Louise, le marques
LOUISE
Pas du tout, monsieur... entrez donc.- Vous avez chassé?
Au marais, mademoiselle, — pendant six heures, — et voilà trois canards sauvages, dont une bécassine, que je dépose à vos pieds... puisque vous aimez le gibier et que vous me permettez d'être votre pourvoyeur... (vidant son carnler nui pieds de Louise.) Un, deux, trois, cela fait cent, mademoiselle... A un franc le canard : cent francs; reste cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cents francs que j’ai l’honneur de vous devoir.
LOUISE, souriant.
Ne pensez donc pas à cela !
LE MARQUIS
Comment voulez-vous que je n’y pense pas ? Ces deux cent mille francs dont votre frère m’a fait cadeau sont mon cauchemar. Quand je l’ai su, je les avais déjà donnés à ce couvent... et il eflt été assez inutile de les lui redemander, vous pouvez croire!... Le peu qui me restait, vingt-cinq mille francs environ, je l’avais placé en rentes viagères... Vous qui êtes un parfait petit notaire, mademoiselle, vous savez ce que cela veut dire... Par conséquent, aucun moyen de restituer... Je suis forcé de m’acquitter en nature... des fruits de mon industriel
LOUISE
Vous vous tourmentez de bien peu de chose. Je voudrais n’avoir pas de préoccupation plus grave, moi...
LE MARQUIS, i^rieui.
Toujours le frère?... 11 ne se console pas?
LOUISE
Moins que jamais... Sa santé s’altère... sa raison même m’inquiète par moments, vraiment... Vous voyez, il veut que tout soit ici comme autrefois... comme si elle devait y rentrer demain 1 (i.e marquis secoua la tâte sons répondre.) VoUS aVCZ VU VOtrO SŒUr récemment?