ACTE CINQUIÈME
AIMÉE
De l’argent 1... à moi!... de l’argent 1
FRANÇOIS, avec une écrasante ironie.
Eh! bien, pourquoi non?... U est riche; n’est-il pas juste qu’il paye votre amour? M. de Granval est quitte avec vous ! Il vous a payée! il vous a payée!
AIMÉE
Infamie!!! Ah! cet argent, je n’en veux pas!... je n’en veux pas! •
CANUCHE.
Ah! bah! mais alors?...
AIMÉE
Va! va ! reporte cet or à celui qui le l’a remis... et dislui, dis-lui bien, entends-tu , que je puis donner mon honneur, mais que je ne le vends pas !
Elle jette la bonne.
CANUCHE.
Ça suffit!... j’y cours, la bergère.
h sort en courant, Julienne le suit. — Depuis quelques instante, le ciel s'esi encore assombri. — On entend le grondement dn tonnerre. FRANÇOIS, s’approchant d’Aimée, et ie regard terrible.
Malheureuse!
AIMÉE, brisée par l’émotion.
Françoisl... Ah! ne m’accablez pas!... Cet argent, vous voyez bien que je l’ai refusé... Vous voyez bien que je ne mérite pas votre mépris !
FRANÇOIS
Mais-, ton déshonneur, tu viens de l’avouer!
AIMÉE
Mon déshonneur!... (a part.) Oh! mon Dieu! donnez-moi le courage de me taire!
FRANÇOIS, tirant de ta pocbo le couteau donné par Aimée au deuxième acte, et le regardant d’un air égaré.
« Si jamais je te trompe... tue-moi ! »
AIMÉE, poussant un cri. x
Aht
Éclairs. — Bruit de l’orage qui se déchaîne.
FRANÇOIS, marchant vers Aimée qui recule avec épouvante.
C’est toi-méme qui l’as dit ! ce sont les propres paroles !... (n lui met la main sur répauie.) Rappelle-toi ! Rappelle-toi!. . . AIMÉE, tombant h genoux.
Grâce 1 grâce! pitié!...
LA BERGÈRE D’IVRY
FRANÇOIS, le regard enflammé par la colère.
Pitié! quand tu m’as trahi ! ... quand tu m’as déchiré le cœur!... Quand tu en aimes un autre!... Non!.,, non!... pas de pitié!...
Il lève son couteau.
AIMÉE, criant, éperdue.
François!... (Frappée.) Ah!
Elle tombe h terre, François reste immobile, le couteau à la maio.