ACTE TROISIÈME
lignes à M. Morel, pour le prévenir que je serai à sa disposition demain à l’aurore... Voilà!...
LE VICOMTE
Ah! vraiment, mon cousin, je suis tout ému...
LE MARQUIS
Voyons... ne nous attendrissons pas, n’est-ce pas, mon bon Charles! Je vous ai fait demander parce que je ne puis bouger, moi, en attendant sa réponse... Or. j’ai besoin d’étre assisté dans ce duel... vous ne pouvez me servir de témoin, vous...
LE VICOMTE
Pourquoi donc, mon cousin?
LE MARQUIS
E.«t-ce que l’odeur de la poudre ne vous incommode pas?
LE VICOMTE
Bah! mais je l’adore !
Vraiment? Tiens! bravo!... Eh bien! je vous prends pour mon premier témoin, cousin... seulement il m’en faut un second... plus mûr!... Pouvez-vous pousser ce soir jusque chez Kervily... et lui porter ce billet?
LE VICOMTE, «nimi'.
Certainement... Je vais prendre la vieille jument de Plévin... j’y serai dans une heure. — Ah! diable, diable! voilà une aventure, par exemple !
LE MARQUIS
Merci, cousin... Pas un mot chez vous, bien entendu... Ah! priez Kervity d’apporter ses pistolets, n’est-ce pas?
LE VICOMTE
Ses pistolets?... bien!... (Troublé et agréablement agité, prenont les main» du marquis.) Ah! cousin, soyoz tranquille... allez!... s’il vous arrivait malheur... moi... pour l’honneur de ma cousine...
LE MARQUIS
Eh bien! mais... cela ne me consolerait pas du tout, vous savez, mon bon Charles.
LE VICOMTE, eiBllé.
Moi, ça me consolerait!... C’est-à-dire... non... pardon!... je veux dire... ça me ferait plaisir!... A revoir, cousin! (ii son.)