LA VIERGE D’IVOIRE
Orand récit canadien inédit par JEAN FÉRON
(Suite de la dernière livraison)
La jeune fille leva sa tête, regarda M. Drolet dans les yeux un moment, et, sans mot dire, elle arrangea sa coiffure, ajusta un chapeau sur sa tête et soupira faiblement ce mot :
— Allons !
Ils trouvèrent Fernand assis au pupitre de son père et écrivant une longue lettre. 11 paraissait très calme.
A la vue d’Hortense, il se leva vivement, courut à elle et L'embrassa tendrement avec ces paroles :
— Vous arrivez bien, ma chère amie, je vous écrivais mes adieux.
L’accent du jeune homme était plutôt badin, et ses lèvres souriaient pleinement. Hortense pensa que, en effet, le jeune homme n’était pas tout à lui, comme on dit.
Elle tressaillit d’une vive émotion.
Un moment elle considéra le jeune homme qui, muet, ne cessait de lui sourire. Puis, elle s’écarta, s’approcha de M. Drolet et lui souffla à l’oreille :
— Laissez-moi seule avec lui !
M. Drolet se retira.
Alors Hortense, à l’extrême stupéfaction de Fernand, enleva son chapeau qu’elle laissa tomber par terre, jeta sa mante sur un meuble, se jeta au cou du jeune homme et, avec une vigueur prodigieuse, elle l’entraîna vers un sofa, le fit asseoir de force et tout en le tenant pressé fortement sur elle, elle dit d’une voix frémissante:
— Tue-moi plutôt, Fernand, que de me dire adieu !
Elle se mit à pleurer sur l’épaule du jeune homme interdit.
Troublé, frissonnant, Fernand releva la tête d’Hortense, baisa ses lèvres humides de ses pleurs et demanda la voix tremblante :
— Tu ne sais donc pas que j’aime l’autre ?
— Je ne sais rien et ne veux rien savoir. Moi, je t’aime, et cela me suffit!
— Tu seras malheureuse avec moi !
- — Moins que de vivre loin de toi !
• — Entre nous deux il y aura toujours l’image et le souvenir de l’autre !
— Pas toujours, Fernand. Car, vois-tu, je me ferai si belle — car je sais me faire belle quand je veux — oui, je me ferai si attrayante, si bonne, que l’image de l’autre s’effacera !
— Pourtant, Hortense, tu es belle déjà!
- — Oh! ne raille pas, hein! Je sais que je ne suis pas belle en ce moment !
— Je te dis que je te trouve belle moi, très belle !
— Tu es sérieux?
— Ilegarde-moi !
Oui, chose extraordinaire, Fernand semblait redevenu lui-même; il souriait doucement, heureusement. . . puis à pleines lèvres il embrassait les lèvres qui ne se refusaient pas aux siennes.
— Alors, tu me regretteras, si tu me dis adieu! balbutia Hortense tout enivrée.
LA VIE CANADIENNE
LA VIE CANADIENNE
LITTÉRATURE ET LITTÉRATEURS (Supplément au “Roman Canadien”)
Publié dans le but de mettre plus de vie dans le monde littéraire Canadien et de coopérer à l’oeuvre du “Roman Canadien”.
Nous recevrons avec plaisir tous manuscrits que l’on voudra bien nous soumettre et si refusés, seront retournés à nos frais.
Correspondance, adressez :
“La Vie Canadienne ” Casier postal 969 MONTREAL
- — Je ne veux pas te dire adieu !
■ — Non? Vrai ?... Embrasse-moi encore, Fernand, parce que je 11e te croirai pas !
— Crois, mon amour ... tu vois bien que je t’aime !
— C’est vrai que tu m’aimes, puisque tu ipe l’as déjà dit !
— J e t’aime par-dessus tout au monde !
Cette fois Hortense regarda le jeune homme très longuement. Quoi ! est-ce elle maintenant qui devenait folle? Ou bien, ce Fernand, avec son sourire mystérieux, étaitil en train de lui jouer un acte de comédie ?
Elle se sentit fortement pressée dans les bras du jeune homme, elle ferma les yeux, et ses oreilles saisirent ces paroles :
Les lèvres de la jeune fille avec un sourire de joie sublime murmuraient :
— Oh ! Vierge d’ivoire. . . merci !
Fernand, qui 11’avait pas compris, continuait de presser la jeune tille contre lui, il la dévorait de ses lèvres.
— Hortense, c’est pour Pâques, 11’est-ce
pas ?
— Oui, Fernand. . . . murmurèrent les lèvres de la jeune fille.
Comment finit cette histoire vraie.
Philippe Danjou était devenu le mari choyé de Bysiane, tout comme Hortense était devenue l’heureuse épouse de Fernand Drolet. Et sur le seuil de la vie nouvelle pour eux, les quatre amants 11e découvraient que des horizons de parfait bonheur.
Et ce capricieux bonheur était revenu chez M. Roussel. Seulement, après tant de longues veilles qu’il avait passées auprès de la couche de sa fille, après les milles inquiétudes, les sombres angoisses, les désespoirs, le négociant s’était- cassé. Il avait en quelques mois excessivement vieilli, et depuis la fin d’avril il avait cessé de se rendre à son établissement de la rue Saint-Paul.
Alors s’était réalisée la prédiction d’Amable Beaudoin : un matin, Philippe Danjou était entré dans la maison de commerce de la rue Saint-Paul comme le maître. E11 effet, le négociant avait cédé sa maison de commerce à sa fille qui en devenait propriétaire, avec Philippe, son mari, comme directeur. Naturellement M. Roussel s’était réservé le droit de diriger Philippe dans les passes difficiles ; car il faut bien admettre que le jeune homme était- loin d’avoir l’expérience nécessaire pour diriger de lui-même une maison d’affaires aussi importante. Il est vrai de dire qu’il avait à son service des employés d’expérience dont les avis pourraient lui être utiles. Et
— Je t aime mieux que mon père, mjeux que ma mère ! Hortense, m’entends-tu ?
UN PRÊTRE. L’ABBÉ HAMON {Curé Je IVaumoise. France ), possède le moyen radical de guérir: DIABÈTE ALBUMINE. CŒUR. REINS. FOIE. ESTO¬ MAC. RHUMATISME. BRONCHESeltoui.es
les maladies chroniques réputées incurables.