‹ La bergere chatelaine, opera comique en trois actes, represente, pour la premiere fois, sur le Theatre Royal de l'OperaComique, par les comediens ordinaires du roi, le 27 janvier 1820. Paroles de M. Planard. Musique de M. AuberChapitre 15 sur 42 · LU CF. 1 TE · texte numérisé non relu

LU CF. 1 TE

Monsieur le Bailli. C’est lui qui ne veut plus que j’aille garder mon troupeau.

montfobt , vivement.

Le Bailli? Il a donc deviné?....

LUCETTE , naïvement.

Quoi, Monseigneur?

MONTFORT

Et pourquoi vous a-t-il fait celle défense ?

LUCETTE

Hélas ! que sais je ! Il prétend que chaque jour vous venez à la prairie ; que vous vous mêlez à nos jeux ; que vous écoutez nos romances ; que souvent je cause avec vous, et que cela est mal.

MONTFORT

4 Et le croyez- vous?

LUCETTE

Oh ! non ; mon cœur ne me reproche rien ; mais, mousieur le Bailli m’a élevée, il m’a servi de père; il m’aime, il est bon , il en sait plus que moi; je dois avoir confiance en lui. Cependant , je suis malheureuse sans savoir pourquoi : rien ne peut me distraire ; mes compagnes me regardent avec surprise ; luui est change pour moi ; je ue puis

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exprimer ce que je souffre ; cela ne peut durer ! Qu’ai-je

fait? De quoi suis je coupable? Qu’on me "N dise, qu’on m’explique mon cœur a moi même , et surtout que monsieur

Bailli ne vienne plus me gronder ; car , en l’écoutant , l’autre jour, je devins toute tremblante , la rougeur couvrit mon visage ; à peine pouvais-je respirer , et je me sauvai dans le bois pour pouvoir pleurer toute seule.

montfort , très-ému et vivement.

Hélas / on est souvent malheureux sans le mériter.

LUCETTE

Et pourquoi monsieur le Bailli , hier encore , se mit-il presqu’en colère ?

MONTFORT

Hier encore ?

LUCETTE

, Oui ; vous savez qu’il m’a appris à lire , et que j’aime beaucoup les fabliaux et les chansons que les ménestrels nous laissent eu voyageant ?

MONTFORT

Hé bien ?

LUCETTE

Je chantais une de ces romances nouvelles que j’ai apprise.» que j'ai apprise tout de suite ; le Bailli m’entendit et il se fâcha.

MONTFORT

Eh! dites -moi cette romance.

lucette, vivement.

Oh ! non , Monseigneur.

MONTFORT

Un tel refus m’étonne. Ne chantiez-vous pas chaque jour devant moi:' Ne savez-vous pas quel chatme je trouve à vous entendre ?

LUCETTE

Oui; mais cette romance dit des choses!....

MONTFORT

Vous excitez ma curiosité. Ah! Lucette, ne me refusez pas! Si vous saviez combien vous m’êtes chère !

LUCETTE

Hélas ! d’où me vieut cet embarras?

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