Zeitschrift fiir Kirchengeschichte, I, 3, Dec
4. Loci, 1521, préface (G. R., XXI, p. 82): Fallitur, quisquis aliunde Christianismi formant petit, quam e Scriptura Canonica.
Baier, qui écrivait en 1686, que Ton doive le mol d' « objet formel » de la théologie, par lequel il entend la révélation. Ce n'est qu'un siècle et demi plus lard, après les tâtonnements et les essais des supranaturalistes et des rationalistes du commencement de ce siècle, des Gabier et des Ammon, pour définir ce qu'ils appellent le principe matériel et formel de la théologie chrétienne, que Twesten, Hase et UUmann, entre 1826 et 1834, ce dernier dans son livre sur Jean Wessel, paru à cette dernière date, arrivèrent à la pensée d'apphquer, les deux premiers au protestantisme, le troisième à la Réforme, la notion du double principe, le principe matériel qui est la doctrine de la justification par la foi, et le principe formel qui est l'autorité de l'Écriture. M. Ritschl termine son intéressante étude par cette conclusion : Cette formule ne date que de cinquante ans, et elle a déjà achevé son teiups.
C'est dans la Parole de Dieu, rendue au peuple chrétien, désormais comprise sans allégorie et dans sa vérité, et acceptée comme autorité absolue, que les réformateurs ont retrouvé la doctrine fondamentale de la justification par la foi. Mais il ne suffisait pas, pour que le principe de la Réforme fût saisi, mis aujour et accepté par la conscience, que la Bible fut connue, lue et respectée. Le mot de justification par la foi, lu dans la Bible par les premiers réformateurs de la France, ne leur a pourtant pas fait comprendre le principe de la foi qui justifie; ce mot remplit le Commentaire de Le Fèvre sur l'Épître aux Romains, écrit en 1512, mais il n'a mené le réformateur français, le traducteur de la Bible, qu'à une opposition timide à la justice des œuvres. Au contraire, Luther, dans son Cours sur les Psaumes (1513-1516), à l'époque où il était encore
livré à toutes les incertitudes de l'exégèse allégorique, écrivait déjà (II, p. 452), fort de son expérience intime, ce mot qui résume la doctrine de toute sa vie : « Nous ne sommes pas justifiés par nos œuvres, mais pour produire de bonnes œuvres, il faut d'abord que nous soyons justes, Ratio ommium est haec régula, quod nos justi non sumus ex operibus, sed opéra jnsta ex nobis primo justis. »
En effet, ce n'est pas l'autorité de l'Écriture qui a fait la Réforme. La Réformation de l'Église n'a eu qu'un principe, c'est la justification du pécheur par la foi seule en Jésus-Christ. Mais c'est parce que la Parole de Dieu donne à l'âme l'assurance du pardon gratuit de Dieu, que la Réforme a embrassé l'autorité de la Parole divine, et a fait de la Bible la seule règle de la foi. Ceux des réformateurs qui ont considéré la Bible avec le plus d'amour et de respect, sont aussi ceux qui ont mis le plus de sincérité et l'intérêt le plus personnel dans cette recherche et dans cette étude de la Parole de Dieu que nous appelons la critique.
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Nancy, imprimerie Berger- Le vrault et C»
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