HORTENSE, AIMÉE
HORTENSE
Aimée 1.. c’est toi! Ah! j’étais impatiente de te voir, de te parler 1.. Nous sommes seules?
Oui... Madame Dérouville est en train de faire la paie aux - ouvriers.
HORTENSE
Aiméel.. mon amie!., ma sœur!.. Oh! laisse-moi m’incliner devant toi !.. ma place est à les pieds 1..
AIMÉE
Y songez- vous !..
LA BERGÈRE D’IVRY
HORTENSE
Mais je n’acceplepas ion sublime sacrifice... Non, il faut
Ï ue la coupable seule soit punie, et la coupable, c’est moi!..
hl qu’hier, altérée par la subite apparition de mon mari, j’aie senti les paroles se glacer sur mes lèvres et mes genoux fléchir, qu’hier je me sois tue, cju’hier enfin, j’aie été lâche... je n’avais plus la tête à moi, j étais folle... Mais maintenant qu’il y va de ton bonheur, de ton honneur... je parlerai, je me ferai justice.
AIMÉE
Vous ne le pouvez pas, madame Hortense. Si l’une de nous deux doit être perdue, ne vaut il pas mieux que ce soit moi? Cet honneur dont vous parlez, nul n’a le droit de m’en demander compte, à moi : je suis orpheline, je suis libre... tandis que vous... vous... (Lui «errant ta main.) C’est la mort, peut-être!...
HORTENSE
Qu’importe!.. La vie m'est odieuse!.. Qu’il me tue!.. Pourquoi vivre?.. Pour qui?.. Ah ! celui que j’aimais, tu l’as entendu hier... Il ne m’aime pas. Ses paroles tombaient froidement sur mon âme. Ah! le châtiment commence déjà... Enfin, je suis venue ici pour que la justice se fasse, et malgré la colère de M. Fauvel, dût cette colère me briser, elle se lera, je le veux, je le dois 1
AIMÉE
Non... Vous vous tairez... à cause d’elle !..
Elle montre madame Dérourille qui entre par la droite, deuxième plan. Hortense met la main sur son cœur.
AIMÉE
Vous voyez bien que vous n’avez pas le droit de parler...