‹ La Bible au seizième siècleChapitre 30 sur 71 · vol. Vil · texte numérisé non relu

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genre, sont à une plus grande hauteur d'énergie et de fidélité. Sa méthode est tout autre que celle qu'il essaiera d'appliquer aux psaumes. S'enfermant dans la pensée de l'auteur, il sait se défendre d'introduire dans son œuvre aucune des pensées qui lui sont les plus familières. Il définit avec une grande délicatesse, dans la préface de sa Paraphrase de VÉpîlre aux Romains, dédiée au cardinal Grimani, sa méthode et son art : « relier les pensées détachées, adoucir les expressions dures, mettre de l'ordre dans ce qui est confus, développer lès constructions embarrassées, défaire les nœuds du discours, apporter de la lumière dans les passages obscurs, donner à l'esprit hébreu la bourgeoisie romaine, en un mot, faire parler Paul, l'orateur céleste, en d'autres mots sans lui faire dire autre chose *i>.

Érasme nous a montré comment on peut réaliser un pareil programme. Peut-être pourrait-on pourtant dire qu'il n'a pas fait une œuvre qui fût partout à la hauteur de son génie. Il semble surtout qu'à mesure qu'Érasme avance dans son œuvre, il se fatigue, et les 'longueurs augmentent. Comment, en effet, paraphraser les Évangiles et développer le Notre Père? Mais dans les premières paraphrases, et surtout dans celle de TEpître aux Romains, Érasme exprime en réalité la pensée de saint Paul et fait sortir des mots tout ce qu ils contiennent, avec la force et la simplicité du véritable exégète. Il faut admirer l'homme qui a pu, au commencement du seizième siècle

1 . Quià sU hiantia commUtere, abrupta moUire, confusa digerere, in' voluta evolvere, nodosa explicare, obscuris lucem addere, Bebraismum Romana dvitate donare : denique Pauli, h,e., cœlestis oratoris mutare linguam, et ita temperare 7capàypa<jiv, ne fiai 7capa9pov7)<rt;, hœ est, sic aliter dicere, ut tamen non dieas alia.

et avant la théologie protestante, connaître si profondément le Nouveau Testament, et l'expliquer avec tant de vérité.

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