‹ La belle au bois dormant drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 146 sur 146 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

LE COMTE, pendant la foule.

Eur ici, ma mèn», la voici!...

LA COMTESSE, suivie du vicomte, à Blanche.

Ma cousine, je suis sincèrement ravie de vous revoir parmi nous. — J’aurais néanmoins bien des choses à objecter... Mais je m’incline devant les desseins de la Providence, même quand je n'ai pas l’avantage de les comprendre... Où est- il? (BUnchoiui montre Georges.) Alloiis, il n’est point vilain cavalier, c’est quelque chose.

GËOKGKS, à Pigois qui se tient à l'écart.

Allons! approche donc!... (Pigois est & la tête des ouvriers de l’usine qui inondent l’atelier. Presque tous portent des fleurs et des feuillages cueillis à la bète. Une partie va se grouper sur les échelles, les échafaudages, les charpentes, comme des matelots suspendus dans les agrès d’un navire.)

PIGOIS, tenant un bouquet et s'approchant de Blanche avec un embarras ému.

Mademoiselle Blanche, c’est moi, Pigois, le plus ancien contremaître de l’usine, qui viens, au nom de tous mes camarades, vous dire que vous êtes la bienvenue au milieu de nous, mademoiselle... car nous savons aimer ce qui est beau... honnête et bon comme vous... Et |)uisque les danses et les chansons vous plaisent, eh bien Ion chantera et on dansera... Et puisque vous aimez les fleurs, mademoiselle, en voilà ! (u luj oirre son bouquet.)

BLANCHE, prenant lo bouquet et d’unu voix très-émuo.

.Mon ami, je suis bien touchée... Prenez ma main. (Eiie lui utd

sa main.)

P I U 0 1 S , n’osant la prcnjri- et regardant Georges pendant que tous les ouvriers observent cette scène avec une ardente curiosité.

GEORGES

Prends-la donc, puisqu’elle te l’offre!

PIGOIS.

Sa main... à moi !... (II saisit la main de Blancbo et crio avee émotion.) Vivo mademoiselle Blanche! (tous los ouvriers répètent lo vivat arec en traînement, et Jetloqt des Heurs aux pieds de la jeune Hile.)

GEORGES, avec Ame.

Oui, mps amis... remerciez-Ia bien... Saluez avec fierté, avec amour, celle qui vous donne sa main i<our ctfacor entre le passé et le présent toute haine, toute rancune, toute distance... pour mêler ses vertus aux vôtres... sa noblesse à la vôtre... et no plus laisser qu’une famille sur le sol béni de la j)atrio! (i.c» ouTriers et les pnysens

poussent des vivat.)

LA COMTESSE, effurce, au milieu de ce tumulte.

Lr fin du monde ! (Lest ouvriers laUsent tomber une pluie de fleurs et de feuillages aux pieds de Blanche. I.c ch<i*ur des paysans se mêle aux crii des ouvriers. Au loin, les cloches sonnent un carillon de fête.

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