‹ La belle-mère; comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 7 sur 25 · SCÈNE Vï · texte numérisé non relu

SCÈNE Vï

ÉLIS A, CHARLES, CLAÏUE, JULES, Mlle TtJKPIN.

{Jules va au- devant d'Êlisa/et prend son chapeau qu'il met sur la table}.

élisa, a Charles.

Monsieur, combien je vous remercie...

CHARLES

Ma fœnr, Mlle de I nssan... je l'aurais deviné, rien qu'au trouble de mademoiselle, lorsqu'elle a appris que mon père n'y était pas (à Elisa). Mais rassurez-vous j nous sommes les cnfans de M. Duversin... voici mon frère Jules... ma soeur Claire.

CLAIRE

Qui vous attendait avec impatience.

ÉLïSA.

Et Mlle Turpin, sans doute?.. Une demoiselle très-respectable.

aille. Tunrm.

Mademoiselle... (à part). Elle est charmante, cette jeune personne!

ÉLISA

Quant à M. Charles, je l'ai reconnu tout de suite... on m'a si souvent parlé de toute la famille.

CLAlfiE.

Oui, Mad. GermeuiL qui vous envoie.

La Belle-Mère. a

Elle-même... et il me tardait bien de vous voir.

CLAIRE

Et moi donc!., j'en avais grand besoin.

JULES

Car dans l'état de tyrannie et d'oppression où nous sommes...

CLAIRE

C'est quelque chose qu'un allié déplus..

ÉLISA

Eli ! mon Dieu! qu'est-ce donc?

CLAIRE

Est-ce que ma tanie ne vous a pas dit?., est-ce que vous ne savez pas que nous avons une belle-mère?

ÉLISA

Ali! oui. ..> votre belle-mère!

Mlle TURPIN.

Dites donc une marâtre.

ÉLISA

C'est donc une bien méchante femme?

CHARLES

Une intrigante, qui vient ici pour nous désunir.

JULES

Qui donne de mauvais conseils à mon père.

CLAIRE

Et qui veut être seule aimée de lui.

JULES

Oui., mais, en revanche, nous ne l'aimerons guère., voyez-vous.

ÉLISA

Oh! ni moi non plus. ..et d'après ce que vous me dites là... je la déteste déjà de confiance... et sur parole.

CLAIRE

Vrai!.. eh bien! tenez, embrassons-nous., car j'en mourais d'envie. {Elles s embrassent) .

Mlle. TURTIN.

Bravo... j'ai vu tout de suite que nous serions d'accord contre l'ennemi commun, car c'est moi qui ai formé la coalition.. Us n'y pensaient seulement pas.

ÉLISA

Ali ca!.. il y a doue des niolifs bien graves?., des choses..

JULES

Des choses affreuses.

élis a.

Quoil vous croyez qu'elle est capable?

Mlle. Tuni'iN.

Elle est capable de tout.. Tenez, ne voilà-t-il pas mademoiselle à qui elle a enlevé un amant.

Un amant! et lequel? car on dit que votre belle-mère avait quelques adorateurs.

Mlle TURPI1V.

Quelques adorateurs!... vous êtes bonne., jesnis sur qu'il y a mieux que cela.. Et puis ne voilà t-il pas monsieur, le fils aîné de la maison, qui, n'osant plus avouer sesétonrderiesà son père, a pris le parti de s'engager sous le nom de Chai les, dans le 5e régiment de chasseurs , et qui part demain pour Strasbourg.

CHAULES.

Mademoiselle Turpin!..

JULES

Et ne voilà-t-il pas que moi , qui espérais rester a la maison , libre avec un précepteur , elle va me faire retourner au collège; mais je ne lui pardonnerai de ma vie., aussi quand vous êtes arrivée, nous conspirions.

ÉLISA

Une conspiration !.. c'est charmant !... j'en veux être aussi.

CHARLES

Sans doute , vous en serez ...

Mlle. TURPIN.

Parce que d'abord , il faut qu'elle ou moi sorte de la maison.

élisa , souriant.

C'est trop juste.

claire.

Oh! d'abord, mon père vent que je paraisse au bal ; mais

j'y serai triste , ennuyée... je ne veux pas dire un mot de toute la soire'e.

ÉLISA

Vous avez raison... il sera bien puni.

CHAr.LES.

Pour moi, je suis fou delà danse, on le sait... eh bien! je ne danserai pas... mon père aura beau se fâcher... il n'y a pan de loi qui force uu mineur à danser.

LLISA.

C'est cela, ne dansons pas.

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