C A ARLES
On dit qu'il l'a aimée ?
M. DUVERSIN.
Je le sais., après ?
CHARLES
Après, après.'.' et s'il l'aimait encore., s'il osait le lui avouer., si cette lettre contenait la preuve de sa tendresse?.
M. DUVERSIN.
Il se pourrait !
CHARLES
Oui, mon père., voilà ce que je n'osais vous dire
Maintenant vous pouvez voir par vous-même.. m. duversin , prenant la lettre, et lisant V adresse. C'est bien cela.. A madame Duversin..
( 77 sonne. )
CHARLES
Il est des circonstances où Ion peut vérifier... où il est
permis de s'assurer.... Enfin, mon père, puisque vous savez...
m. duversjn, a un domestique qui entre. Tenez , portez celle lettre à ma femme.
( Le domestique sort. )
CHARLES
Comment , mon père , vous l'envoyez ?
M. DUVERS1N.
Air : Un jeune page aimait Adèle. Monsieur , je pense au fond de l'âme, Qu'il est encor des vertus... et j'y crois. Du moins jusqu'à présent ma femme De me tromper n'a pas encor lés droits ; Car jusqu'ici je n'ai rien fait moi-même
Qui méritât un tel oubli ;
Mais soupçonner celle qu'on aime ,
C'est mériter d'être trahi.
CHAULES.
Et si mes soupçons étaient fondés?... si le colonel était aimé... Si ce soir, un rendez-vous?..
M. DUVERS1N.
Charles, taisez-vous., je ne croyais pas crue chez vous la haine pût aller si loin.
CHARLES
Quoi! vous m'a^cu^ez de calomnie!.... Eh bien! c'est vous qui me forcez à parler... Oui, je l'ai vu... je l'ai entendu... je le jure... je le jure, sur 1 honneur.
M. DUVER61N.
O ciel !
CHARLES
Et si vous voulez, je puis vous rendre témoiu d'un entretien...
M. DUVERSIN.
Ecoute... j'aime ma femme... jel' estime; et oser douter de son amour, est un crime que ie ne pardonneiais ni à moi, ni à qui que ce fut... Mais je veux te confondre... j'accepte: et souviens-toi bien d'une chose — Si tu me trompes... si tes soupçons étaient injustes... je te chasse de ehez moi... je ne te reverrai jamais.
CHARLES
Mon père., je me soumets à tout.