‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 49 sur 178 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

ne recevaient aucun subside du trésor public. En comparant ces résultais aux. faits qui se passaient, à la même époque, en Angleterre, en France, en Hollande et en Prusse, on s'aperçoit que la. Belgique marchait à grands, pas vers la hauteur où s'étaient placées les nations les plus renommées pour le perfectionnement de l'inslruction, primaire (i). Et qu'on ne s'imagine pas que la libre concurrence, tout en multipliant le nombre des écoles, avait abaissé le niveau de l'enseignement. Pendant les deux, années qui suivirent la. révolution, iLy eut un. désordre momentané. Plusieurs communes, réagissant contre le monopole hollandais, supprimèrent les subsides portés, à leur budget. Une foule d'excellents instituteurs furent sacrifiés comme oraugistes. Mais cet égarement momentané, auquel les passions politiques n'étaient pas étrangères, fit bientôt place à. des idées plus saines &t plus équitables. Le mouvement de réparation. et de pror grès fut surtout sensible à partir de l'organisation provinciale et communale de 4836* A coté des écoles primaires modèles fondées par le gouvernement néerlandais et maintenues par le gouvernement belge, plusieurs cour seils provinciaux créèrent, soit des écoles normales proprement dites, soit des bourses destinées à fournir aux aspirants le moyen de puiser ailleurs une instruction convenable. On institua des jurys, des inspections, des

(1) Voy. les p. 99 et 575 à 39i, du rapport décennal présenté aux. Chambres le 28 janvier 1842, par le ministre de l'Intérieur. Bruxelles, Rcmy, 1842, in-8°. — Voy. aussi le rapport fait au nom de la section centrale de la Chambre des représentants par M. Decbamps, Moniteur du 21 août i842. M. Dechamps a établi une comparaison complète entre la Belgique et les Etats voisins. En France, la proportion des élèves à celui des habitants était de 1 à 11 1/2 ; en Prusse de 1 à 8, en .Aiu;letcrpe de 1 à 27 , en Hollande de 1 à 8, 50.

106 d3 AVRIL 1841 — 16 AVRIL 1843.

concours, des épreuves pouf les élablisscmenls subsidiés. Des efforts sérieux furent ainsi tentés pour le perfectionnement des méthodes, et TEtat eut soin de subordonner désormais son assistance à des conditions sévères. Enfin le clergé, toujours si dévoué aux véritables intérêts du peuple, n'était pas resté en arrière. Encouragé par les subsides du gouvernement, il avait établi des écoles normales à St-Roch, à Bonne-Espérance, à St-Trond et ailleurs. Partout régnaient l'activité, l'émulation, la vie, le progrès (1).

Quand on jette un regard sur ce tableau déjà si bien rempli, on hésite d'abord à admettre la nécessité de l'intervention du législateur; mais, quand on pénètre au fond des choses, on ne tarde pas à se convaincre des avantages d'une loi organique de l'enseignement primaire. L'arlicle 17 de la Constitution exige que la loi règle elle-même l'enseignement donné aux frais de l'Etat, et il est difficile de ne pas comprendre sous cette dénomination l'enseignement donné aux frais des provinces et des communes. Les prescriptions constitutionnelles, toujours si importantes et si respectables, n'étaient pas complètement observées: des ordonnances provinciales et locales réglaient ce qui devait été réglé par la loi. D'un autre côté, il n'était pas inutile d'introduire l'uniformité dans les efforts tentés par les provinces et les communes.

(1) D'après des rensftigncmoDts communiqués aux Chambres, sur la situation des écoles au 31 décembre 1841 , 2,923 instituteurs suivaient la méthode d'enseignement simultané, 606 la méthode d'enseignement mutuel, et 2,003 la méthode d'enseignement individuel; mais M. Dechamps a fait la remarque qu'on avait eu le tort de comprendre, dans ce dernier chiffre, ceux qui employaient une méthode mixte et ceux, assez; nombreux, qui n'avaient pas fait connaître leur méthode.

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