‹ La bergere d'Ivry drame en cinq actesChapitre 49 sur 70 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

FAUVE L

Oui, depuis tantôt, ça me trottait dans la tête... ce soir, après souper, je me suis dit : « Faut en finir tout de suite! » Ma femme était avec sa mère, à la maison... et, tout en me promenant, j’ai poussé jusqu’au château... Voyons, monsieur le comte, je n’irai pas par quatre chemins... deux cents écus les deux chevaux... est- ce fait? Je viens de les revoir à l’écurie, et ma foi... marché conclu, si vous voulez !...

LE COMTE

Marché conclu!

FAUVEL

A soixante pistoles ?

/-LE COMTE

A soixante pistoles, soit!

FAUVEL, se levant, et très-gaiement.

Deux maquignons qui font une affaire se touchent la main. (il tend la sienne, le comte hésite, puis finit par tendre la sienne aussi; riant.) Voilà!... ah! ah! ah! c’est comme si tous les notaires y avaient passé. Mais je ne veux pas vous enlever à vos amis... à revoir, monsieur de Granval !

LE COMTE

A revoir, monsieur Fauvel!

FAUVEL

Pardonnez-moi d’avoir forcé la consigne... (il va pour sortir, et s'arrête, en regardant autour de lui.) Tiens! tiens! mais VOUS êtes bien logé, vous!... ah t voilà de belles armes (il en prend nno a la panoplie de droite.) Une rude épée!... Le quinzième siècle avait les bras plus solides que les nôtres, savezvous?

LE COMTE

Mais oui!

fauvel.

Vous verra-t-on demain à la ferme?

le comte.

Sans doute. • •

FAUVEL, allant se rasseoir sur lo canapé.

Dites donc, monsieur de Granval, vous savez bien, la chasse de Contades?... je l’ai louée...

le comte.

Ah!

FAUVEL

Du bois et de la plaine, fameux! nous tirerons ensemble le premier coup de fusil... hein? ça va-t-il?

l.A liERGÈRE D’IVRY

LE COMTE

Quand vous voudrez, monsieur Fauvel.

FAUVEL, se lovant.

Ah! je suis un chasseur endiablé, moi... et j’ai des chiens dont vous me direz des nouvelles!... (Examinant de nonveau répéo.) Oh! une rude épée!

Il la remet à la panoplie.

LE COMTE, à part.

Enfin!...

FAUVEL, prêt à sortir, s’arrêtant encore.

Tiens!... qu’est-ce qui traîne donc là ? (n ramasso le voile qn'Hortense a laissé tomber.) Ah! ah! il paraît que ce n’est pas à vos amis seulement que je vous ai enlevé, monsieur de Granval?

LE COMTE, avec terrenr, & part.

Le voile d’Hortense 1

Fanvel regarde machinalement le voile, pais, toat à coup, sa figure s'assombrit. Il dépose son chapeau sur un meuble et regarde le comte bien en face .

FAUVEL, allant au comte.

Il me semble connaître cette dentelle...

LE COMTE, souriant avec contrainte.

Allons donc !

FAUVEL, d’une voix brève.

Enfin, il me semble!... vous savez, on a comme ça des idées... Il y a une femme ici I

LE COMTE

Et quand il serait vrai ?...

FAUVEL

Je veux la voir !

LE COMTE

Vous?

* Fauvel.

J’en ai le droit!...

LE COMTE

ous?

, FAUVEL

Cette femme... c’est la mienne 1

LE COMTE

La vôtre?...

Page 1