LU CF. 1 TE
Monsieur le Bailli. C’est lui qui ne veut plus que j’aille garder mon troupeau.
montfobt , vivement.
Le Bailli? Il a donc deviné?....
LUCETTE , naïvement.
Quoi, Monseigneur?
MONTFORT
Et pourquoi vous a-t-il fait celle défense ?
LUCETTE
Hélas ! que sais je ! Il prétend que chaque jour vous venez à la prairie ; que vous vous mêlez à nos jeux ; que vous écoutez nos romances ; que souvent je cause avec vous, et que cela est mal.
MONTFORT
4 Et le croyez- vous?
LUCETTE
Oh ! non ; mon cœur ne me reproche rien ; mais, mousieur le Bailli m’a élevée, il m’a servi de père; il m’aime, il est bon , il en sait plus que moi; je dois avoir confiance en lui. Cependant , je suis malheureuse sans savoir pourquoi : rien ne peut me distraire ; mes compagnes me regardent avec surprise ; luui est change pour moi ; je ue puis
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exprimer ce que je souffre ; cela ne peut durer ! Qu’ai-je
fait? De quoi suis je coupable? Qu’on me "N dise, qu’on m’explique mon cœur a moi même , et surtout que monsieur
Bailli ne vienne plus me gronder ; car , en l’écoutant , l’autre jour, je devins toute tremblante , la rougeur couvrit mon visage ; à peine pouvais-je respirer , et je me sauvai dans le bois pour pouvoir pleurer toute seule.
montfort , très-ému et vivement.
Hélas / on est souvent malheureux sans le mériter.
LUCETTE
Et pourquoi monsieur le Bailli , hier encore , se mit-il presqu’en colère ?
MONTFORT
Hier encore ?
LUCETTE
, Oui ; vous savez qu’il m’a appris à lire , et que j’aime beaucoup les fabliaux et les chansons que les ménestrels nous laissent eu voyageant ?
MONTFORT
Hé bien ?
LUCETTE
Je chantais une de ces romances nouvelles que j’ai apprise.» que j'ai apprise tout de suite ; le Bailli m’entendit et il se fâcha.
MONTFORT
Eh! dites -moi cette romance.
lucette, vivement.
Oh ! non , Monseigneur.
MONTFORT
Un tel refus m’étonne. Ne chantiez-vous pas chaque jour devant moi:' Ne savez-vous pas quel chatme je trouve à vous entendre ?
LUCETTE
Oui; mais cette romance dit des choses!....
MONTFORT
Vous excitez ma curiosité. Ah! Lucette, ne me refusez pas! Si vous saviez combien vous m’êtes chère !
LUCETTE
Hélas ! d’où me vieut cet embarras?