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DES PLANTES DE PLEINE TERRE A FLEURS NOCTURNES

PAR M. LE D' D. Clos.

{Annales de la 8oe, d'Hort, de la ffauie-Garonne, 1873, page 153).

On a depuis longtemps constaté qu'un certain nombre de plantes

n épanouissent leurs fieurs qu'à rapproche de la nuit : dès le matin, ces fleurs sont flétries et tombent ou ne se rouvrent plus : < La nuit a ses flambeaux, ses acteurs et sa vie, » a dit poétiquement M. Lecoq. On connaît le majestueux Cierge du Pérou dont les boutons floraux

s'étalent vers sept heures da soir, la Ficoide à fleurs nocturnes (Mesemlnianthemum noctijtarum), le Silène nocturne, le Glaïeul triste, le Pélargonium et la Julienne de même nom, plantes aux fleurs ordinairement jaune sale.

Nos jardins ont donné droit de domicile à la Belle-de-Nuit (Mirabilis Jalapa) et à sa congénère à longues fleurs (Af. longifiora) s*épanouissant, comme elle, à la chute du jour.

Mais il est encore une plante noctiflore peu connue bien qu'ancienne, peu répandue et qui me parait digne de la même faveur que les deux dernières citées : c est le tabac à longue fleur [Pétunia longifiwa Cav.) annuel et originaire du Chili.

Les feuilles ondulées, les inférieures formant une rosette étalée sur le sol, les caulinaires s'atténuant de plus en plus et devenant lancéolées, puis linéaires, toutes d'un beau vert; des tiges dressées, très-rameuses, formant par leur ensemble un vaste corjrobe terminal dont chaque ramiflcation porte au sommet une fleur blanche, à corolle longuement tubuleuse avec un limbe étalé, blanc, à 5 divisions en étoile. Tels sont les caractères de cette espèce, dont les piedi mêlés à ceux de la Belle-de-nuit, feraient assurément un bien gracieux effet. On sait combien sont variées les fleurs de cette der^ nière Njctaginée, blanches, jaunes ou écarlates et se nuançant à rinflni.

A côté de ces plantes, alternant avec elles, prendraient place un certain nombre d'Onagres aux fleurs jaunes, telles que l'O. bisannuelle, rO. à longues fleurs, l'O. à tiges roides [Œnoihera iiriciajt toutes d'origine américaine, toutes tournant comme l'Hélianthe, leurs fleurs vers le soleil couchant, mais rustiques et d'un développement remarquable dans nos jardins. Et pourquoi n'y admettrait-on pas aussi la Julienne triste [STesperts tristis) d'Autriche et d'Italie, dont les fleurs d'un jaune verdâtre avec un réseau de veines violettes répandent, vers le soir, de suaves parfums?

Une plate-bande uniquement composée de ces fleurs nocturnes mériterait assurément d'avoir sa place dans les grands jardins d'agrément.

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