‹ La besace de haineChapitre 2 sur 32 · MONSIEUR DESCHENAUX · texte numérisé non relu

MONSIEUR DESCHENAUX

A ce nom, l’inconnu se leva à demi et devint livide.

Pertuluis et Regaudin se mirent à rire.

— Allons ! monsieur Deschenaux, ricanna Pertuluis, pavez-nous un carafon et cet acte généreux vous donnera meilleure mine !

— Ainsi donc, vous me connaissiez? demanda Deschenaux, sombre et tremblant.

— Qui ne connaît l’excellent secrétaire de son Excellence monsieur l’intendant-royal ? Et je vous prierai même, ajouta Pertuluis moqueur, de présenter les respectueux hommages du chevalier de Pertuluis à monsieur François Bigot, et de l’assurer que, demain, il n’aura plus rien à redouter des gens à demi morts qu’il semble, ce soir, tant craindre. Et puis . . .

— C’est bien ! c’est bien ! coupa rudement Deschenaux, dont les regards sombres brillaient de lueurs sinistres.

Car, disons-le. Deschenaux enrageait énormément de se savoir reconnu, et déjà il méditait de terribles projets de mort contre les

deux bravi, dès qu’il n’aurait plus besoin de leurs services. Et ces projets étaient si effrayants que Pertuluis et Regaudin, en eussent-ils eu vent, auraient poignardé Deschenaux sur-le-champ.

Mais comme il leur était impossible de voir, au moins clairement, derrière l’oeil d’autrui, ils se contentèrent d’accepter le carafon offert par le secrétaire de Bigot.

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