‹ La Belgique horticoleChapitre 88 sur 159 · REVUE DES PLANTES NOUVELLES DE L'ANNÉE · texte numérisé non relu

REVUE DES PLANTES NOUVELLES DE L'ANNÉE

Traduit du &ardeners' Chronicle n^ l^ 2, 3 de 1874.

Pftrmi les noavelles plantes vivaces rustiqaes nous accordons le premier rang au Pentstemon Palmeri^ belle espèce californienne pouvant atteindre de grandes dimensions et parente du P. Cobaea. Cette espèce est remarquable par ses panicules longuement ramifiées chargées de grandes fleurs rose lilas, et par Taréte proéminente du staminode. Nous avons encore reçu de Californie VAquUegia chrysantha (alias A. leptoeeras chrysantka), VAquilegia lepCoceras lutea charmante Anoolie à fleurs jaunes remarquable par les longs éperons rectilignes dont ses pétales sont pourvus, le Corethroçyne Sfathulata, Composée d'environ un pied de hauteur, ornée de brillants capitules d'un rose pale, et le Silène Hookeri qui est une espèce naine, avec des fleurs rosées de grande taille et profondément découpées. Ce Silène est encore connu sous le nom de 8. Bolanderi.

Le Maroc nous envoie une jolie pâquerette à fleurs bleues, la Béliis rotundifolia eaeruleseens .

Commecontingent de l'Asie, nous avons VOmphalodes LueiUae,hel[e plante saxicole à feuilles décombantes, délicate à la vérité, mais ne flEÛsant point regretter un surcroit de soins, à cause de l'abondance de ses fleurs vermeilles passant plus tard au bleu azuré.

V Anémone hepatica mannorata est une charmante variété des environs de Menton et est plus rustique que l'espèce précédente. Ses feuilles sont agréablement mouchetées de taches gris verdatre. Enfln, YAeantholimon venustum de Cilicie est une très-jolie plante saxicole, digne d*étre placée à côté de VA. glumaceum dont il se distingue par ses feuilles glauques et acérées ainsi que par la taille plus grande de ses belles fleurs roses.

Les plantes annuelles rustiques que nous avons à énumérer sont peu nombreuses : en voici les principales. On remarquera que ce sont plutôt des variétés horticoles que des plantes nouvelles. Tel est le Clarkia puleMla inteçripetala Umbata, qui n'est qu'une variété d'une autre forme du Clarkia pulcheUa différant de la forme tjpe en ce

qae les pétales, au lieu cl*étre profondément échancrés, ont les bords entiers. La première variété se distingue de la seconde en ce que les feuilles sont bordées de blanc et que les fleurs deviennent aussi rondes que celles du Godetîa. Citons encore le Grodetia NivertiaM, variété d*origine française, douée de propriétés ornementales grâce à ses fleurs richement maculées ; le Silène pendula compacta Tariété remarquable par son aspect extrêmement touffu ; VOxalis eomiaikia roeeo-niçra nouvelle forme de la variété à feuilles d'un vert bronzé, connue sous le nom d'O. tropaeoîides : elle s'en distingue par des panachures roses sur les feuilles. Cette plante est d*origine belge, à ce qu*il parait. On la doit à M. Van Houtte.

Les plantes bulbeuses rustiques sont actuellement fort recherchées. Ce sont spécialement les Liliacées qui sont Tobjet de la favear du public. L'acquisition la plus remarquable que Ton ait faite dans cette famille est le Lilium Kramerianum, plante qui possède le faciès du Z. auratum^ mais avec des fleurs de grande taille, infandibuliformes, d*un rose tendre ou d'un blanc délicat à peine teinté de rouge. Ce beau Ljs est originaire du Japon de même que le lUiim LUhmanni variété du Lys tigré : ici les étamines sont lisses et les fleurs rouge-orangé sont parsemées de taches d*un noir bien franc, sauf à la base du périanthe, laquelle est immaculée. Le Z. Ht9r boldHi, de Californie, est une plante des plus élégantes avec ses grappes pyramidales de fleurs du plus bel orange, sur lequel tranchent des macules brun rougeâtre. Nous avons encore reçu da même pays le Z. Washinçtonianum qui ne nous parait pas avoir obtenu grand succès, auprès des horticulteurs, et le Z. purpwrem mentionné dans les catalogues. Les renseignements sur cette dernière plante nous font défaut.

Nous avons reçu des îles Philippines un Lys que, faute de renseignements précis, nous ne pouvons ranger parmi les plantes de pleine terre : c'est un très-beau type, bien distinct, remarquable par ses fleurs înfundibuliformes, effilées et du blanc le plus pur.

Le Scilla ffuçhii, variété majeure du S, peruviana est, malgré cela, une plante charmante, originaire de Sicile et pourvue de fleurs d'un bleu violet.

Le Xiphium ffistrio est une Iridée qui nous vient du mont Liban. Les pétales sont d'un pourpre foncé tandis que les sépales, pièces

florales constituant la rangée externe du périanthe, ont leur portion centrale colorée en jaune d'or, avec des veines pourpres et des macules bleu foncé.

Si nous passons maintenant à Ténumération des arbres et arbustes à feuilles caduques d'importation nouvelle, nous citerons au premier rang le Betula alla pendula Youngii. C'est une nouvelle espèce de Bouleau pleureur, signalée, il est vrai, depuis quelque temps déjà, par feu M. Young, de Milford, mais qui ne fait, pour ainsi dire qu'apparaître dans le domaine de lliorticulture. Cet arbre est l'un des plus élégants parmi ceux que Ton est convenu de qualifier de pleureurs : il se distingue du Hêtre pleureur, dont il possède le curieux mode de croissance, par la gracilité caractéristique des rameaux du Bouleau. Le Cera9U9 ZanneHana est un petit arbre ou, mieux, un grand arbrisseau d^aspect tout à fait ornemental, recouvert, au printemps, d'une multi* tude de fleurs couleur de chair : les boutons sont incarnat. Il est originaire du Japon de même que VEîaeagnus lonçipes, arbrisseau sans épines et produisant des baies oblongues, rouge orangé, d'un très-bel effet.

Mentionnons encore deux ou trois variétés de Robiniers telles que le Rdbinia pseudo-Acacia foêtiçiata que son faciès maigre et élancé fait ressembler au Peuplier, le JS. Bessoniana remarquable par sa grande couronne circulaire d'un effet imposant et le R, aurea dont les folioles Bont, comme le nom l'indique, d'un vert doré.

Un arbre charmant est VAlnus incana lacimata dont les feuilles sont beaucoup plus nettes que celles des autres Aulnes à feuilles découpées. UAiMra microphylla du Chili nous amène à parler des arbres toujours verts de pleine terre. Ce végétal possède un très-joli feuillage et son mode de croissance le rend parfaitement apte à orner des murailles. Les feuilles sont petites, coriaces et d'un vert brillant. l^Escailonia macrantha sançuinea nous vient également du Chili. Il est de pleine terre, au moins en ce qui concerne les régions favorisées de l'Angleterre. Son faciès est ornemental, d'autant plus que ses fleurs en cyme sont très-abondantes et d'un rouge foncé.

Le Cerasus Lauro-eerasus Otini est une variété nouvelle du Laurier du Caucase, provenant de semis faits en France; ses larges feuilles, de forme elliptique, atteignent huit pouces de longueur. Le CaUuna {Erica) vtUçaris cuprea est une charmante brujère

rustique dont les feuilles passent au brun cuivré brillant, nnanee qid persiste pendant tout Thiver.

On peut considérer comme acquisitions de valeur, deux nouvdks variétés de TAv^a, à feuillage doré. L'une, leBiota semperauna esi connue à la vérité depuis un an ou deux mais n a fait ses preuves que tout récemment et peut être désignée comme étant le plus beau des Conifères de petite taille, cultivés actuellement pour leur feuillage doré. Son aspect, en effet, est précisément la contre-partie do Biota {Thuja) aurea, tandis que la coloration des feuilles est d'un jaune beaucoup plus accentué et se maintient durant toute Tannée. L'autre variété est le Thuja occidentalis lutea, forme à feuillage entièrement doré du Thuja américain.

Un autre beau Conifëre de pleine terre est le RetinosporaMusaaur» gracUU ; son aspect est ornemental et son feuillage a des reflets dorés. Ce Xetinospara est le premier de Tespèce que nous ayons vu avec des feuilles teintées de jaune, tandis que les variétés dorées des R. pisifera et squamosa sont très-nombreuses ; mais il faut noter que ces dernières, quoique portant les mêmes dénominations, sont de valeurs très-inégales.

Le Yucca baccata du Mexique est une espèce qui ne nous panut pas devoir être entièrement rustique en Angleterre. Elle présente une tige bien distincte, des feuilles ensiformes et des fruits pulpeux camestibles. Mais on peut avoir tout apaisement en ce qui concerne Tacclimatation dans nos jardins du Yucca filamentosa çranàij^fra, le plus beau type des Yuccas filamenteux acaules, ainsi que du Y. tartulata [EUacombei) Tun des Yuccas caulescents dont la tige est fort courte. Ce dernier possède des feuilles glauques et de charmantes fleurs rouges extérieurement.

