‹ La BhagavadgìtaChapitre 25 sur 54 · Quand, fermant toutes les issues sur le · texte numérisé non relu

Quand, fermant toutes les issues sur le

dehors, emprisonnant en soi la faculté de percevoir, retenant dans la tête son souffle vital, on réalise la concentration du yoga;

13. Que l'on dépouille le corps en prononçant « ora » — Brahman même en une syllabe — et en pensant à moi, on s'élève à l'asile suprême.

14. Celui qui, sans aucune défaillance, pense toujours à moi, pour ce yogin incessamment concentré, je suis, ô fils de Prithâ, facile à obtenir.

15. Quand ils m'ont atteint, les sages, s'étant élevés à la suprême perfection, ne sont plus soumis à la renaissance, au séjour de souffrance et d'instabilité.

16. Tous les mondes jusqu'au ciel de Brahmâ^), ô Arjuna, reviennent à des existences nouvelles; mais pour qui m'a atteint, ô fils de Kuntî, plus de renaissance.

17. Ceux qui savent qu'un jour de Brahmâ dure mille yugas (*) et mille une nuit, ces hommes connaissent vraiment le jour et la nuit.

18. De l'indétermination sortent, au lever du jour, toutes les réalités sensibles ; elles s'y fondent de nouveau à la tombée de la nuit.

(*) Brahmâ, masculin, le dieu Brahmâ, ordinairement rapproché de Vishnu et de Çiva; non pas Brahman, au neutre, l'être un.

(*) Nom d'une vaste période cosmique.

19.. Ainsi mécaniquement, o fils de Prithâ, toute la foule des êtres, indéfiniment ramenée à I'exis-, tence, se dissout à la tombée de la nuit, renaît au lever du jour.

20. Mais, par delà cette indétermination ('), est une autre essence, entité indéterminée, éternelle, qui, tous , les êtres disparaissant, elle, ne disparaît pas.

21. C'est T « Indestructible ». C'est lui qui est marqué comme le but suprême, celui d'où l'on ne revient pas ; c'est là mon siège suprême.

22. C'est, ô fils de Prithâ, ce suprême Purusha qu'on ne peut atteindre que par un attachement exclusif, le Purusha qui embrasse tous les êtres, par qui a été déployé l'univers.

23. Et maintenant, à quels moments les yogins quittent la vie, soit sans retour, soit pour y revenir, je vais te l'enseigner, ô Bhârata.

24. Feu, lumière, jour, quinzaine claire, semestre ascendant du soleil vers- le nord, c'est sous ces

(*) Avyakta, littéralement « l'indistinct, l'indiscriminé » ; c'est un des noms que l'on donne à la prakriti dans son état primitif et, en quelque sorte, chaotique. On voit ici avec évidence que . ces notions réputées spéculatives sur l'origine des choses repo- • - ..' sent, au moins pour une part, sur Tarrière-plan des conceptions . mythiques et construisent lfL genèse première à l'image de Forigine quotidienne du cosmos sortant au matin de la nuit et y retombant le soir.

signes lumineux que vont à Brahman les hommes qui connaissent Brahman.

25. Fumée, nuit, quinzaine sombre, semestre descendant du soleil au sud, — sous ces signes d'ombre, le yogin atteint la lumière de la lune pour revenir ensuite à de nouvelles existences.

26. Ce sont les deux voies éternelles, l'une claire, l'autre obscure, de l'univers; par l'une il n'est pas de retour, par l'autre on revient en arrière.

27. Les yogins les connaissent ces deux sentiers, et aucun d'eux ne s'égare, ô fils de Prithâ; sois donc, ô Arjuna, en tout temps appliqué au yoga.

28. Le mérite qui est assigné à l'étude du veda, au sacrifice, à l'ascèse, à l'aumône, le yogin qui sait tout cela, le dépasse; il s'élève au lieu su- prême, au lieu des origines.

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