LE BAILLI, ROBERT
LE bailli, seul , un moment.
Fiancés! Esl-il possible! Que va dire toute la noblesse de France! Et les baillis, ines confrères ! Comme ils vont m’accabler d’avoir souffert, sous mes yeux, dans ma juridiction !.... Oh ! j’étouffe !
ROBERT , entrant vivement.
Me v’ià de retour.
LE BAILLI
A la fin !.... Tu as donc pa«sé la nuit à la cour ? «
ROBERT
Je crois bien ; on m’a gardé. Je suis en faveur. Vous voyez en moi le courrier du Prince; il descend de cheval, el va pousser jusqu’ici avant d’entrer au château. **!
LE BAILLI
Et pourquoi ?
ROBERT
Pour voir Lucette, qu’il me donne en mariage.
LE bailli, vivement.
A toi?
ROBERT
Oui , oui , chemin faisant , j’ai fait ma cour à son altesse , et elle m’a promis de marier ce soir Lucette et Robert. Je vas avertir tout le village.
le bailli, f arrêtant.
Serait-il vrai ?
ROBERT
Oh! je sais que vous vouliez me faire épouser votre filleule; mais la volonté <1 un Prince vaut mieux que celle d’un Bailli. Je me moque de tout à présent. Tenez , tenez, v’Ü son altesse. £ Au Duc, qui entre, suivi de quelques écuyers qui se
S4 IA BERGERE CHATELAINE,
tiennent h f écart. ) Sim Duc, v’ià M. le Bailli; c’est un brave homme. Je vous demande vos bontés pour lui.
LE DUC
I! suffit. Cours prévenir le comte Je Monlfort que je l’atencls ici. ( Robert sort. )