Nous arrivons ainsi aux plantes de serre froide et, parmi elles, nous accordons sans contredit la palme au Tacsonia insignis qui, peut-être, est la plus belle de toutes nos acquisitions de Tannée. Le Oarienen^t Chronicle en a publié la description avec dessin à Tappui, mais voici quelques détails nouveaux empruntés au Florist and PomoloçisL Les fleurs ont une couleur écarlate nuance magenta : leur diamètre est de 7 1/9 à 8 pouces. Les pétales après être restés un jour environ dans la position horizontale, s élèvent comme ceux de la violette canine, pois reprennent de nouveau leur position horizontale. Le fruit est rond,

semblable à une orange et mesure de 7 à 8 pouces de circonférence. Le Gfrevillea Forsteri d'Australie est un arbrisseau toujours vert, d'aspect robuste et produisant des grappes de fleurs écarlates. Cet arbuste sera une de nos belles plantes de serre et peut-être réussirat-ou à le cultiver en plein air pendant Tété.

Le HUbertia per/oliata flore pleno, figuré dans la Gartenjlora est un charmant arbrisseau grimpant, toujours vert, et de beaucoup préférable à Tespèce type.

VAhutilon Selloimanwn marmoratum est une plante dont la tige est tendre et le feuillage panacbé : sa taille est plus haute que celle de r^. Thompsani, et il est probable qu'il sera préféré à ce dernier dans quelques circonstances, à condition toutefois qu'il soit assez rustique pour la plantation en pleine terre.

Les plantes grasses de serre continuent a prédominer dans les expositions et dans les collections particulières, mais quoique leur faveur auprès du public semble toujours aussi assurée, cet engouement touche peut-être à sa fin. Parmi plusieurs Agave baptisés de noms horticoles, nous citerons comme nouveautés de la saison écoulée : VAga'oe Corde- TQ/fi, plante de taille moyenne, originaire du Mexique, avec des feuilles lancéolées garnies d'aiguillons noirs; 1'^. Peacochii dont les feuilles sont glauques avec une raie plus pâle au centre et des aiguillons brun foncé; VA. Mooreana de la Nouvelle-Grenade, avec des feuilles oblongues acuminées pourvues sur les bords de grands aiguillons bruns à directions variées.

Voici un fait intéressant qui a été signalé l'année dernière à propos du groupe des Agaves. On a exposé sous le nom à! Agate Taylori un Agave obtenu de semis et qui ne pouvait être distingué de VA . Schidiçera. Cet Agave était la seule variété de ce genre que l'on obtint d'une série de semis provenant d'un plant d'^. çeminijlora, fécondé, OQ le supposait du moins, par VA. densijlora.

Nous rangerons encore dans ce groupe le nouveau Yucca etuifolia du Mexique, lequel possède des feuilles de deux à trois pieds de long, munies d'aiguillons et présentant un liseré brun et le Y. çuatemalensis autre espèce mexicaine se rattachant à la catégorie des Yuccas à feuilles d'aloës.

Quelques belles acquisitions ont été faites dans la classe des Fougères, notamment en ce qui concerne le genre Adiantum. Parmi

les espèces de serre chaude nous citerons VAdiantum JB^enslovianum {sesêilifolium) y fougère élégante, originaire de la Colombie et remarquable par ses frondes herbacées d'un vert clair; VAdiantum specûh sitm^ espèce grimpante qui nous vient également de TAmériqueda sud eiïAdiantum ffracilUmum, fougère des plus élégantes, tellement gracile que Ton craindrait de la toucher : sa patrie est inconnue. Ces trois Adiantum sont doués au plus haut point de propriétés ornementales. Voici d autres espèces, également recommandables, mais d'un caractère différent.

Ainsi le Gymnoçramma decomponta est une charmante fougère dorée dont les frondes sont presque aussi élégantes que celles da Gyntnogramma Pearcei, Il est originaire de TAmériquè du sud. Le Nephrolepis davalioides/urcaTisest une Fougère de grande taille appartenant au type pourvu de longues frondes pendantes ; mais ici tous les segments sont bi- ou trifurqués. VAsplenium longissimum possède des frondes semblables aux précédentes et sa place est toute marquée à côté d'espèces telles que le Goniophlebium subauriculatum.

Parmi les nouvelles Fougères arborescentes, le Cyathea BurJUi et le C. Dregei viendront apporter quelque variété dans nos serres tempérées où prédominent aujourd'hui le Dicksonia Antarctica de la Nouvelle-Zélande et ses nombreuses variétés. Ces deux Cjathea ont un tronc vigoureux de .taille moyenne : les frondes du (7. Burkei sont élégamment retombantes, à en juger d'après les spécimens introduits. Tous deux sont originaires du Natal.

Nous avons reçu de Californie deux Fougères de petite taille, pourvues de frondes bipennées de couleur glauque. Ce sont le Platyloma ôrfîiw» et le i^. hrachypterum qui feront très-bel effet à côté d'espèces naines à feuillage vert gai telles que le NotocMaena et le Chdlanihes.

Citons en dernier lieu une Fougère obtenue à Chiswick et que l'on suppose être un hybride du Ptéfrlê serrulata et du Pteris tremula. On l'a, pour ce motif, baptisée du nom de P, serrulato-tr émula. Cette Fougère n'est pas seulement remarquable par son origine, mais c'est réellement une plante charmante, dont les segments primaires sont longuement effîlés à leur extrémité.

Parmi les Palmiers d'introduction récente, celui qui mérite le pIûS l'attention est le Pritchardia grandis (dénomination horticole). On pense qu'il est originaire des îles de la Mer du Sud, mais comme il &

été obtenu par ane voie indirecte, son habitat n'a pu encore être déterminé avec exactitude. Ce Palmier est de taille peu élevée, à ce qu'il paraît ; ses feuilles d'an vert brilla&t et presque biloculaires, sont profondément et régulièrement dentelées.

Si nous abordons Ténuraération des Orchidées nouvelles, nous placerons d'emblée au premier rang Y Odontoglossum vexUlarium et Y0donioçlo99wn Rœzli. Mais nous serions fort embarassé de faire un choix ultérieur entre ces deux magnifiques spécimens. Tous deux sont originaires de la Nouvelle-Grenade et se rattachent à un type distinct YOdonioglosswn Pkalaenopsiê. lies fleurs du premier sont de grande taiils et d'une teinte rosée charmante : celles du second sont blanches, mais présentent de superbes macules à la base des pétales et du labelle.

Un Masdevallia se rapprochant du ij^eM.Harryana, introduit déjà Tannée dernière et baptisé depuis du nom de M, DenUoniana dépasse, par la richesse de ses teintes, toutes les espèces connues de ce genre. Ses fleurs cramoisi de nuance magenta présentent un brillant extraordinaire. Un autre Masdevallia, également remarquable, est le M, Chi'^ maera, avec son labelle calcéiforme et ses pétales pourvus de longs appendices.

Le Zyçopetalunt Sivieri est une belle Orchidée se rattachant au tjpe Z. Mackayi.

Un nouveau Phaius, originaire de Queensland, le Phaius Bemayiii est une belle plante ornementale dans le genre du P. grandi florus ; ses fleurs, d'un jaune soufre, seraient de bon usage pour produire des effets de contraste.

M. Linden a décrit un CaMleya gigas dont les fleurs mesurent 8 pouces dans un sens et 10 dans l'autre : leur couleur est d'un rose magnifique, le labelle étant moucheté de carmin foncé, ce qui, assurément, doit être d'un très-l^el effet. Le genre Cjpripedium s'est enrichi de deux nouveautés que leur origine rend intéressantes. Toutes deux sont des hybrides ; Tune est le C. Crossianum issu des C. insigne et venustum,y2k\itre est le C. Sedeni provenant de l'union des (7. lonçifolium et ScMimmi, Les fleurs du C. Sedeni sont de toute beauté : leur labelle pourpre foncé tranche heureusement sur le reste du périanthe qui est presque blanc.

La meilleure de nos acquisitions en fait de plantes de serre chaude,

cultivées pour leurs fleurs est le Dipladenia Breaïepand, qui est peutêtre le plus beau des Dipladenia connus. Revêtu de couleurs aussi éclatantes que le D. insignis^ il a été obtenu, comme ce dernier, par des procédés horticoles. Il se distingue par ses feuilles d*nn vert brillant et ses fleurs carmin foncé.

Une autre plante que Ton mentionne dans les termes les plus élogieux est le DoryarUhes Paîmeri originaire de Queensland. On dit qu il produit des épis Je douze à dix-huit pouces de long, chargés de

fleurs rouges à la périphérie et blanches au centre.

Le Hibhertia Baudouinii de la Nouvelle-Calédonie est un charmant arbrisseau toujours vert, dont la culture pourrait réussir dans une serre froide : ses fleurs sont grandes, jaunes et disposées en forme de grappes.

Citons aussi le Caraguata Zahni, belle Broméliacée qui nous vient de Chiriqui : ses feuilles jaunes, semi-transparentes, sont teintées de pourpre à leur partie supérieure avec macules vertes. Elle porte de» panicules serrées de fleurs jaunes qui s échappent d'entre les bractées écarlates du rachis. En un mot, c'est une plante à effet dans toute la force du terme.

On dit que le Poinsettia double ou Poinsettia pulcherrimum flena, comme on lappelle, constitue une précieuse acquisition. Les autres variétés nouvelles provenant de cette plante, datent de Tannée dernière : citons le Poinsettia pulcherrimum major et le jP. puîckerrmum roseo carminata chez qui les teintes roses des bractées florales sont plus prononcées que dans Tespèce type.

Les nouveautés en fait de plantes de serre chaude cultivées poor leur feuillage , sont si nombreuses, que c'est à peine, si nous en pourrons énumérer les plus saillantes. A notre avis ce sont les Dracaena, les Aralia et les Crotou qui se partageront bientôt la fareor du public.

