‹ La belle au bois dormant drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 38 sur 146 · PREMIER TABLEAU · texte numérisé non relu

PREMIER TABLEAU

. AU CHATEAU DE CiUY-CHATEL.

l'n grand üaluii deü premiors tempH de in renaissaoce, rappelant encore U moyen Age pur quelques détails d’arrliileclure. Beaucoup de vieux meubles, bnlitiLs, dressoirs : vieilles faïences pleines de Heurs, l'ortraits d'ancétres. Gronde clieminéc à gauche, le solon s’ouvre de ploin-pied sur le pure par trois larges portes en arcades qui laissent apercevoir les vieilles avenues sombres, süus lesquelles le soleil jette quelques rayons; le vitrage des serres, l?s pelouses, les étangs, toute la perspective d'un parc seigneurial.

SC K N 11 PHKMIKRE.

BLANClllî, TINA, GHNKVIÈVli, JKANNICK, ANNE, HOEL au dehors, puis LL MAliQLIS.

(illanclic est assise, à droite, sur un grand fauteuil sculpté et blasonné A ses armes; elle travaille à une tapisserie dont les plis tombent sur ses pieds. Tina et Geneviève, jeunes ülles portant le costume breton et lo coifTe, sont assises prés d’e^e : toutes deux ülent lu quenouille, qui est retenue obliquement à leur côté par un anneau oUnchc à une triple chaînette d’or, la chaînette est agrafée sur l’épaule gauche. — Anne, vieille femme, aussi vêtue du costume national, est assise à droite uu peu en arriére, et tricote. ~ Jeonnick, jeune gan;on de dou/c A treize uns, portant un costiiiie breton d'une élégance recherchée, est assis sur une pile de coussins à gauche. Au lever du rideau, il achève de chanter, sur un air lent et triste, une chanson dont

ACTK DKUXIÈMt:.

on nVntend que le refroin. — Au dehors, dans le pare, lioel est appuyé coDlrc un arbre et semble rércr douloureusement. U tient un fusil.) ^

JEANNICK, achevant sa chanson.

Dormez, ma sœur... voici lu nuit...

Les pleurs du ciel tombent sans bruit.

BLANCHE

Elle est un peu sombre, ta chanson, Jeannick... cl puis, le st'ii.s en est un peu obscur, il me semble... Elle est nouvelle, dis?... Oui te l’a apprise ?

JEA.N.MCK.

51on grand-père Hoël, ce matin.

BLANC 11 E

Il a chassé dans le parc aujourd’hui, ton grand-père, n’est-ce pas?

JEANNICK.

Oui, mademoiselle. (Lc marquis paraît au fond et dit quelques mots h Hoël, qui hoche la tête tristement.)

BLANCHE

Veux-tu me redire ledernier couplet?... J’étais un peu distraile.

(Lo marquis entre ou moment où .l'enfunt eomnience à chanter. Il s*om’le, appuyé contre la porte ouverte, et écoute la ballade avec un air d’intérét douloureuv. — Jeannick s'est levé, et, après s’étre incliné devant Blanche, il chante.)

JEANNICK, chantant.

Si VOUS pouviez, ma bien-aiinéc,

Comme aux légendes d’autrefois,

Sur une couclie parfumée,

Sur les fleurs d’or au fond de,s bois,

Dormir toujours jeune et charmée!...

Sur les fleurs d’or, au fond des bois,

Vous n’irez plus, ma bien-aimée !

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