LE BAILLI, BERTHE
LE BAILLI
Approchez , mère Berthe , approchez , et écoutez-moi de < toutes vos oreilles.
berthe, le regardant sous le nez.
Bonjour, Bailli, bonjour.
LE BAILLI
Hein?.... Bailli, tout court, est un peu familier. Est-ce qu'elle dort encore ?
BERTHE
Que voulez-vous de moi? puis-je vous obliger?
LE BAILLI
M’obliger! vous ? Pauvre femme !
BERTHE
Que sait-on !
LE BAILLI
C’est moi qui viens vous rendre un nouveau et important
service.
BERTHE
Je q’ai besoin de rien.
LE BAILLI
Oh! ça, voulez vous m’écOuter?
berthe:
Soit; mais dépêchez-vous, j’ai de grandes affaires.
LE BAILLI
Elle est folle ! Mère Berthe, j’ai reçu cette nuit une missive de la cour. Le Prince, en parcourant la province , veut marier et doter une jeune fille dans chaque village : il arrive ici ce matin ; il me charge de choisir la jeune personne , et . j’ai nommé Lucette.... Entendez-vous ?
BERTHE
Après ?
LE UAILLI.
Comment, après !... Voilà donc tous vos remercîmens! BERTHE.
C'est à savoir à qui vous la mariez.
LE BAILLI
Oh ! le parti est magnifique. Je la donne à Robert; c'est tout dire.
BERTHE
Ah! oui, le petit Robert.
LE BAILLI
Comment! le petit Robert!
BERTHE
Oui, ce riche fermier ?
Lui-même.
Votre protégé ?
Spécial.
LE BAILLI
BERTHE
LE BAILLI
BERTHE
Le premier du village ?
Après moi,
BERTHE
Bah! voilà un plaisant mari pour une fille comme U mienne.
le bailli, en colère.
Mère Berthe ! perdez-vous tout à fait la tête ?