Le plus beau de tous les Dracaena est sans contredit le 2>. Ooldkau des régions tropicales de l'Afrique, avec ses feuilles rayées tran8ve^ salement de bandes argentées. Nous l'avons déjà mentionné dans notre liste des plantes acquises en 1872. Le groupe de Dracaonas inaug^uré par le D, Guilfoylei et dont les feuilles sont panachées de blanc et de rose mêlés, s'est enrichi de deux beaux spécimens, le D, imperialit et le D, amoMis, Ce sont deux superbes plantes, quand leur taille est

normale et leur coloration bien développée. Leurs feuilles sont parsemées d'une notable quantité de blanc crémeux se nuançant de rose avec l'âge. Le 2>. Fraseri est une des belles variétés à feuilles sombres : ses feuilles dans le genre de celles du D. reçina, sont larges, dressées et oblongues, mais leur teinte est pourpre foncé. Elles sont glaucesoentes et présentent une bordure rose foncé, plus prononcée à la face inférieure de la feuille qu'à sa face supérieure. Le D, BaptisH possède des feuilles qui sont bordées de blanc crémeux. De petites raies obliques de même couleur passant plus tard au rose, sont irrégulièrement disséminées à leur surface. Ce qui ajoute au mérite de cette plante, c'est que les feuilles présentent leur coloration dès le début et les conservent très-longtemps. Le D. Shepherdi ou çloriosa est également une espèce de mérite, nullement délicate, et dont les feuilles, au rebours de la plupart des autres variétés, ne présentent leur plus belle coloration que lorsque leur développement est avancé. Elles sont alors marquées de raies ronge-orange. Ces raies sont simplement vert pâle sur les feuilles jeunes et ce n'est qu'avec l'âge que la teinte orangée se développe. Toutes les espèces que nous avons citées, et dont plusieurs, signalées déjà l'année dernière, ont fait maintenant leurs preuves, paraissent provenir avec beaucoup d'autres encore des îles de l'Océan Pacifique.

Un grand nombre de beaux Croton et de Codiaeum importés pendant ces dernières années, sont actuellement bien connus des horticulteurs. Parmi les acquisitions récentes, nous attirerons l'attention de préférence sur le Croton majesticum : ses feuilles longues et assez étroites sont planes, de façon à faire bien valoir les belles macules jaunes nuancées de pourpre brillant dont elles sont parsemées lorsque leur croissance s'est effectuée en pleine lumière. A. ce propos nous conseillons de suspendre^ l'activité de la végétation chez les .Croton tant que la lumière qui leur est destinée n'est pas suflSsamment intense.

Parmi les Aralia nous citerons VA. Guïlfoylei des îles de la mer du Sud ; ses folioles sont larges et présentent des panachures blanchâtres vers les bords. UA, VeUehi et VA. elegarUUsvma sont deux plantes très-élégantes, avec des tiges dressées et des feuilles digitées. Les folioles sont plus étroites et plus ondulées dans la première espèce que dans la seconde : ceux de VA. eleçantissima sont dentelés sur les bords.

A une autre catégorie, celles des plantes acaules vivaces, se rattacha le Curmeria pida dont les grandes feuilles vertes sont traversées an milieu par une large bande argentée. VAnthurium eristaîlinum avec ses feuilles veinées d*argent, nous parait plus distingué que le précédent mais nous ne sommes pas bien assuré que la particularité qa'il présente serve à le séparer déûnitivement de VA. maçnificum àoni il possède les feuilles veloutées et d'un vert olive. Les veinules des feuilles de VA. magnificum au lieu d'être argentées sont d'un blanc d'ivoire.

Le Hoffmannia OhieshregMi variegata a des feuilles vertes, veloutées, maculées de blanc crémeux et de rose, ce qui constitue une panachure d'un très*bel effet, mais nous le mentionnons ici surtout comme étant la dénomination exacte de certaines plantes connues des horticulteurs sous les nom de Campjlobotrjs et de Higginsia.

Nous avons ainsi rapidement passé en revue les principales acquisitions faites dans le domaine de l'horticulture pendant Tannée 1873. Si nous n'avons pas eu à signaler des nouveautés aussi extraordinaires que les années précédentes, on remarquera cependant que nous avons énuméré un grand nombre de plantes dont le mérite est incontestable.

Th. m.

BULLETIN DES NOUVELLES ET DE LA BIBLIOGRAPfflE.

Exposition de Florence. — La comité de la Fédération s'occupe activement d'organiser la participation des Belges au congrès et à l'exposition de Florence. Déjà des adhésions assez nombreuses lui sont parvenues. A sa demande, le comité de Florence a prolongé le délai des inscriptions jusqu'à la fin de février pour l'exposition et jusqu'à la fin de mars pour le congrès. Ce délai était nécessaire afin qu'on fût fixé sur les facilités demandées pour le transport des personnes et des objets sur les chemins de fer et à travers les lignes des douanes.

La 90« exposition de là Société de Flore aura lieu le dimanche de Pâques, probablement dans le local de la nouvelle Bourse. La Société organise des concours spéciaux pour les Fougères et les Jacinthes.

Une association brésilienne d'acclimatation s*est constituée à Rio

de Janeiro le 12 septembre 1872 et elle a été reconnue par décret impérial du 13 novembre de la même année. Le président est le baron de Santa Isabel et le premier secrétaire M. Joaquim Antonio d'Azeveda. Les membres fondateurs sont au nombre de 60.

M. Oscar Lamarche-de Bossius a été élu président de la Société royale d'horticulture de Liège. M. Lamarche est un amateur éclairé de botanique et d'histoire naturelle : il a réuni des collections importantes de végétaux rares et exotiques, notamment une des plus remarquables collections d'Orchidées qui existent en Belgique. Le choix de la Société liégeoise a été ratifié par l'assentiment unanime.

La Société botanique de Belgique a tenu, le 7 décembre 1873, une assemblée dont elle a déjà publié une relation. Dans cette séance, la Société a repoussé, avec raison selon nous, une proposition formulée par quelques membres, dans le but d'apporter certaines modifications aux statuts. Il n'en est pas moins vrai qu'un remaniement complet du règlement serait favorable à la prospérité de notre Société botanique. On sait que la Société botanique de France est venue en 1873 visiter la Belgique et explorer sa flore rurale : elle a été accueillie avec la plus cordiale sympathie. Des commissaires avaient été nommés par la Société belge dans sa séance du l''*' décembre 1872 et nous avons eu l'honneur d'être désigné en cette qualité pour Liège. Cependant nous avons éprouvé une véritable déception quand, recevant le programme (S. L. N. D.) de la session extraordinaire, nous avons vu que Liège était omise. Malgré cela nos confrères de France, après huit journées fatigantes d'explorations à Bruxelles, à Genck, à Curange, à Beverloo, à Mons, à Anvers, à Gand et à Rochefort, ont bien voulu nous honorer de leur visite. Nous avons rendu compte dans la Belgique horticole (1873, p. 220) de la réception bien simple mais très-cordiale que les botanistes et les savants de Liège leur ont faite et de l'herborisation qaiaeulieu àSpa.

Cependant, la majorité de l'assemblée du 7 décembre dernier a cru

devoir décider que l'excursion à Liège, n'ayant point été comprise

dans le programme, ne pouvait pas figurer dans le compte-rendu

officiel des excursions.

Nous avons vu dans cette décision un manque d'égards et de bonne

confraternité qui nous a imposé le devoir, ainsi qu'à plusieurs de nos confrères, de remettre notre démission. Pour notre part, ce n^est pas sans éprouver de la tristesse que nous nous sommes séparé d'une Société que nous avions contribué à fonder et à laquelle nous étions profondément attaché, mais les considérations qui nous ont imposé notre détermination ont encore été aggravées par la publication da procès-verbal de la séance tenue le 7 décembre.

On pourrait croire à la lecture de ce procès-verbal que nous nous trouvions en compétition pour la vice-présidence de la Société avec notre ami, M. le professeur Kickx, de Tuniversité de Gand. La vérité est que nous avons engagé nos confrères à porter leur snffnge sur ce savant collègue et que, dans cette circonstance, la Société ne pouvait faire un meilleur choix.

Peut-être ne devrions-nous pas parler ici de Toubli dans lequel certains travaux intéressant la botanique nationale ont été laissés par le Bulletin de la Société botanique de Belgique. Loin de nous la pensée de rendre la Société entière responsable de cette omission systématique ; elle prouve seulement que les liens qui doivent unir des confrères ont été brisés.

Le Tillandsia Lindeni (Voj. la Belç. hoH. 1869, p. 221 ; 1870, p. 225; 1871, p. 289), qui a déjà manifesté un remarquable polymorphisme, vient de fleurir au jardin botanique de Liège sous une apparence toute nouvelle. Ce spécimen atteint 0"'90 de hauteur, sur O"^ d'envergure ; sa hampe s'élève à 0"70 ; Tinflorescence a 0*^23 de longueur : elle a donné 23 fleurs, bleu foncé et larges de 7 à 8 centimètres. Un grand nombre de bourgeons se développent dans la touffe foliaire. C'est le plus beau spécimen de cette plante rare et recherchée qui soit connu.

MAMILLARIA SENILIS Salm-Dvciv.

GllEFFÈ SUR UN CEREUS.

'ielg. h 4, pi. 1

NOTICE SUR LE MAMUiLARIA SENILIS Salm-Dtck. ^

FAMILLE DBS CACTÉES.

