‹ La belle aventure: comédie en trois actesChapitre 55 sur 55 · GOUFFÉ JEUNE · texte numérisé non relu

GOUFFÉ JEUNE

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LA PETITE ILLUSTRATION

LES LIVRES & LES ÉCRIVAmS

His oi e.

<9>^ Ils continuent d'être bien intéressants, ces Mémoires du comte Roger de Damas, dont M. Jacques Rambaùd vient de nous donner un second volume (7 fr. 5o). Des premiers chapitres relatifs à la Russie, à Farmée de Oondé et à la cour de Naples, s'était dégagée la phj^ionomie originale et de beUe allure du paladin de la guerre turque, du champion des Bourbons de France et de Sicile, spirituel et vaillant compagnon en même temps qu'observateur prime-sautier des hommes et des choses de son époque.

Les derniers papiers, aujourd'hui publiés, du comte Roger de Damas se rapportent à son séjour en Autriche, depuis son départ de Sicile jusqu'à la veille de sa rentrée en France avec les princes. De Vienne, comme de a la meilleure des loges », il assiste aux événements et juge l'Epopée avec une impartialité méritoire, non exclusive d'une certaine admiration. Son journal d'exil est un document strictement contemporain ; il captive par la variété piquante des portraits et des anecdotes, par la spontanéité des impressions que justifie bien souvent la suite des faits, par le tableau fidèle et mouvementé de la société autrichienne, russe ou polonaise qui passait dans cette ville cosmopolite, et du monde officiel, militaire et diplomatique. Représentant, en quelque sorte officieux, de la reine Marie-CÛrolîne à Vienne, l'ancien général de Xaples a reçu de la sœur de Marie-Antoinette des lettres particulières qui voient ici pour la première fois le jour et complètent Topinion portée par lui sur le caractère véritable de la princesse. Enfin d'autres documents ont été donnés en annexes, concernant notanmient l'armée de Oondé et le mouvement royaliste de 1815 dans l'Est.

'<^>*' M. Paul Fould évoque, d'après des mémoires inédits, la physionomie -d'un diplomate trop ignoré ou trop -oublié et dont le rôle important an dix-huitième siècle était bien à tort, jusqu'ici, demeuré dans l'ombre. Ce diplomate est Louis -Auguste Blondel qui, aussitôt après ses études juridiques et politiques, accompagna M. de Nancré en Espagne, où il vit de près les intrigues d'Albéroni. Il suivit le comte de Senneterre à la cour de George I*' d'Angleterre, qui se trouvait à Hanovre, et put pénétrer au coeur de la société de ce pays, surprendre maints secrets, connaître maintes négociations délicates. A la cour de Savoie, il devint le confident •et l'ami du malheuieuz Victor-Amé-

dée, l'aïeul de Louis XV, fut le témoin impuissant de son infortune et en démêla mieux que personne les véritables causes. Envoyé à la cour électorale de Mayence au moment de la vacance du trône de Pologne et à la veille d'une guerre avec l'Autriche, il y occupa une situation de premier plan. En 1740, il y fut adjoint au maréchal de Belle-Iale, à Francfort, dans l'ambassade de l'élection, au lendemain de la mort de l'empereur Charles VL

Les papiers et la correspondance de Blondel {Un diplomate cm dix-huitième siècle. Pion. 7 fr, 50) abondent en observations ourieuses sur la politique de la France, sur les mœurs et sur la vie de oour et de salon à cette époque. Us viennent heureusement combler une lacune de l'histoire diplomatique de notre pays, et les nombreuses anecdotes qui les agrémentent sont racontées sans apprêt, avec un très agréable abandon.

