‹ La bergere chatelaine, opera comique en trois actes, represente, pour la premiere fois, sur le Theatre Royal de l'OperaComique, par les comediens ordinaires du roi, le 27 janvier 1820. Paroles de M. Planard. Musique de M. AuberChapitre 6 sur 42 · LA BERGERE CHATELAINE, ROBERT · texte numérisé non relu

LA BERGERE CHATELAINE, ROBERT

Oh ! oh ! ta as de l’humeur ?

Oui , j'en ai.

Eh ! pourquoi ça ?

LOUISE

ROBERT

LOUISE

C’est que tu es amoureux de Lucette.

ROBERT

Ah ! voilà donc, le fin mot ! T’es jalouse ?

Et j’en ai sujet.

LOUISE

Eh ben ! à la bonne heure ; ça me flatte.

LOUISE

Oh! ne t’en vante pas. Si je suis jalouse, c’est pas par amour, c’est par colère.

ROBERT

En ce cas-là , bonjour ; je u’aime pas le bruit.

LOUISE

Oh! je te tiens. Reste là , et réponds.

ROBERT

Mais, pour répondre, faut entendre des questions. LOUISE.

Ah! tu veux des questions ? Tiens , eu voici :

AIR

Ne m’as-tu pa» fait la cour ?

Ne disais-tu pat : uia nue , Que je te trouer jolie !

N’eat-ce pat là de l’amour?

Quand , dans la verte prairie , Tu cueillait joli bouquet.

Aussitôt j’élait choisie Pour en fleurir tnon corset.

Tu 6s jouer , pour ma fêle , Tambourin et chalumeau j Toujours tu parais ma lête De quelque ruban nouveau ;

Le dimanche , «oui l’ombrage ,

S tiand la danse était en train ,

’avais-lu pas pour usage De toujours serrer ma main ?

Et quand à la cli-musette Nous jouions sous la coudretle ,

Quelle était donc la fillette t

Sans cesse prise par toi ?

N’était-ce pas toujours moi ?

J’en dirais bien davantage,

Mais je suis trop en courroux I Pailcx, me répondrei-vous ,

Volage! volage! volage!

Ne m’as-tu pas fait la cour?

* Ne disais-tu pas : ma mie ,

Que je te trouve jolie !

N'est-ce pas là de l’amour?

N'est-ce pas là de l’amour ?

Voyons, maintenant, qu’as-tu à répondre à cela ?

ROBERT

Je réponds : oui, oui et oui!

LOUISE

Qu’est-ce que cela veut dire ?

ROBERT

Ça veut dire que c’est vrai, que je t’ai fair la cour; mais on change dans ce monde ; ce n'est pas ma faute, ni la tienne ; c’est celle de la gentillesse de Lucette.

LOUISE

Malhonnête !

RORERT.

Non ; c’est pas pour te fâcher : tu es toujours charmaole; mais que veux-tu que je te dise , moi P Je ne suis pas menteur.

LOUISE

Mais pourquoi me préfères-tu Lucette ?

ROBERT

Oh ! pourquoi!.... pourquoi!..,. Est-ce qu’il y a des pourquoi en amour?

LOUISE

Oui , et je veux des raisons , moi !

ROBERT

Tu en veux absolument?

LOUISE

Oui. ,

ROBERT

Eh ben! attends, je vas chercher.... Ah! oui, c'est ça : tu m’as trop fait enrager, vois-tu?

LOUISE

Je ne t’ai jamais dit que des amitiés.

ROBERT

C’est égal. Un amour tourmentant comme le tien ne m’amuse plus. J’aime le repos, moi : j ai les manières tranquilles ; je suis venu au monde comme ça.

Louise, en colère.

Oui dà ! eh ben, sois tranquille ; monsieur le Bailli est mon parrain ; tu tiens beaucoup à sa protection ; lu es vaniteux d’étre son homme de confiance. Je vas lui parler, moi.

BOB F RT, à part.

Ah! jarni, v’Ià ce que je crains. ( Haut.) Eh ! mais, mon Dieu , ne te désole pas : c’est un mauvais moment à passer, et v là tout. Je t'aime toujours pas mal.

LOUISE

Tais-toi , trompeur , perfide , traître !

ROBERT

Allons, v’ià les fureurs , à présent ! C'rsti assez bizarre , le cœur d’une fille? Quand je voulais d'elle , elle ne pouvait pas inc souffrir ; et à celle heure , elle raflolle de moi, parce que j'ai pris un air un peu dégagé. Mats , c est pa» l’embarras , eiles sont toutes comme

Louise , frappant chez le Bailli.

Mo nsieur le Bailli?.... Mon parrain

robert , s'enfuyant.

! v’ià que je me sauve !

ENSEMBLE

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