Par m. Edouard Morren.

Figuré Planche IlL

Mamillaria Haworth, 1812. — Voyez : Miquel, Db Candollb, Tobrby et Obay, Salm-Dtck, Bngblmann, Pfbifpbr, Zuccabini. — De Candollb {Prodrome)^ BsDiACBXB.(Gen€ra plantarum), Bbntham et Hookbb (&en. plant.). — Laboubbt, Lbmaibb.

Munillaria senillB Salm-Dtck : Cacteae in Horto Dpekemi eultae, 1860, p. 12 et 82. — Laboubbt : Monogr, de lafam. des Cactées, Paris, 1858, p. 30. A rexclaaion des Jf. Hasselofii et Linkei. — Bévue horticole, 1863, p. 333.

MamillopaiB : Flores ex axillis tubercalomm oriondi. Perianthi tubus elongatns cylindraceos, phyllis muticis, levibas, petaloideis instruotus. Phylla perianthi 14-16, imbricata, patentia. Stamina ex8ei*ta, blserialia, exteriora tubo adnata, interiora fando tubi inserta. Stigma radiis (6) erectis. Bacca ?

Caulis sabglobosos ▼. cylindraceus, tubercnlis apice acoleiferis, spiraliter opertas. Flores soUtarii, erecti, majoscali per aliquot dies noctu dieque aperti. M. senilis. Tige en sphéroïde on cylindrique, épaisse de 5-10 centim. et s'élevant Jusqu'à 2 décim. , simple, prolifère à la base, mamelonnée. Mamelons (tnbercales, podairee) épais, émousMés, non sillonnés, vert clair, nombreux, serrée et disposés en spirales seri*ées. Aisselles nues. Aréoles (pulvinus, pul- Tillus, coussinets, tyléoles) garnies de tomentum blanc. Aiguillons trèsnombreux, longs de 3 centim., dirigés en tous sens et entrecroisés, comme des crins blancs, raides, acérés : deux d'entre eux (accidentellement 3) situés yen le centre, sont plus épais et courbés en crochet. Fleurs à l'aisselle des mamelons de l'année précédente et situées à peu de distance (2 centim. environ) du sommet de la tige, assez grandes (environ 7 centim. de hauteur, sur 5-6 centimètres de diamètre), dressées, tobuleuses, hypocratérimorphes, rouge orangé avec des teintes violacées. Tube droit, allongé (environ 32 millira. y compris l'ovaire), régulier, un peu infundibuliforme, garni de folioles pétai oîdes qui sont sans aiguillons à leur aisselle, de 4-12 millim. de long, sur 2-4 millim. de large, rouge orangé vif et violacées à l'extrémité. Limbe étalé presque à angle droit avec le tube, large de 4-6 centim., formé de 14-16 divisions oblongues, un peu canaliculées denticnlëes, longues de 20-23 millim., sur 3-6 de large, rouge orangé brillant avec une bande violacée en dessous. Étamines nombreuses, libres, si ce n'est le rang extérieur qui est soudé au tube, à filaments dressés, droits, égaux, dépassant le tube de 20 millimètres environ, blancs dans la partie incluse, rose-orangé dans la partie

exserte. Anthères jaune orangée sale. Style dépassaut an peu les étamines, rouge carminé: stigmate à 6 divisions, de 3 millimètres, ne s'étalant pas et de couleur rose.

La floraison a lieu au commencement du printemps. La fleur dure 7 à 8 jours. Elle n*est pas météorique comme celle des Mamillaria.

Le fruit ne s^est pas développé.

La patrie de la plante et son origine sont inconnues.

Le genre Mamillaria, de la famille des Cactées, a été constitué en 1813, par Haworth, sur l'ancien Cactus mamillaris de Linné. Son nom de Mamillaria vient de Mamilla (et non àeMamma) et il rappelle les petites proéminences dont leur grosse tige bouffie est toute couyerte et qui sont terminées chacune par un petit coussinet de poils et d'aiguillons parmi lesquels on en distingue qui sont droits et d'autres qui peuvent être courbés en hameçons. Les fleurs viennent à l'aisselle de ces mamelons, ordinairement à la partie supérieure de la plante et en formant un cercle : elles sont en général petites, avec le périanthe campanule ou infundibuliforme, donnant insertion aux étamines. L'ovaire est le plus souvent immergé dans le tissu de la tige, lisse, ovoïde, prolongé en un stjle allongé se terminant par un stigmate rayonné. Ce fruit est une baie lisse, allongée et couronnée par les vestiges de la fleur.

Les botanistes ont décrit environ 300 espèces de Mamillaria et Dieu sait combien les horticulteurs en ont distingué de formes intéressantes. Le plus grand nombre vient du Mexique et des régions chaudes de TAmérique septentrionale, le Texas, la Californie : les autres croissent au Brésil, aux Antilles et même jusqu'en Bolivie.

Engelmann, botaniste américain, qui s'est beaucoup occupe des Cactées, répartit les Mamillaria vrais en trois sections :

1. EuMAMiLLARiA *. mamiUcs sans sillon. Fleurs naissant à l'aisselle des mamilles de l'année précédente. Ovaire ordinairement immergé, fruit émergeant à Pépoque de la maturité.

2. CoRiPHANTA : mamilles sillonnées : fleurs naissant à l'aisselle de mamilles de l'année ou du sommet même de la tige. Ovaire émergé.

3. Anhalonium : mamilles presque foliacées, triangulaires, lisses ou verruqueuses au sommet. Fleurs insérées sur les tubercules de l'année, pressées au sommet de la tige, petites et à ovaire émergé.

Pour beaucoup d'auteurs les Corjphanta et les Anhalonium constituent de bons genres bien distincts.

La classification des Cactées a été fondée en partie par le prince Joseph de Salm-Djck dont les collections jouirent naguère d'une légitime réputation et qui a publié en 1850 une monographie des Cactées. Il me parait intéressant de publier ici la lettre que le prince voulut bien écrire à mon père, en lui offrant un exemplaire de cet ouvrage.

Dyck, ce 25 ayril 1850.

MONSIBUR,

Je puis enfin avoir le plaisir de vous envoyer mon ti*avail sur la famille des Cactées, et je vous prie de vouloir bien lui accorder un moment de bienveillant examen.

Quoique J'aie exposé, dans un petit avant-propos, le bat de Pouvrage et la marche que j'ai suivie, je crois devoir vous donner encore quelques explications pour légitimer ma division de la famille en sept tribus, car elle est la base de tout mon système et il importe donc qu'elle soit bien établie. Elle est du reste parfaitement naturelle et toutes les Cactées que nous connaissons jusqu'ici se rangent facilement d'après l'ensemble des caractères qu'elles présentent, dans 7 grandes divisions.

Personne ne les conteste; mais on n'a jamais bien fixé le rang et la valeur qu'il fallait leur assigner dans une classification exacte de la famille. On a voulu jusqu'ici n'y voir quedes^enrf^ ; mais les caractères qu'on a été forcément conduit à leur assigner, sont restés tellement vagues et réunissaient des plantes tellement disparates que tous les essais de ce genre n'ont satisfait personne, et qu'ils ont même dégoûté les botanistes de l'étude d'une famille qui ne présentait, sous tous les rapports, que des incertitudes et du désordre. Il fallait donc chercher à sortir de ce pénible état, et il m'a paru que Ton pouvait remédier à tout en prenant une autre route, et qu'en assignant à chacune de ces grandes divisions la valeur d'une tribu, on pouvait conserver à celle-ci leur caractère de généralité et circonsciire ensuite les genres dans des limites très-précises. J'ai cherché à exécuter ce plan, et si vous voulez, Monsieur, jeter d'abord un coup d'œil sur le tableau synoptique de la famille et examiner ensuite le caractère attribué à chaque tribu, vous verrez que les genres se forment, en quelque sorte, d* eux-mêmes de la décomposition de ce caractère principal et qu'il suffit pour cela de bien observer les modifications qu'il peut avoir subies. Cette marche méthodique me semble avoir de très-grands avantages pour l'avenir surtout d'une famille dont à peine nous connaissons la moitié.

L'ordre dans lequel les tribus se succèdent étant ûxé (et calculé de manière à lier la famille des Ficoïdées à celle des Grossulariées) les genres se succèdent également dans l'ordre de leurs affinités : on ne sera donc plus jdans le cas de

taire un ^nre noaTeaa saoB trop savoir s'il est nécessaire oa otile, ni où il sera conTenable de le placer, et le hasard m'a offert tont récemment l'occssion de vérifler l'utilité de la marche que J'indique. Nous Tenons, en effet, de roir d'une manière bien inattendue que la Leuchtenbergia est une Cactée, et il fUlait lui assi^er une place I On a voulu en faire un Anhalonium, à. cause des tubercules qui couvrent la plante, mais il résulte de l'application rigoureuse des principes que j'ai adoptés qu'elle appartient à la tribu des Céréaatrées; Je J'y ai placée en pt*emière ligne, parce que le genre qu'elle forme se lie ainsi à la dernière section (Theloidei) du genre Bchinocactus.

Vous devriez bien. Monsieur, venir voir cet été ma coUection! Tout devient plus clair et plus facile à comprendre quand on a les plantes sons les yeux. Vous avez peut-être aussi besoin de vous réconcilier un peu avec ces pauvres Cactées qui, ayant le malheur de ne pouvoir être mises dans des herbiers et n'étant que bien rarement réunies en nombre suffisant pour être étudiées, attirent peu l'attention des botanistes. Chez moi on peut les étudier tout à son aise.