^>^ M. Emile Faguet nous restitue dans un ordre clair et en traits pré cis, et bien attachants, la figure de Mgr Dupanloup (Hachette 7 fr. 50) qui était restée un peu brouillée devant les yeux des nouvelles générations, comme celle de tous ceux qui ont été mêlés aux luttes de la politique. Or, C3tte étude de la vie de Mgr Dupanloup est une splendide et — on le sent en toutes les pages — très sincère apologie de ce prélat, de ce père, qui, « grand moraliste, grand pédagogue, brillant orateur, admirable polémiste, philosophe peu profond mais clair et persuasif, impeccable, honnête homme désintéressé dans ses idées eonune dans sa vie, reste un de ces hommes qui ont honoré hautement leiu* état, leur Eglise, toutes les idées qu'ils ont soutenues, et leur pays ».

<^><i' Deux monographies, que publie l'éditeur Emile-Paul, nous offrent de précieux documents pour l'étude de la vie des familles françaises en province pendant les grandes convulsions qui bouleversèrent notre pays à deux siècles de distance.

L'un de ces volumes, les D'Âlègre, « récit du temps des troubles, seizième siècle 4 (7 fr. 50) nous est présenté par M. Pierre de VaÎBsières, à qui nous devons déjà, avec d'autres scrupuleux ouvrages documentaires, une captivante étude sur Quelques assassine du seizième siècle. — Le second ouvrage : Mémoires de M^^ Vallon^ publiés par M. Guy Trouillard, archiviste paléographe (3 fr. 50), nous jette en pleine Terreur, dans le département de Loir-et-Cher.

<^>4' Sur l'Epopée et le personnel impérial, trois publications récentes sont à signaler :

C'est d'a)x>rd le tome huitième des

Lettres et DocumerUs pour servir à rhistoire de Joachim Murât, publiés par S. A. le prince Murât, avec une introduction et des notes de M. Paul Le Brethon (Pion. 7fr. 5c), papiers et correspondance qui sont relatifs au royaume de Naples en 1809 et

La seconde de ces publications est le livre du commandant Jean de La Tour, sur Duroc, duc Frioul, grand maréchal du palais imf sériai (Chapelet.

3 fr. 50), l'ami, le confident de, Napoléon, le seul qui paraît avoir eu son entière confiance et qu'il pleura devant ses grognards sur le champ de bataille de Wùrschen.

Enfin, M. Gailly de Taurines consacre un livre à la Reine Hortense en exil (Hachette), d'après des documents inédits tirés des archives des Affaires étrangères et des archives de la police générale. Il nous parie, en de captivants chapitres, du retour de Waterloo, des visites de Chateaubriand et de Dumas à Arenenberg, de la rencontre de M™® Réccunier, de Féchauffourée de Strasbourg, de la triste agonie enfin de cette femme si douce, tendre, gracieuse, qui, si nous en croyons M. Gailly de Taurines, ne prit jamais très au sérieux son éphémère couronne, a et n'eut d'autre ambition que de régner par la grâce, la bonté et les arts >.

Économie sociale*

<<>&» La crise de l'apprentissage est une des questions qui préoccupent le plus gravement tous ceux qui souhai* teraient de voir la France conserver toujours la supériorité qu'elle eut si longtemps sur le monde entier» dans le domaine des a ts décoratifs et des industries de luxe. Hélas ! le péril, que dénonçait déjà l'Assemblée nationale de 1848, n'a fait, depuis^ qu'empirer.

Jusqu'où remonte la faute initiale ? A la Révolution, sans doute.

Mais quelles causes ont précipité une décadence qui s'accentue ? Quels remèdes pourrait-on apporter à un mal déjà bien profond ? C'est oe que, au moment où le Parlement avait à examiner plusieurs projets de loi tendant à réorganiser l'apprentissage et l'enseignement technique, M. Guillaume Janneau avait imaginé de demander à un certain nombre de personnalités compétentes, artistes, industriels,hauts fonctionnaires. Les résultats de cette enquête aussi intelligente que consciencieuse, publiés par le Temps, avaient été remarqués. M. Guillaume Janneau a eu une heureuse inspiration en les réunissant en un volume :

V Apprentissage dans les métiers d'art (Dunod et Wnat. éd.). C'est une précieuse contribution à la préparation des projets à l'étude.

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