‹ La bergere d'Ivry drame en cinq actesChapitre 33 sur 70 · FRANÇOIS, AIMÉE · texte numérisé non relu

FRANÇOIS, AIMÉE

FRANÇOIS, s’approchant, et d'une voix contrainte.

Tu causais avec le comte de Granval...

AIMÉE

Oui.

FRANÇOIS

De quoi parliez-vous donc ?

AIMÉE, arec embarras.

Mais... de choses indifférentes... de la fête, du bal...

FRANÇOIS

Ah ! et c’est pour ça que vous avez baissé la voix, en m’apercevant?

AIMÉE

Voyons... qu’as-tu?... Pourquoi ces regards furieux?

FRANÇOIS

J’ai... j’ai... que les familiarités de ce beau monsieur-là, que ses manières avec toi me déplaisent... Oh I ce comte! je le bais!

31 LA BERGÈRE D’IVRY

AIMÉE

Lui qui t’a fait obtenir ta grâcel

FRANÇOIS, amèrement.

Oh! oui... ma grâcel... c’est lui qui l’a demandée... et sans doute à présent il en demande le prixl

AIMÉE

Le prix!

FRANÇOIS

Parbleu !... La protection de ces gens-là on sait ce que ça coûte!... Ils ne l’accordent pas pour rien!

AIMÉE

Tu pourrais supposer?

FRANÇOIS

Enfin... tout à l’heure encore... quand il est arrivé... j’ai bie n vu ton émotion... et quand il a invité madame Fauve!.. . tu t’es troublée... lu as voulu les suivre... puis, tout à coup, tu disparais... je te cherche... et je te trouve avec lui... Est-ce vrai?... réponds 1

AIMÉE, A part.

Et ne pouvoir lui dire!... (Haut.) Sans doute, mais...

FRANÇOIS

Avoue qu’il 1 le fait la cour !

AIMÉE

Lui? le comte?

FRANÇOIS

Oui... qu’il est amoureux de toi... et que toi-même...

AIMÉE, arec douceur.

François!... mon ami!... calme-toi! voyons, raisonne donc un peu!... Est-ce que s’il était amoureux de moi, il t’aurait fait mettre en liberté?... et moi... que tu accuses... est-ce que j’aurais demandé ta grâce?... aie donc confiance !... ne sais-tu pas bien que je l’aime... que mon cœur t’appartient tout entier?... Te tromper!... est-ce que c’est possible?... Tiens!... regarde-moi... dans les yeux... bien en face!... si la bouche ment quelquefois, les yeux ne peuvent mentir... François, je t’aime!

FRANÇOIS, arec bonheur.

Ah!

AIMÉE

Maintenant, jaloux, doutes-tu encore?

FRANÇOIS, la pressant sur son cœur et l’embrassant.

Eh bien... non... non... je te crois !... je te crois!...

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