DARCY , GÉRARD , DUCHEMIN , ÉLISE
DARCY
Elle n'est en ces lieux (jue d'hier.
Et déjà ma maison est changée en enfer!
GÉRARD
Croyais-tu par hasard, dans ton erreur grossière, Trouver le paradis près d'une belle mère? De \otre autorité tous les deux dépouillés, A chaque instant du jour blessés, humihés. Divisés entre vous , ou brouillés avec elle , Vous aurez en ces lieux une guerre éternelle. Préférerez-vous donc un tel sort au bonheur Dont ce matin encor vous goûtiez la douceur ? Si vous berçant d'espoir et d'illusions folles, Vous vous laissez séduire à de ilouces paroles, Vos yeux à tous momens verront s'évanouir Ce bonheur désiré dont vous croirez jouir. Toujours nouveaux débats suivis de paix nouvelles, Un calme passager et de longues quc^relles. Voilà votre avenir. Les racommodements Perdent bien de leur charme à devenir fréquents. Moi , je les aime assez, maisc'est quand ils sont rares. Et je fais peu de cas de ces amis bizarres , Toujours brouillés, et prêts, dans leur étrange ac- A se raccommoder pour se brouiller encor. [ cord , Que la raison tous deux à la fin vous éclaire , Et prenez un parti cruel, mais nécessaire. Que votre mère quitte au plus tôt la maison : Cest là le seul remède.
DARCY
Oui , Gérard a raison.
Ce que nous disons là, mon Élise, t'afflige : Pardonne, à ce uarti tout ici nous oblige.
Sans doute ; ferez-vous , par amour filial , D'une maison tranquille un séjour infernal?
ÉLISE
Ah! je songe au chagrin que nous allons lui faire.
DARCY
Mais comujent .nuener un départ volontaire ?
GÉRARD
Il faut qu'un de vous deux se charge de ce soin , Et dans un entretien l'y prépare de loin.
KLISL
Ce ne sera pas moi.
sÇb
DARCY
Ni moi uon plus,
GÉRARP.
Courage !
Je ne puis m'en mêler pourtant , et c'«st dommage : Car il faudrait ici pour négcjciateur Quelque esprit ferme à qui le bruit ne fit pas peur.
nCCHEMIN, se levant
Me voilà.
DARCY
Quoi! vous-même affrontant sa furie?...
DUGHEMIN.
Oh! moi, je n'ai pas peur d'une femme (|ui crie.
GÉRARII.
D'un message pareil Monsieur peut se charger. Et l'oncle de Daroy n'est pas un étranger. Son titre est d'un grand poids dans cette circonstance, Et ce sera traiter de puissance à puissance.
DUCHEMI^.
Acceptez-vous mon offre?
DARCY
Ah! quel remercîment !
ÉLISE
Il faudra lui parler avec ménagement.
DARCY
Sans doute, avec douceur vous lui ferez comprendre...
DDCHEMIK.
Laissez donc ; je sais bien comment il faut m'y pren- GÉP..\RD. [dre.
La voici justement.
ÉLISE
Je tremble !
DARCY
Je m'en fuis.
Que mon oncle lui parle à l'instant.
ÉLISE
Je te suis
GÉRARD
( A. Duchemin.) Moi, je vous accompagne. A vous.
DUCHEMIN
Soyez tranquille.
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