‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 148 sur 178 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

326 12 AOUT i847— 31 octobre 1852.

contre 28. Reculant devant une lutte ouverte avec ia Chambre populaire, le Sénat prit le même parti, par 32 voix contre 19. Le lendemain, la Belgique était gratiflée d'un système d'instruction publique dont on put dire avec raison : « Nulle part ailleurs on n'a constitué s>un enseignement avec une centralisation aussi forte, »avec des garanties religieuses aussi faibles, avec des ^dépenses aussi exagérées (1) » : réflexion d'autant plus juste que, par l'établissement du grade d'élève universitaire, l'Etat s'était ménagé le moyen d'exercer une pression constante sur toutes les écoles moyennes organisées en dehors de son influence (2).

L'impression produite par ce vole n'était pas encore calmée, lorsqu'un déplorable événement vint de nouveau suspendre les luttes politiques et réunir la nation tout entière dans la manifestation d'une pensée commune. La reine Louise était morte à Ostende, dans la matinée du H octobre.

Depuis plusieurs années, la reine portait le germe du

(1) Discours de M. Dechamps. Séance du 22 avril.

(2) Tous les évéques du royaume avaient adressé au Sénat une requête motivée, pour protester contre la partie de la loi qui leur déniait le droit d'intervenir, à titre d'autorité, dans l'enseignement de la religion. Cette prétention souleva bien des colères dans les colonnes de la presse libérale. Elle était cependant toute simple et toute naturelle. Où est l'autorité religieuse si ce n'est dans l'Eglise? — Les •cvèques ne tardèrent pas à trouver Vapprobation de leur conduite sur les lèvres du chef vénéré de l'univers catholique (Voy. l'Allocution du souverain Pontife dans le consistoire secret du 20 mai 1850, Revue catholique, 1850, p. 211).

M. H. de Bronckere, natre ambassadeur à Rome, s'était donné des peines infinies pour empêcher cette manifestation solennelle des sentiments du souverain Pontife. Tous ses efforts avaient échoué contre la fi^rmeté inébranlable qu'on rencontre toujours à Rome, quand les intérêts religieux se trouvent en cause.

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