Recevez, Monsieur, les assurances de ma considération la plus distinguée.

J. P« DR Salm-Dycx.

La plupart des tribus établies par le prince de Salm-Djck dans la famille des Cactées, sont naturelles et sont fondées sur des caractères tirés de la fleur, mais il n*en est pas de même pour sa première tribu, celle des Mélocactées à laquelle appartient précisément le genre Mamillaria. Cette tribu est composée de quatre genres : Anhaloninm, Pelecjphora, Mamillaria et Melocactus qui se distinguent les uns des autres par des caractères tirés des mamilles ou de l'insertion des fleurs, c'est-à-dire sur des caractères inhérents aux organes de la végétation. Cette base n'est pas naturelle et partant peu solide.

La plus récente et la meilleure classification des Cactées que nous connaissions est celle de MM. Benthamet Hooker dans le Gênera flo^tarrni, publié en 1867 (tome I, fascicule 3, p. 846). L'exposer ici nous entraînerait loin de notre sujet et nous nous bornons à la signaler aux amateurs qu'elle intéresse.

Le MamUlaria senilis est une plante rare, mal connue et intéresaante. La seule description qu'on en connaisse est celle du prince de Salm-Dyck, traduite dans la monographie de M. Labouret. H a fleuri pour la première fois chez M. F. Schlumberger à Rouen en 1853 et il vientde fleurir de nouveau en 1873 chez le même amateur. M. Schlnmerger a réuni des collections végétales extrêmement remarquables surtout en Cactées et en Broméliacées et, appréciant, en véritable con-

iiaisseurrintérétscientifiqae qui s'attache au Mamittaria senilis, il nous a fait rhonneur de nous communiquer tous les matériaux nécessaires pour la description etTiconographie de cette singulière Cactée.

La planche que nous publions ici a été gravée et coloriée d'après une photographie et un spécimen vivant : elle représente le M. senilis greffé sur un Gereus. La fleur en noir est empruntée à la Bévue hartû eoh. La planche est loin d'être irréprochable, mais nous pouvons invoquer en faveur de nos artistes la difficulté d'une pareille représentation. Les aiguillons dressés et serrés sur le haut de la plante ne forment pas une couronne aussi nettement accusée que sur la figure. M. Schlumberger, auquel nous avons communiqué une épreuve, a insisté sur les observations suivantes :

< Le tube de la fleur est rouge violacé jusqu'à la base; sans trace de couleur verte ; les fllets des étamines sont blancs avec une nuance de rose-orangé ; les anthères sont jaune-orangé ; les divisions du stig^ mate sont rose carminé vif. Quant à la fleur elle a atteint 6 centimètres de diamètre sur un exemplaire plus fort que celui qui est figuré. » On ne saurait trop insister, ajoute M. Schlumberger sur le tube de la fleur, car c'est là tout l'intérêt de cette espèce qui par là se distingue des autres MamiUaria.

En effet, la fleur du MamUlaria senilis possède un tube bien caractérisé, le limbe est étalé de manière à donner à la fleur une forme hjpocratérimorphe, les étamines sont droites et en partie indépendantes du tube floral : la floraison se continue jour et nuit. Tous ces caractères éloignent la plante des Mamillaria dont elle a cependant toute la structure végétative. A première vue on croirait voir une fleur d'Echinocereus sortant d'une aisselle de Mamillaria, mais la fleur diffère de celle des Echinocereus par son insertion, par l'absence d'aiguillons ou de sétules aux aisselles des folioles caljrcinales, et par rinsertion des étamines.

Si Von pouvait ne prendre en considération que les organes de la

fégéiàiion, la plante serait vraiment un Mamillaria, mais le tube

ioî»l Ivd assigne une place en dehors de tous les autres. Nous avons

don(^ ^^^ devoir constituer pour elle sinon un genre nouveau au

m^iiis une section particulière sous le nom de Mamillopsis : l'obser-

v^tioD du frait et des graines décidera de l'importance à lui assigner.

Le Mamillopsis est une transition entre les Mamillaria d*an côté et les Echinocereus et Echinopsis de lautre.

Le Mamillaria ienilis ne figure pas dans le catalogue du Prince de Salm-Djck publié en 1844. Il a dû être introduit vers 1845. M. Schlumberger Ta vu cette année-là dans la collection Monville. Il est probable qull vient de Mexique^.

Le prince de Salm-Djck rapporte à cette espèce les M. Haudofi et Linkei, mais, à ce que nous assure M. Schlumberger, cette assimilation est erronée, car ces plantes, ayant fleuri chez lui, ont donné toutes les deux de petites fleurs ordinaires de Mamillaria, ressemblant, par exemple, à celles du M. spinosissima.

Quant à Tepithète de seniUis, on sait qu'elle a été donnée pour la première fois par Haworth à son Caeêus senUis qui est devenu le Pilocereus senilis de Ijcmaire et qui représente très-bien des cheveux blancs. Depuis lors, quand une plante, parmi les Cactées, se rapproche un peu par Taspect de la tête d'un vieillard, on s'empresse de lai donner la même dénomination. Il y a aussi un Opuntia senilis.

CuLTURB. — Comme un grand nombre de Cactées, le MafMillarîa senUis demande le plein soleil en été et la serre tempérée en hiver. Il est plus délicat que beaucoup d autres et il ne supporte pas Thumidité. Les amateurs greffent volontiers les Mamillaria sur des Cereos. Ces greffes de Cactées intéressent la physiologie végétale. Quand les zones cambiales sont en contact, il y a greffe proprement dite entre le sujet et le greffon. Mais, dans d'autres cas, le greffon émet des racines qui se logent dans la chair du sujet ou qui se font jour au dehors : ce sont donc plutôt des boutures.

BULLETIN DES NOUVELLES ET DE LA BIBLIOGRAPHIE

Plantes nouTelles de H. B. Boed. — Cet intrépide explorateur herborise en ce moment dans les Cordillères du Pérou, entre 4 et 16 mille pieds d*altitude. Il vient d^envoyer à M. Ë. Ortgies à Zurich, des graines récoltées par lui et qui sont offertes aux amateurs en édition entière. On remarque dans le nombre:

Alonsoa linifolia Roezl, grandes fleurs d'un beau rouge écarlate; feuilles linéaires ; plante très-florifère, de 1 à 1 i/i pied de hauteur.

Alonsoa myrtifolia Roezl, petit arbuste à feuilles minimes et grandes fleurs fortnombreuses.

BoccoNiA FERRUGiNEA Roezl, plante à beau feuillage, vivant à 9,000 pieds d^altîtude supra-marine.

Un grand nombre deCALCEOLARiA, par exemple les C. erectay cordata, roiuTidifolia et beaucoup d'autres qui ne sont point déterminés.

Ghuquiraoa insignis Humb. et Bonpl., arbuste d'un pied de hauteur, des hautes régions des Andes, entre 14 et 15 mille pieds d altitude, à petites feuilles épineuses et à grandes et belles fleurs d*un beau jaune orange.

CupHEA KLUGii Roezl, petit arbuste toujours fleuri, rouge écarlate et pourpre.

Des LoASA annuels, vivaces ou frutescents.

MuTisiA viTBLLiNÂ Roczl, cspèce magnifique non grimpante. J'ai trouvé, écrit M. Roezl, un pied de cette belle plante, croissant en compagnie de THéliotrope du Pérou, couvert de milliers de fleurs d'une beauté éblouissante. Fleurs de 3 pouces de longueur sur 1 pouce de diamètre, d'un coloris orange écarlate comme YFpidendrum vUeUinum. Opuntia sbnilis Roezl, espèce merveilleuse, naine, couverte de longs poils blancs, comme le PUoeereus senilis : les fleurs sont grandes et fort belles, d'un beau jaune d'or ou orange. Vient tout près de la limite des neiges éternelles entre 13 et 15 mille pieds d'altitude.

V Opuntia maxUlare Roezl, un Melocactus^ un Cereus Jlavispinus intéressent également les amateurs de Cactées.

Un SoLANUM^ de la même catégorie que la Tomate, à grandes fleurs jaunes et produisant un fruit très-doux, d'un vert violacé : la plante est grimpante et de croissance vigoureuse.

La liste complète de cet envoi se compose de 112 numéros et elle donne une belle idée de la végétation des Andes péruviennes.

La Société royale d'horticnltiire d'AnTers organise une grande fête jubilaire qui sera donnée en 1875.

Le programme de l'exposition, qui s'ouvrira le 4 avril 1875, sera bientôt publié : il met au concours 15 à 20 médailles d'or d une valeur minimum de 200 frs. Le nombre des médailles de vermeil encadrées et des autres distinctions de moindre importance sera considérable.

Anvers sait donner à toutes ses fêtes un caractère artistique et un

entrain tout particulier. Ses floralies de 1875 auront sans aucun doute beaucoup de succès.

L'horticnltiire en Egypte. — Depuis la mort de M. Barillet, les jardins du vice-roi sont rentrés dans le service de Rousseau Bej, ingénieur en chef du Khédive. M. Rousseau est un des élèves les plus capables qui soient sortis deTÉcole polytechnique de Paris; il a dirigé, avec M. de Lesseps, de nombreux travaux dans Tisthme de Suez; depuis quatre ans il a construit beaucoup de canaux et les chemins de fer agricoles de la Haute-Egypte et du Caire. M. G. Delchevalerie a été nommé directeur de TEcole d'agriculture que Figarj Bey avait installée, ainsi que des Écoles de culture maraîchère et d'arboriculture que Barillet et M. Courtois-Gérard avaient inaugurées. En ce moment, M. G. Delchevalerie voyage sur le Nil, pour faire transporter de grandes quantités de Roseaux (Arundo donax) dans la Haute-Egypte afin de les planter sur les berges des cana,ux. M. G. Delchevalerie a reçu à Vienne de S. M. TEmpereur d'Autriche, Tordre de François- Joseph.

