Molestant sans mesure les éléments groupés
dans leur corps et moi-même qui y fais ma demeure, ceux-là, sache-le, obéissent à une inspiration démoniaque. .
7. La nourriture préférée de chacun est également de trois sortes, et aussi le sacrifice, l'ascèse et l'aumône; écoute les différences.
8. Aux êtres de sattva, les aliments qui développent la vie, la solidité, la force, la santé, le bienêtre, la joie, aliments savoureux, onctueux, fortifiants, agréables. . -
9. Les aliments amers, acides, salés, trop chauds, piquants, grossiers et brûlants- sont ceux que préfèrent les êtres de rajas; ils causent déplaisir, souffrance et maladie.
10. Ce qui est passé, qui a perdu toute saveur, qui est pourri, corrompu, voire des restes impurs, telle est la nourriture qui plaît aux êtres de tamas.
1 1 . Le sacrifice procède du sattva, qui est pratiqué conformément aux rites par des hommes qui ne poursuivent aucun fruit, qu'inspire uniquement la pensée que sacrifier est un devoir.
12. Au contraire, c'est du rajas, ô le meilleur des Bhâratas, que procède le sacrifice offert en vue du fruit qu'on s'en promet ou bien encore par ostentation .
13. Du tamas procède le sacrifice qui s'écarte des rites, où manquent les offrandes ou les prières,
que n'accompagne pas le don du aux prêtres, que n'inspire pas une foi sincère.
14. Culte des dieux, des brâhmanes, des maîtres et des sages, pureté, droiture, chasteté et respect de la vie, voilà ce qu'on appelle l'ascèse d'action ;
15. Un langage qui ne blesse jamais, vrai, agréable et utile et la récitation du veda, c'est l'ascèse de parole;
16. Le calme de l'esprit, la bonté, le silence, la maîtrise de soi, la pureté intérieure, constituent l'ascèse de pensée.
17. Pratiquée avec une foi parfaite par des hommes appliqués au yoga et insensibles à tout calcul de récompense, cette triple ascèse procède du sattva.
18. Quant à l'ascèse qui recherche hypocritement l'admiration, les respects et la vénération de la foule, fragile et instable, elle participe du rajas .
19. L'ascèse, inspirée de folles illusions, que l'on pratique en se torturant soi-même ou en vue de. procurer la perte d'autrui, celle-là procède du tamas.
20. L'aumône uniquement dictée par le précepte de charité, qui s'adresse à qui ne l'a pas prévenue par des bienfaits antérieurs, et qui, faite en lieu et en temps convenables, va à qui en est digne, cette aumône est de la nature du sattva.
21. Mais celle qu'inspire l'espoir de la récompense ou d'une contre-partie de bienfaits, cette aumône, souillée dans sa source, est de la nature du rajas.
22. 'L'aumône qui n'est faite ni en lieu ni en temps convenables, ni à des gens qui en soient dignes; qui s'exerce d'une façon blessante et méprisante, de celle-là, on dit qu'elle procède du tamas.
2}. On enseigne que la formule om } tat } sat sert à désigner Brahman; c'est par ces trois mots qu'ont, au commencement, été institués les brâhmanes, les vedas et les sacrifices.
24. C'est pourquoi tous les exercices prescrits, sacrifices, aumônes, pénitences» sont toujours, chez les maîtres du Brahman, précédés de la syllabe om.
25. C'est en pensant à tat, que les hommes qui cherchent la délivrance accomplissent, sans se préoccuper de leurs fruits, toutes les pratiques du sacrifice, de l'ascèse ou de la charité (*).
26. On emploie sat pour dire ce qui est et ce qui est bien ; ainsi, le mot sat } ô fils de Prithâ, s'applique à toute action louable.