.
M. Claude Q-aj vient de terrainer son grand ouvrage sur le Chili intitulé Historia Jisica i politica de Chile, qui se compose de 30 vol. et qui est écrit en espagnol. En présentant le dernier volume à TAcademie des sciences de Paris, dans la séance du 21 avril 1873, M. Gay a ajouté des renseignements peu connus et intéressants.
I Ce fut en 1828, a dit M. Cl. Gay, que, d'après les conseils de MM. Cuvier, de Jussieu, Desfonlaines, etc. , je me décidai à explorer ce pays encore fort peu connu. J j arrivai à la fin de 1829, après avoir parcoura quelques contrées du Brésil et de la république Argentine. I Mon principal but était d'en publier la flore, et, dans cet esprit, je m'occupais avec toute Tardeur de la jeunesse à en réunir les matériaux, lorsque le gouvernement crut devoir faciliter mes voyages en me recommandant d'une manière spéciale aux autorités des provinces. Il me mit également à même de me faire aider par quelques bons préparateurs, ce qui me permit d'utiliser mes études zoologiques et de réunir des collections assez nombreuses pour pouvoir en faire aussi le sujet d'une faune.
« Les connaissances que Ton possédait alors sur l'histoire naturelle du Chili étaient extrêmement, limitées. Quelques plantes seulement avaient été décrites par Fouillée, Molina, Hooker, et si quelques savants embarqués dans des expéditions scientifiques, en augmentèrent un peu le nombre, ils se contentèrent de les publier dans leurs relations de voyage ou dans des revues particulières. Toutes ces descriptions ainsi éparpillées ne pouvaient donner aucune idée de l'ensemble de la végétation du pays, et c'est cette lacune que je voulais faire disparaître i mon retour en France.
c Al>florbé par des pablicatîons diverses, je ne pouyais donner tout mon temps à la rédaction de cet oavrage, que je voulais cependant mener à bonne fin, et, pour être plus sûr d*j arriver, je m'adjoignis quelqaes savants collaborateurs qui voulurent bien traiter les familles qu^ils avaient pins spécialement étudiées. Parmi ces savants, je comptais des botanistes de premier ordre, tels que M.\f . Richard, Decaisne, Naudin, Montagne, Remj, Clos, etc., et, grâce à leur intelligente et active coopération, j'ai pu terminer cette flore, qui comprend à pen près 4,000 espèces, décrites dans 8 volumes avec un atlas de 103 planches dessinées par M. Riocreux...
t Pendant tous mes vojages, il m'était impossible de ne pas porter quelque attention à Tagriculture, industrie qui a exercé sur la société du Chili l'influence la plus salutaire, et qui probablement a contribué pour beaucoup à cet état de calme et de prospérité où se trouve cette République. Elle j forme du reste, un de ses plus grands éléments de richesse, et son produit est tel, qu'en blé seulement il j a des propriétaires qui en récoltent 20,000, 40.000 et jusque 72.000 hectolitres par an. En réunissant les nombreuses notes que. sur ce sujet, contiennent mes journaux, j'ai pu après les avoir groupées et discutées, les publier méthodiquement en deux volumes. Je ne me contente pas de parler des différents systèmes de culture suivis, je parle aussi et longuement des mœurs et coutumes des campagnards, et même de l'état où se trouvait cette industrie chez les aborigènes lors de la conquête, et des plantes qu'ils cultivaient. Parmi celles-ci, il y avait une espèce de Bromuf qui leur servait à faire un pain sans levain, ce qui vient contredire l'opinion généralement reçue, que le maïs était la seule graminée employée en Amérique...
« Quoique le Chili, a dit en terminant M. Gay, soit la République la moins étendue en superficie de toutes celles d'origine espagnole, elle n'en est pas moins la plus tranquille, la mieux constituée, et celle où les progrès sont le plus florissants et le plus continus. •
Nous ayons détaché de cet ouvrage considérable le chapitre concernant les Broméliacées et nous en consignons ici la traduction.
BBOMELIACEES.
Plantes vivaces, acaules ou à tige courte, souvent épiphjtes, pourvues de feuilles nombreuses et fermes, simples, dentées parallélinerves. Fleurs munies de bractées, en panicule ou en racème, hermaphrodites. Périgone hexaphylle, sur deux rangs, Textérieur caljcoïde, l'intérieur pétaloïde. Six étamines introrses. Ovaire triloculaire, ordinairement polvsperme. Albumen farineux enveloppant dans sa partie inférieure un embryon droit, allongé ou bien courbé etbomotrope.
Les Broméliacées sont de fort belles plantes particulières aux pays chauds : aa Chili elles s^étendent jusqu'au 42« degré de latitude. Une de leurs espèces, laPlna ou Ananas, est bien connue pour la saveur exquise de son fruit; je l'ai vue cultivée dans les jardins de M. Huneus et elle pourrait s'acclimater 4*ns quelques localités de la province d'Atamaca. Il serait utile aussi de multiplier an Chili la Pita (Agave americana) qui appartient à une autre famille, mais qui est oraementale et qui prospérerait dans les lieux un peu secs.