D' L. Jost, BotaniBOher Jaliresberioht. — M. le D' Just, professeur de chimie agricole à TEcole polytechnique de Carlsruhe, vient de fonder, avec le concours de plusieurs savants distingués, un annuaire de botanique destiné à rendre compte de tous les travaux publiés chaque année.

La Société centrale d'horticiiltare de France a nommé M. Alph.

Lavallée, secrétaire-général, en remplacement de M. Bouchard-Hazard, décédé.

MM. Haage et Schmidt, à Erfurt, viennent de publier leurs prixcourants pour 1874. Le catalogue de graines comprend 17,897 numéros. Les nouveautés sont : Blumenbachia cortmata Hook. et Arn., Suaeda dendroïdes Pall. et surtout les Cinéraires doubles.

La tondeuse de Oreen. — MM. Thomas Green et fils, 54, Blackfriars Road, London S. E., annoncent sous le nom de • Hoifol Guinea Lawn Mofoer i une petite tondeuse de gazon du prix d*une guinée. On assure qu'elle convient parfaitement pour Tentretien des petits jardins.

ïnagBS artifieiels. — Il est opportun de rappeler les articles que BOUS avons publiés Tannée dernière sur remploi de la fumée pour garantir les cultures de Teffet désastreux des gelées printaniëres. Ce moyen est connu, même des anciens Péruviens, mais on néglige souvent de s'en servir. La mousse humide peut être employée pour cet j^ Qsage : elle donne, parait-il, une fumée épaisse et persistante.

Coneonra académiques. — L'académie royale de Belgique a maintenu au concours pour 1875, la question suivante : On demande un exposé des connaissances acquises sur les relations de la chaleur avec le développement des végétaux phanérogames, particulièrement au point de vue des phénomènes périodiques de la végétation, et, à ce propos, discuter la valeur de Tinfluence dynamique de la chaleur solaire sur révolution des plantes.

M. E. Benary à Erfiirt a enrichi cette année son album de chromolithographies de trois superbes planches représentant : V des spécimens de Reines-Marguerites de Truffant {Pivoine

jerfedûm) ;

2f* la Reine-Marguerite Washington ;

3® \^ Bégonia Seimi y 9x. Victoria. Ce sont là autant d'admirables fleurs à en juger d'après leurs beaux portraits.

Le Pneoiliia Malyaoeamm. — Les Mauves et les Roses Trémières de nos jardins sont menacées de destruction par un petit champignon parasite, le Puccinia Malvacearum qui se développe sur leur feuillage sous forme de petits corps lenticulaires. Cet envahissement a été signalé à Bordeaux par M. Durieu de Maisonneuve et à Paris par M. Duchartre. Ces savants ont constaté ce fait curieux que cette Puccinie n'avait été observée jusqu'ici qu'au Chili, et l'on peut se demander si elle a été fortuitement transportée de l'Amérique du Sud en Europe. On sait qu'on peut se poser la même question en ce qui concerne le champignon de la maladie des Pommes de terre, le Peronospora if^estans. Quant au Puccinia Malvaeearum, il appartient à une famille de parasites, les Urédinées, parmi lesquels il en est qui changent de nourrice pendant les diverses phases de leur existence, phénomène que l'on appelle lliéterœcie. Ainsi, par exemple, le Puccinia graminis qui produit la rouille

des céréales ne fructifie que sur rEplne-Vinette ; la rouille du ornent fructifie sur les Borraginées qui abondent toujours dans les moissons. La nouvelle Puccinie des Mauves parait être MoncBce, cest-à-dire qu'elle ne change pas d'habitat.

L'observation de cette nouvelle maladie est intéressante: nous prions les personnes qui prennent la peine de nous lire, de suivre de rœil toutes les Malvacées de leur jardin et si elles constatent quelque maladie sur leur feuillage de bien vouloir nous en informer et nous envoyer une ou deux de ces feuilles.

Plantes alpines de M. Backhoose à Tork. — M. Duchartre a communiqué à la Société centrale d'horticulture de France (1873, p. 664) la note suivante que M. Max Leichtlin de Carlsruhe lui avait écrite à la suite d'un voyage en Angleterre : t A York, j'ai vu les dispositions remarquables à tous les points de vue que M. Baokhouse a prises en vue de la culture des plantes alpines. Jusqu'à ce jour je nVais jamais eu occasion de rien voir qui me parût si admirable. En entrant dans ce jardin alpin, on se trouve au milieu de grands rochers qui sont plantés dans tous les sens avec des raretés sans nombre : des SUeu Pumiîio en gazons entiers, de rares Cjpripedium par centaines, les Primula Farryi et defdiculata, à feuilles de 33 centimètres de long, sur 5 centimètres de large, etc. On j trouve ensuite des serres établies sous terre pour la culture des HjménophjUées et de toutes ces Fougères translucides qu'on voit couvrant les murs et les rochers sans cesse humectés au moyen d'arrosages judicieusement combinés. 11 y a lA jusqu'à des caves où il fait presque nuit et où croissent néanmoins des Fougères qu'on est tout surpris d'y voir en magnifique végétation. J'étais ravi à la vue de toutes ces merveilles horticoles. •

Plantes nouvelles. — M. W. Bull, dans son récent catalogue, annonce comme nouveautés les plantes suivantes : BUïbergia Saw^ dersi (Bahia), Boronia meçastiçma (Australie), CampHdiumJilicifoîium (îles Fidji), Cyathea Burlei{A.fviqueménd.), Cyathea Z>réy« (Afrique mérid.), Dracaena formo$a (îles Fidji), D. grandis (Camoaouîles des Navigateurs), Dr, illustris (îles de la mer du Sud), Dr, niçrth striaia (îles Saloraon), Dr, picta (îles Fidji), Dr, princeps (îles Salomon), Dychia Lemaireana (Rio-Grande do Sul), Frythrina Parcelti

(îles de la mer du Sud), GymnoçramTna decomposita, Maranta coi^ dnna (Amérique mérid.), Noionia grandifiora, Plectocomia Ândersoni, OdontogUuum Roezlii (Nouvelle-Grenade).

Origine des Pelargonium zonale à fleurs doubles. — D après

M. Jean Sisley, de Lyon, les premiers Pélargoniums à fleurs doubles se montrèrent spontanément dans les jardins de Clermont, en Au- Tergne et furent remarqués vers 1861 par Henri Lecoq. Deux variétés datent de cette époque, Triomphe de Gorgovia et Martial Champjlour, Par le semis, et peut-être par le métissage, elles se sont rapidement multipliées et aujourdliui elles abondent sous toutes sortes de nuances. Le désir des spécialistes, désir bien légitime, est la conquête du Double Uanc! Jusqu'ici nous ne Tavons pas vu. Les perfectionnements du Pelargonium double ont été obtenus surtout par MM. Chaté, Bruant, Aldebert, Victor Lemoine, Crousse, Rendatler, Jean Sisley et Alégatière.

Les finiits du Passiflora edolis ont mûri à Verviers dans la serre de M™* Prosper Grandjean : ils ont à peu près la forme et les dimensions d'un œuf de poule, mais Tenveloppe ou péricarpe est brune : les graines, attachées sur trois rangs aux parois des fruits , sont enveloppées d'une pulpe jaune très-succulente, agréable au goût, aromatisée etrafraicbissante. Ces fruits sont estimés aux Indes Occidentales, sous le nom de GfrenadUlas pour la confection de limonades, de glaces et de sorbets. Leur saveur tient de TAnanas et de la Pomme.

Le Pitcaimia seifolia C. Eoch. {Lamproconus) vient de fleurir simultanément dans plusieurs collections, par exemple aux Jardins botaniques de Liège et de Bruxelles. Nous avons vu la même plante fleurie chez M. Jacob-Makoy à Liège, qui Favait reçue d'Angleterre sous le nom de Vriesea iricolor, mais cette plante n'a rien de commun avec un Vriesea. Le prétendu Vriesea iricolor de M. Will. Bull, est en réalité le Pitcaimia zeifolia C. Koch.

Ch.Eoeh) Dendrologie, second volume, seconde partie. (Chez F. Enke àErlangen), 1873, 1 vol. in-8°. — Le professeur Koch, de Berlin vient déterminer son grand ouvrage sur les arbres, les arbustes, et les ^brisseaux des parcs et des jardins. L'ouvrage est désormais complet

en deux forts volumes iD-8% divisés chacun en deux parties- La dernière comprend les Cupuliferes. les Conifères et les Monocotjlées qui sont les groupes les plus difficiles à débrouiller. Nous citerons les Hêtres, les Charmes, les Châtaigniers, les Chênes, puis tous les Résineux et pour terminer les Yuccas et les Bambous. Le volume est clôturé par des tables qui sont fort utUes parce qu'elles cbmprennent les noms synonymes et les appellations jardiniques.

Il serait intéressant de dresser à l'aide de cette Dendrologie la statistique de la végétation ligneuse sous notre climat, de déterminer le nombre des espèces et de les répartir selon leur origine.

