ACTE DEUXIÈME
LA COMTESSE, souriant amèrement, au comte.
Comme on les trompe!... (nam.) Eli! diles-moi, jeune liomme, quel est l’esprit de l’armée?
YVON
L’esprit de l’armée, madame la comtesse?
LA COMTESSE
L’esprit de l’armée, sans doute... quand on vous traîne au bout du monde... en Chine, par exemple... êtes-vous satisfaits?
YVON
Très-satisfaits, madame la comtesse, très-satisfaits... parce que, vous savez, on aime à voir du pays... et puis, voyez-vous, la Chine n’est pas un endroit triste... nous y avons même joliment ri, je NOUS assure... il y a là des particuliers extrêmement divertissants... les militaires surtout, qui ont des robes jaunes avec des singes peints sur l’estomac et dans le dos... et des arbalètes du temps du père Adam! Tenez, madame la comtesse, moi, j’ai été ble.ssé en Chine... Eh bien! jamais je n’ai tant ri... Savez-vous ce que je regus là, dans l’épaule ? — Une flèche, madame la comtesse, pareille à celles que nous faisions autrefois, .M, le vicomte et moi, pour tuer les moineaux... une flèche qui m'entra par ici (ii momre une épnuie.J et qui me sortit par là... Ah! non, jamais je n’ai tant ri, ma parole d’honneur! (ii ru.)
LA COMTESSE, bas au comte.
Il est à moitié imbécile. (Haut et se levam.) Donnez-moi le bras, mon fils, je désire faire un peu d’exercice. (Passant devant rvon.) Enchantée de vous avoir vu. jeune homme.
YVON
C’est bien réciproque, madame la comtesse, certainement, (ii
passe h droite.)
LA COMTESSE, au comte.
Ils l’ont abruti! (EUe son h gauclie avec le comte.)
LA BELLR AU BOIS DORMAIT