‹ La Belgique sous le règne de Léopold IerChapitre 86 sur 178 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

flOUTElENT POLITIQUE.— LE GOKGBËS UBÉRAL.

ft830 et ISiG. — La laite a remplacé l^nion. -^ Causes de cette trans^ formation politique du pays. — Influence exercée par la Bévue nationale. — Plan d'opposition conçu par M. Devaa<x. — Attaques violentes dirigées contre ks ministres. -^ Négation des droits de la majorité des. Chambres. -> Le pays rntelligent. — Les membres de la- législature classés en deux catégories. — L'union de 4850 placée parmir les réve-ries politiques. — Les catholiques priés de se contenter du rôle de minorité permanente*. —L'agitation-du camp libéral invoquée comme un titre à. la possession du pouvoir. — Inconséquences et contradictions de cette polémique. — Attitude du corps électoral. — Les orangistes et les radicaux se rallientà la bannière libérale.-*- Intervention, active de Tordre maçonnique. — Extension et doctrines des loges. — Un discours du vénérable de la loge de Gand.-^Iiouveaux naoyens de propagande. — Emeute de Vcrviers. -^Violences de la presse. — Lft^ politique libérale dans les feuilletons des journaux. — Le Juif errant, — Médaille de reconnaissance votée à Eugène Sue. — Les associations, politiques. -^ Le Congrès libéral. -^Composition, doctrines et résolutions de cette assemblée. — Lettre du roi Louis-Philippe au roi Léopold. — Gravité de la situation. -^ La propagande libérale est reprise aveo une vigueur inusitée. — Doctrines étranges sur les privilèges et la. dignité de l'Etat -^ Mobile secret de cette espèce de cuite. -« Découverte de griefs nouveaux. — Les catholiques accusés d'avoir dissipé les ressources financières du pays. -^ Les économies et la^.réforme des. impôts promis au nom du libéralisme. -^ Les préparatifs du combatélectoral de 1847. —Victoire de l'opinion libérale.

Quinze années se sont écoutées depuis le jcMir mémo-r rable où les membres du Congrès national, entourant le trône du premier roi des Belges, proclamèrent l'achèveQ>eat de leur tache patriotiq[ue, aux applaudisse-

menïs de tout un peuple qu'ils venaient de doter des institutions les plus libérales de l'Europe. Fière de son indépendance noblement reconquise, forte de l'union de tous les hommes dévoués à la cause nationale, la Belgique rentrait dans les voies constitutionnelles avec l'espoir et la volonté de s'affranchir à jamais de ces luttes dangereuses qui, à moins d'un demi-siècle de distance, avaient remplacé les élans du patriotisme par les querelles des partis, la victoire par la défaite, l'indépendance par la conquête étrangère (1). Quelques voix discordantes disaient que l'Union de 1830 était une trêve passagère, une ligue sans avenir, un accident produit par la domination étrangère et destiné à disparaître avec elle; mais ces protestations isolées ^ sans écho dans les masses , rencontraient une réprobation unanime dans toutes les classes ralliées à la rovauté constitutionnelle. Catholiques et libéraux, citoyens et soldats^ magistrats et peuple, tous voyaient dans l'ai-, iiance des deux grands partis nationaux un progrès marquant dans la vie politique des Belges..

A l'époque où nous sommes parvenus , le regard de l'historien rencontre un tout autre spectacle! A la tribune, dans la presse, dans les villes, dans les campagnes, dans l'administration, dans l'armée, partout se manifestent les symptômes d'une lutte acharnée et sans relâche. Un parti puissant, actif, plein de vigueur et d'audace, se lève à la fois contre le gouvernement et contre l'Eglise. Enhardi par les. succès incessants de

(1) On n'a qu'à se rappeler les querelles des partisans de Vonck et do Van der Noodt, qui amenèrent la triste issue de la révolulioa du dernier siècle.

Page 1