La science et l'art doivent se féliciter de ce que le savant IV Koch ait pu mener son œuvre à bonne un. Notr^ vieil ami peut maintenant dormir sous ses lauriers en se disant Exegi mon/unutUn/m.

André Leroy, Dictionnaire de Pomologie, tome IV. Suite des Pommes, 1 vol. in-S^ à Angers, chez l'auteur. - M. André Leroj. le grand pépinériste d'Angers, vient de faire paraître le quatrième volume de son Dictionnaire de Pomologie. On j trouve les pommes dont le nom commence par les lettres M-Z. Nous avons déjà exprimé ici notre admiration pour cet ouvrage considérable et utile : elle n'est pas moindre pour son auteur qui malgré son grand âge et une carrière aussi honorable que bien remplie, s'impose un grand labeur dans le seul bat de répandre les connaissances qu'il a acquises. On sait que le Dictionna^ de Pomologie donne l'histoire et la description de tous les fruits de notre climat. Les Poires et les Pommes sont terminées.

J. Lindley and T. Moore, etc., the Treasury qf Boiany, 2 vol. in.12% Londres 1874, chez MM. Lougman, Green et G** éditeurs (Prix 12 sh.) . — Ce trésor de botanique est un dictionnaire de tout ce qui concerne le règne végétal : il a été primitivement écrit par John Lindley, mais d'éditions en éditions il est devenu une œuvre coUective à laquelle les botanistes les plus compétents de l'Angleterre ont contribué sous la direction de M. Thomas Moore, curateur du Jardin botanique de Chelsea et l'un des rédacteurs du Gardeners" Chronide. C'est un charmant ouvrage, du caractère le plus sérieux et cependant de la plus séduisante apparence, un ouvrage comme les bons éditeurs anglais savent seuls en offrir au public. MM. Lougman et C*« viennent de publier tout récemment, en 1874, une édition nouvelle, plus complète

que les précédentes et nous la signalons avec empressement aux botanistes et aux amateurs. Les renseignements utiles abondent dans ce livre qu'il faut toujours avoir à portée de la main.

J. A. Tan Bemmelen, Bepertorium annuum lUteraturae hotanicae foiodicae, 1872 {à Haarlem, chez Frven Zoosjes, éditeurs, 1 vol. in-8® ; 2flor.). M. Yan Bemmelen, bibliothécaire de la Société Tejlerienne, àHaarlem, a entrepris une œuvre de Bénédictin : dresser chaque année la table générale et méthodique de tout ce qui parait dans les Recueils périodiques sur la botanique. Le volume pour 1872 vient de paraître. Signaler cet ouvrage, c'est en quelque sorte forcer tous les travailleurs à se le procurer. Seulement il nous a paru, d'après ce premier volume, que la bibliothèque Tejlerienne est loin d'être complète : des publications de la plus grande importance sont omises. Mais nous sommes persuadé que ces lacunes seront comblées et Tentreprise de M. Yan Bemmelen mérite tous les encouragements.

D. A. Ctodron, de$ Races végétales qui doivent leur origine à une wmstruosité, Montpellier, 1873. broch. in-d^ (extrait de la Rev, des sdences naturelles). Travail intéressant au point de vue de révolution morphologique.

Momunent à la mémoire de BanUet-Desehamps. — Un comité

s'est constitué à Paris pour élever un monument funéraire à la mémoire de Barillet ; il a résolu d'ouvrir une souscription aûn de permettre à tous ceux qui aimaient et qui honoraient cet homme excellent, de participer à cette manifestation. Le comité est composé de M. Henry de Yilmorin, président, H^ Jamain, secrétaire, Detouche, trésorier, Cbantin, Guibert, Houllet, Leroj, Mathieu, Quihou, Rivière, Troupeau et Yerlot. Nous espérons que la Belgique, où Barillet comptait beaucoup d'amis, voudra s'associer à cette pieuse manifestation. Il est à notre connaissance que la Société royale d'horticulture de Liège a déjà répondu à l'appel qui lui a été adressé.

M. L. Bouchard-Hiizard) secrétaire-général de la Société centrale d'horticulture de France depuis 1866, est décédé à Paris le 23 novembre 1873, âgé de 49 ans seulement. M. Bouchard comptait de nombreux amis en Belgique où la nouvelle de sa mort a produit une douloureuse impression.

Le D" H. Chr. Tan Hall, professeur émérite de TUniversite de Groningne, est décédé le 12 janvier 1874 à Tâge de 72 ans : ce saTant a beaucoup publié et il s'intéressait particulièrement aux progrès de Tagronomie. Le ZandboufV^Courant du IV L. Mulder est encadré de noir en annonçant ce décès.

M. GlAUde Doeher, excellent rosiériste à Ljon, est décédé presque subitement le 21 janvier 1874, à Tâge de 54 ans. Cet homme laborieux et loyal était estimé de tout le monde. La floriculture lui doit bon nombre de belles roses dans la section des Thés.

Nous recevons la notice suivante que nous nous empressons d'accueillir :

< M. Ducher, habile rosiculteur Lyonnais, vient de mourir dans la maturité de Tàge. Ce n*était pas un fabricant vulgaire de Rosiers, mais un créateur de variétés nouvelles. Parfaitement au courant des variétéf qui se propagent par le commerce, il s'adonnait à produire des races ou sous-races à fleurs de formes et de nuances distineiei. Son caractère paisible, patient, lui permettait d'observer, de réfléchir et de donner à ses semis les soins minutieux que ce genre de cnltore exigo.

Après avoir produit et propagé de nombreux hybrides méritants, entre autres sa Gloire {Glaire de Ducher), il négligea cette catégorie pour s'adonner à une autre plus difficile, celle des Thés et des Noisettes dont il a augmenté le nombre de sous-races à riches nuances, telles que Marie Van Houtte, Mont éTor, V. Palliai, M"^ Ducher, Chamois, Jonquille, aureus et autres dont les noms nous échappent.

Comme s'il eût prévu sa fln prochaine et eût voulu que son genre de culture fût continué après lui dans les mêmes conditions que pendant sa vie, il avait pris soin d'initier son épouse à tous ses secrets culturaux,de sorte que celle-ci, très-intelligente, très-laborieuse et aussi habile que lui, continuera son commerce avec succès.

Ses confrères, au nombre de plus de quatre cents, l'ont accompagné jusqu'à sa dernière demeure, et le regrettent comme un bon enfant, d'une honnêteté à toute épreuve et un ami sincère et dévoué. >

Charles Morren. Glosia, recueil d'observatioiis de tératologie

Tégetale. Liège. 1852-1874, 1 vol. in S^ orné de 15 planches. (10 fr.).

Nous yenoDS de réunir en un volume les dernières notices publiées par Charles Morreu en 1852 et 1853. Ce recueil fait suite aux Prémices ^ aux Btudes, à la Dodonea, à la Fuchsia et à la Lohelia et, sous le nom de Clusia, il est dédié à Charles de l'Escluse. Ce sera bientôt une rareté bibliographique, parce que nous avons pu seulement en composer soixante exemplaires. Nous avons, dans la préface, donné un supplément à la biographie et à la bibliographie de Charles Morren et mous nous sommes efforcé de présenter le rôsumé de sa doctrine tératologique.

J. Adolphe Qaetelet, né à Gand le 22 février 1796, est décédé à Bruxelles le 18 février 1874. Quetelet occupait en Belgique la position scientifique la plus élevée : sa réputation universelle est désormais acquise à la gloire nationale. Il a été le promoteur des études météorologiques dans leurs rapports avec la* végétation. Nous placerons un volume de la Belgique horticole sous Tégide de cet homme éminent par le talent, par Tactivité et par le caractère.

M. W« M. de Brauw, président de la Société Royale néerlandaise pour rencouragement de Thorticulture et ancien président de la commission directrice de Texposition universelle d'horticulture à la Haye en 1865, vient de mourir le 17 janvier 1874.

On a le projet, en Hollande de donner en 1876 une exposition internationale d'horticulture à Amsterdam dans le palais de Tlndustrie : on a aussi le projet de fonder une grande Société nationale de botanique et d'horticulture. C'est en sortant d'une réunion où l'on avait agité ces questions, chez M. Krelage, à Haarlem, en se rendant à la station pour retourner à Amsterdam, que M. de Bi*auw est sabitement tombé, frappé de mort. M. de Brauw a rendu de notables services à l'horticulture néerlandaise.

Les plantes du Japon continuent à être importées par MM. Teut- «chel et O*, à Colchester (Angleterre) qui les reçoivent de M. Kramer établi à Yoka-Hama. Un nouveau catalogue vient d'être distribué par ces Messieurs; il comprend un nombre considérable de Lis; en outre : Nerine japonica, ScUla japonica, Cypripedium japonicum, Platanthera radiaia et Sieboldiana, Calanthe Sieboldti, Aerides japo-

nieum, Ân^raecim/alcaium,I)eiulroUumjapofiicum, GoodiferajaponiaL, Diospitros kaki.

Les Enphorbia resinifera, Bonmierana Coss., et Edûniis Ck»».

et Hook., espèces charnues de Mogador, voisines de YBuph. qfidnarw» Tiennent d*étre introduites en beaux spécimens, par M. le D*^ Gosson, dans les serres du Muséum d^histoire naturelle à Paris.

LES BEGONIAS BULBEUX, Notes de M. Louis Van Houttb.

