ROSIT
Le chagrin passe. Le profit dure.
ZAMET
Le roi aime fort la marquise.
ROSNY, comœr t bn-inlme, (a pmunl dcntil Zarnel.
Tropl Elle est bonne, il finira par s’attacher. J’aimerais mieux ores de lui un de ces diables féminins assez charmant pour plaire vile, assez met haut pour être congédié plus vite encore. 11 faut têt ou tard que le roi se remarie, n'est-ce pas? Et si l'on cherchait bien en Europe, nu trouverait-on pas une princesse jeune, belle, riche? — Eh! mon Dieu! à Florence, sans aller plus loin.
ZAMET
A Florence!
ROSNY
Votre jeune duchesse. Marie de Médicis, une merveille, dit— ou... N’avez- vous pas, chez vous, sa sœur de lait, Léonora, la devineresse?
ZAMET, A port.
11 sait tout.
ROSNY
Ali ! monsieur, celui qui aiderait à délivrer le roi honorablement, celui qui négocierait une bonne alliance, celui-là, le liton marquis, auc ou prince, ce qui ne manquerait pas d’arriver, celui-là, dis-jc, ne serait pas payé en proportion de son service.
zaMLT, h r*n.
Voilà un mot bon à retenir.
ROSNY
Madame la marquise!... (u ir»™n« u gaierM pour aller a «Ur.j
ZA'AEr, à part.
Ce n’est pas lui qui l’empêchera dé partir! {u »'iociiw t ffw«,
4a la Mirqaii* rt ta licol V IVe.n }
SCÈNli 11.
Les Mènes, GABRIELLE, c» baba 4e rc^g,.
Bonjour, messieurs... Ah! monsieur de Rosny!
ROSNY
Vous devinez lo but de ma visite, madame, et aussi ma harangue?
CABRI ELLE
J’)' réponds, je crois, avant de l’avoir entendue. Voy<*z; un habit de voyage, des mules qu'on attelle... je pars.
ROSNT.
Vous compromettez le repos du roi, son bou heur.
Je les assure.
ROSNY
Le coupable demande grâce, et vous refusez. 11 vous accusera de rigueur.
Est-ce moi que je venge? Est-ce lui seul que je punis? Voyez donc, monsieur, mes yeux brûlés par l’insomnie et les larmes. Ce n’est ni la vanité blessée, ni l’ég' me, qui les fait jaillir, res larmes douloureuses; j'ai de plus nobles sentiments, j r ai du plus graves soucis!... Ma conscience n'est plus tranquille!... Le rui m'avait confié son bonheur, il m’avait confié sa vie... Eh bien! forcé de se cacher, comme si je l'épiais, il sort furtivement du Louvre; il court seul, sans défense, ce sombre Paris, ou conspirent tant d’ennemis acharnés, ou s’agitent tant d’obscurs assassina. Si vie en danger! par moi! parce qu’il a besoin de se dérolier à ma surveillance! Celte vie précieuse mise à la merci du premier bandit, qui, pour arracher une bourse, ouvrira le cœur du roi, ce cœur par lequel respire loule la France!
ROSNY
Il est vrai!... U est vrai!
GABRIEL»
Tout, plutôt que cet affreux malheur!... Je me sépare du roi l'aimant d’une très-lendreamitié... Jula lui prouve, celte amitié, par nu lés dation même. Ici, bien des gens lui reprochent ma présence et son esclavage... On l'obsède parce que je gène!... Oh! monsieur de Rosny, vous qui êtes honnête homme, oseriez-vous me démentir?
ROSNY
Ce n’est pas vous, madame, qui gênez, c’est...
CASRILLvK.
C'est la maîtresse du roi! Je n'ai pourtant pas été gênante, j’ai tenu bien peu de place, à côté du trône!... Souhaitez que jamais une autre n’envahisse plus que moi!... Adieu, monsieur de Rosny ; dites bien au roi que je le perds pour avoir été loyale amie. Il inc remplacera, mais ne me retrouvera pas... Je fus douce au pauvre peuple, qui ne maudira pas ma mémoire... Adieu. Je vous remercie de m’avoir assez estimée pour m’épargner d hypocrites protestations]
ROSNY
Ce n’est pas de l’estime, madame, c’est un respect profond que vous m’inspirez, (n riediur.) Pardonnez-moi 1
Oui, oui...
ROSNT.
Je vais donc rapporter à Sa Majesté que je n’ai pas réussi à vous retenir?
Allez. Seulement ne vous vantez pas trop de la pciuo que vous vous été* donnée... {au valet*.) Mon carrosse.
RO»N¥, A Péri.
Sa vengeance est douce comme elle, (il t'ieciiae ei va p*er «on>>.)
ZAMET, A («rt.
Elle partira!