‹ La bergere d'Ivry drame en cinq actesChapitre 42 sur 70 · LES DEUX JEUNES GENS · texte numérisé non relu

LES DEUX JEUNES GENS

Volontiers!

Ils posont leurs fleurets et viennent s’asseoir à table.

42 LA BERGÈRE D’IVRY

LE COMTE

Quelles nouvelles, messieurs?

LOUIS

Tu sais que la loi d’amour a été rejetée, et qu’il est question d’un changement de ministère?

LE COMTE, riant.

Bah ! voilà trois mois que M. de Villèle doit donner sa démission!... pure coquetterie I

ARTHUR

Ah l de grâce, messieurs, ne parlons pas politique, c’est indigeste, après souper I

LE COMTE

De Marsay a raison... Que fait-on à l’Opéra ?

LOUIS

L’Opéra est en pleine insurrection!

LE COMTE

Vraiment?

LOUIS

Ne s’est-on pas avisé de faire allonger les jupes des danseuses 1

LE COMTE

L’orchestre doit être furieux!

LOUIS

Et ces demoiselles, donc!

LE COMTE, riant.

Ah! ah! c’est charmant! (Versant.) Allons, messieurs, un dernier verre de champagne !

ARTHUR

A ton hospitalité I

LOUIS

Et à ton retour à Paris !

LE COMTE, gaiement.

Alors, à la mort de mes créanciers!

LOUIS, se levant.

Mais tu dois périr d’ennui, dans ce vieux manoir féodal?

LE COMTE

Quel blasphème, mon cher de Beauchamp! M’ennuyer dans un château où l’un de mes aïeux, Sigismond de Granval, seigneur d’Ivry et autres lieux, a soutenu un siège contre les Maillolins !

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