La belle Paule
a belle Paule est un personnage parfaitement ^historique dont la beauté extraordinaire resta lHI célèbre en France durant tout le XVIe siècle.
Paule de Viguier (tel fut son nom de jeune
fille) fut choisie à l'âge de quatorze ans pour présenter les clefs de la ville de Toulouse au roi François Ier qui, bon appréciateur, comme on sait, des mérites des dames, donna à l'enfant ce nom de la Belle Paule sous lequel elle fut désormais désignée.
Elle fut mariée une première fois au sire de Beynaguet, conseiller au parlement de Toulouse, que les chroniques du
temps qualifient de « prompt et vaillant capitaine ». Les mêmes chroniqueurs rapportent que Paule ne pouvait sortir sans être aussitôt suivie d'un cortège d'admirateurs. La voix publique en fit bientôt la première des quatre merveilles de Toulouse, énumérées dans ce distique patois :
La bello Paoulo, San Sarni, Lou Baçaclé, Mathali.
(La belle Paule, l'église de Saint-Sernin, le moulin du Bazacle, Mathalin, musicien fameux à cette époque.)
Un des faits les plus curieux relatifs à la belle Paule est le suivant, rapporté le plus sérieusement du monde par la marquise de Lambert.
Lasse sans doute, aussi bien que son mari, d'exciter à tel point l'attention de tous, Paule prit 3e parti de s'enfermer chez elle et de ne plus se montrer. Alors il ne tarda pas à se former sous ses fenêtres devrais attroupements d'amoureux. Ces rassemblements dégénérèrent en une sorte d'émeute à la suite de laquelle les Capitouls crurent devoir intervenir dans l'intérêt de la tranquillité de la ville. Ils condamnèrent Paule, par un arrêt en bonne forme, à se promener en public le visage découvert, un certain nombre de jours par semaine.
Paule conserva sa beauté jusqu'à l'âge le plus avancé. Elle avait déjà quarante-cinq ans lorsque Catherine de Médicis se détourna de sa route exprès pour voir cette merveille qu'elle ne trouva pas au-dessous de sa réputation. Le connétable de Montmorency professa pour elle l'admiration la plus vive, et le nombre de ceux qui l'aimèrent est incalculable.
La manifestation la plus originale de toutes les passions qu'elle inspira fut, sans contredit, un livre du sénéchal du Rouergue, le sire de Minut. Cet ouvrage, extrêmement rare
et curieux, réimprimé à un petit nombre d'exemplaires par les soins de l'éminent bibliophile Jacob, est intitulé : Paale- Graphie description de Paule), et il est entièrement consacré à la peinture des perfections, même les plus secrètes, de cette merveilleuse beauté.
La belle Paule occupa d'ailleurs un rang distingué dans la société des femmes élégantes et lettrées de son temps. Il est resté d'elle des vers fort gracieux.