ACTE QUATRIÈME
JULIENNE, regardant les pieds de Canucbe.
Ahl mon Dieu I qu’est-ce que je vois là ?...
CANUCIIE.
Quoi encore? quoi encpre?
JULIENNE
Des sabots neufs!... avec de la paille fraîche dedans!... Vous avez une maitresse!
CANUCHE.
Jé vas vous dire... j’ai cassé les autres. Le sabot du pied gauche... je l’ai cassé.
JULIENNE
Vous l’avez cassé? •
CANUCHE.
Oui.
JULIENNE
Monlrez-moi les morceaux.
CANUCHE.
Oh !!
JULIENNE
Vot’ nez remue, Canuche, vot’ nez remue!
CaNUCIIE, à lui-même.
Et dire que je me promettais du bonheur et de la félicité!
JULIENNE
Vous dites ?
CANUCHE.
Écoutez, Julienne, j’ vas vous faire une préposition.
Parlez... mais parlez donc! pourquoi ne parlez-vous pas?
CANUCIIE.
Mais, nom d’une gueurnouille, vous parlez toujours 1
JULIENNE
Moi !.. Ah! c’est trop fort!
CANUCIIE.
Eh ben! v’ià la chose: je vous ni aimée... d’amour... mais je vois que nos caractères ne s’accordent point. Quand je tire à hue, vous tirez à dia... Ça ne peut pas marcher. . . Vous avez de la jnlouselé dans le caractère. Eh ben! voyezvous, v’Iâ ce qui faut faire... Vous épouserez un autre gâs. moi, j’épouserai une autre jeunesse, et nous redeviendrons ce que nous étions dans le temps, une vraie paifed’atnis.... Ça va-t-il ?
56 LA BERGÈRE D’IVRY
JULIENNE
Ah! voilà donc où vous vouliez en venir?
CANUCHE.
Je ne veux en venir à rien du tout... Je disais que...
JULIENNE, s'attondrissant peu A peu.
Ainsi, vous vous êtes fait aimer de moi par vos manigances et votre élégance, et maintenant vous me dites : « La paille est rompue; tournons lestalonsl » Ah! Canuche! ahl Canuche!... guin!...
. Elle sanglote bruyamment.
Allons, bon, v’ià le déluge, à c’t’heure!
JULIENNE, d’une roix tonnante.
Canuche! je ne suis qu’une faible femme... (Retroussant tes manches.) une pauvre jeune fille...
CANUCHE, arec timidité.
Oui, oui...
JULIENNE
Mais prenez garde à vous! Je ne pouvais pas vous voir en peinture; maintenant je vous trouve joli... oui... vous avez de beaux yeux... de beaux cheveux.. . un joli nez !.. .
Elle le lui tire.
CANUCHE, désespéré.
O fatale beauté!., fatale beauté!..
JULIENNE
Vous m’épouserez... ou vous direz pourquoi.
CANUCHE.
Mais je vous le dis , pourquoi... c’est à cause de nos caractères.
JULIENNE
Je vous aime comme vous êtes. Encore une fois, méfiezvous!... Je suis douce comme un mouton...
CANUCHE, protestant.
Ohl
JULIENNE
Comme un troupeau de moutons.
Oui, oui. (a pan.) Des moutons enragés, alors!..
JULIENNE
Mais si vous me faites des frasques, je vous fais passer le