Voici le tour des Bégonias bulbeux d*entrer dans Tarène ! Et, toutes voiles dehors, ces jolies plantes arrivent triomphantes pour exiger une place d*élite dans nos jardins ! Elles ne répudient certes pas leurs sœurs frileuses qui ne montrent leurs attraits que dans une cage vitrée; elles leur accordent sans peine la palme pour leur feuillage luxueux, mais elles se présentent pour étonner le monde par leurs grandes fleurs scintillantes de toutes couleurs, et qui, depuis le mois de juin jusqu'à rhiver, rivalisent par leur succession, et sans repos, avec n'importe quel autre genre de plantes exotiques acquis jusqu'à ce jour dans nos jardins !

Que veut le jardinier désireux de faire parler de lui? Charmer toujours les jeux de ses maîtres par le bon goût de ses décorations, et, ce qui couronne l'œuvre, en leur donnant la certitude, quand ils rentrent en ville, d'avoir, à la campagne, non-seulement un bon gardien de leurs trésors, mais un innovateur qui leur assurera, pour l'année suivante, de nouveaux décors, de nouvelles richesses qui ne leur coûteront pas les yeux de la tête, mais qui leur rendront au décuple leurs mises dehors.

Si la confiance manque au maître, s'il ne veut risquer qu'un mince débours, qu'il donne au moins à son jardinier Toccasion de prouver de quel luxe il parerait ses parterres par l'acquisition de variétés d'élite de nos Bégonias nouveaux, qu'il lui laisse montrer l'effet que produi-

raient quelques douzaines de variétés prises en mélange, dont, à Tautomne, les gros tubercules seraient relevés pour les remises à sec, à Tabri de la gelée, comme cela a lieu pour les BeHes-de-nuUj les Lis St^acques, les Erfthrines, les Dahlias et tant d'autres plantes qui décorent la pleine terre pendant Tété et qui se reposent pendant Thiver, à l'abri du froid, dans quelque hangar, sur quelque rayon de serre autrement sans emploi, à moins que le maître ne s'entête à faire de son jardinier un conservateur d'antiquailles de ces vieux pieds de Géranium, par exemple, que Ton a revus cent fois et qui seraient plus utiles pour faire du terreau destiné à fertiliser de plus dignes saccesseors !

Citons d'abord les prifnoçenUae, les Bégonias primitifs, nos vieilles connaissances qui toutes ont leur raison d'être, les unes parce qu*on sait déjà ce qu'elles sont, les autres, bien qu'elles restent rares à

cause qu'elles se multiplient plus difficilement, parce qu'elles sont belles. De ce nombre sont : Bégonia boliviensis (FI. serres, XYII, 21)^ diversifolia {FI, XYIII, 7), Fvansiana (diseolor), Chelsoni (hjfir.) Sichardsoniana {hjfbr.), inUrmedia (Veitch), Pearcei^ Pearcei superba, Sedeni, VeUcki.

Les amateurs de Bégonias qui ont visité notre établissement Tété dernier, ont vu fleurir les admirables variétés obtenues en 1872, par notre chef de culture, M. C. Raes. Cette race, contrairement à la propension facile au bouturage des autres sortes du même genre, ne se prête que bien difficilement à ce mode de propagation ; les plantes en sont d'un très-beau port, se ramifient bien, sans le secours du pincement, et fleurissent sans cesse depuis juin jusqu'en octobre; elles forment de gros tubercules et se conservent à l'état sec pendant l'hiver, comme les Bégonia discolor et diversifolia. Ces variétés sont : Agate, à fleurs de vermillon orangé; Cornaline, à fleurs énormes de crème nuancé aurore, — Emeraude, d'un carmin très-vif et dont le centre est ligné de blanc pur ; c'est un hybride ligneux du B, boliviensis et du B. VeUcki^ atteignant seulement 25 à 30 centim. de hauteur; — Onyso, à fleurs très-grandes, d'un vermillon nuancé orange très-vif, rappelant la couleur du B, Veitchi, sauf que ce dernier est ligneux ; le feuillage de notre gain est moins grand ; — Rubis, port et feuillage du B, Sedeni, duquel il dérive par l'intervention du B, rosaeAora; fleurs d'un beau rose tendre; — Saphir, fleurs d'un beau rose vif; — Topaze, hybride

— sodés B, Veitchi et boliviensU, naine (35-30 centim.) d un vermillon très-vif.

Les Bégonias bulbeux nouveaux de 1873 sont : Charles Saes, à port pyramidal, superbe, très-florifère, portant des fleurs d'un vermillon foncé ; — Charles Van FeckhatUe, florifère, à très-grandes fleurs d'on blanc de chair ; — Charles Vermeire ; — Fr. Marchand, à fleurs oranges, serrées, floribond ; — Jules Hye ; — Président JSeUadUer ; {Flore, XIX, 26); Mad, Auguste Lemonnier, k très-grandes fleurs, vermillon hybride des B, Sedeni et rosaefiora ; — candidissima, à fleurs arrondies et d'un blanc pur.

Culture. On les empotera dès le mois de mars, si Ton veut, sur couche tiède, sous châssis, en vieux terreau; ils s'y établiront et seront prêts à être mis en pleine terre, en plein soleil, où ils trôneront de juin jusqu'aux premières gelées, auxquelles ils sont peu sensibles. On les gardera l'hiver à sec, sous 3M®, à la manière des Glaïeuls, etc.

NOTE SUR LA CULTURE DES BÉGONIAS TUBÉREUX ISSUS DES B. BOLIVIENSIS, SB DENI, etc.

PAR M. Malbt.

(Joum, de la Soc, eentr. d'horL de France, 1913, p. 572).

J'ai semé, cette année, les Bégonias le 1*' février, en terrines et en serre tenue de 12 à 15 degrés centigrades. Les graines commencèrent à lever vers le 20 du mémo mois. Il faut tenir les graines humides sans cependant arroser trop souvent, ce qui décomposerait la terre. Pour empêcher la perte d'humidité par Tévaporation, on peut couvrir la terrine avec un verre à vitre; mais dès que l'on s^aperçoit que les graines lèvent, il faut retirer ce verre et bassiner au besoin. La serre où seront ces semis devra être ombragée. Il faut, dès que les semis peuvent être repiqués, c'est-à-dire vers le 10 ou 15 mars, les repiquer avec soin dans de nouvelles terrines, à deux centimètres de distance. Vers le 15 avril, on les rempote dans des godets de 6 ou 7 centimètres et on les laisse dans cette même serre jusqu'à la fln d'avril, en aj&nt

soin de donner assez d*air pour empêcher que le thermomètre ne dépasse 20 cent. ; une plus grande chaleur tuerait les jeunes plantes. A cette époque, il convient de les mettre sous châssis ombragés avec des claies toutes les fois que le soleil luit, ajant soin de les retirer quand le temps est couvert. On les laisse à Fair, le jour et la nuit, en mai, à moins qu*il n'y ait apparence de gelée.

Vers la fin de mai, les gelées n'étant plus à craindre, on peut mettre ces plantes en pleine terre et en plein soleil, dans une terre douce et substantielle. Cultivées de cette façon , elles commenceront à fleurir vers le 15 juin, et continueront jusqu'en novembre, sll ne gèle pas. Pour être assuré d'en jouir plus longtemps, on peut sans inconvénient en relever de pleine terre des pieds qui ne se faneront même pas. Bien qu'il soit nécessaire d'arroser ces plantes, il ne faut pas les tenir trop humides, car je n'ai eu une belle végétation que par les temps secs ; les orages de juin en ont fait fondre quelques pieds. La terre qui convient pour ces semis est la terre de bruyère mêlée avec du sable blanc; mais, dès que les jeunes pieds de semis deviennent forts, il faut les mettre, si on les cultive en pots, dans une terre préparée ainsi qu'il suit : i/s de bonne terre de jardin, i/s de terreau de feuilles et i/s de terre de bruyère, à laquelle il convient d'ajouter un cinquième de gadoue vieille.

En novembre, dans les premiers jours ou même fin d'octobre, on laisse sécher la terre des plantes cultivées en pots et on arrache celles de pleine terre pour mettre les tubercules dans du sable sec et à l'abri de la gelée; ils se conservent en hiver sans aucun soin.

En mars ou avril suivant, on met ces tubercules en terre de bruyère, dans des godets de 6 centimètres, placés en serre à multiplication ou sous châssis, avec une légère couche de feuilles mêlées avec un peu de fumier, afin d'entretenir pendant quelque temps un peu de tiédeur. En mai, vous rempotez dans des pots plus grands, en terre préparée et vous conservez en pots ou vous mettez en pleine terre à la fin de mai, comme pour les semis. Les plantes se relèveront facilement. Je conseille la pleine terre ; les plantes y sont plus trapues et les fleurs bien plus colorées.

On peut multiplier ces Bégonias par boutures qui reprennent facilement en serre ou sous châssis, mais sans être étouffées ; autrement pourrissent. On ne doit pas faire ces boutures passé le mois

d'août, parce qu'alors les tubercules ne pourraient se former assez bien avant l'hiver pour repousser au printemps suivant. Il faut avoir soin, en faisant ces boutures, d'enfoncer un œil en terre, autrement les tubercules, quoique formés, ne repousseraient pas.

Je termine en conseillant de planter les Bégonias soit en corbeilles, soit en bordures, ces plantes ne venant pas à plus de 40 centimètres de hauteur. Dans quelques années, je l'espère, les Bégonias tubéreux serviront à l'ornementation des jardins, comme les Pelargonium zonale, et avec l'avantage d'être beaucoup plus faciles à conserver pendant l'hiver, puisqu'il suffit pour cela de les tenir dans un lieu sec et à Tabri des gelées.

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