‹ La Bible dans l'IndeChapitre 40 sur 77 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

NAISSANCE DB LA VIBBOB DBVANAeUY D'aPBÂS LA BAGOYBBA GITA ET LBS TEADIIIONB BBAHMANIQUBS

Nous voici arrivé à cette merveîll-euBe incarnation indoue, la première en date parmi toutes les incarnations religieuses du globe, la première également qui soit venue rappeler aux hommes les vérités immortelles déposées par Dieu dans la conscience humaine, et que les luttes du despotisme et de l'intolérance parviennent trop souvent à voiler.

Nous allons raconter simplement, d'après les autorités indoues les plus inconstestables, la vie de la vierge Devanaguy et celle de son divin fils, en réservant pour plus tard tout commentaire et toute comparaison.

Environ l'an 3500 avant l'ère moderne, dans le palais du rfgah de Madura, petite province de l'Inde orientale, une fille vint au monde, dont la naissance fut entourée d'étranges événements et de merveilleux présages.

La sœur du rajah, mère de l'enfant, quelques jours avant sa délivrance, eut un songe dans lequel Yischnou, lui apparaissant dans tout J'éclat de sa splendeur, vint lui révéler les destinées futures de celle qui allait naître.

« Vous appellerez l'enfant De vanaguy (en sanscrit formée par ou pour Dieu), dit-il à la mère, car c'est par elle que kiS desseins de Dieu doivent s'accomplir. Qu'aucune nourriture animale n'approche jamais de ses lèvres : le riz, le miel et le lait doivent seuls concourir à sa subsistance.

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Surtout gardez-vous qu'un homme s'unisse à elle par le mariage, il mourrait, et tous ceux qui l'auraient aidé dans cet acte, avant de l'avoir accompli. »

La petite fille reçut en naissant le nom de Devanaguy, ainsi qu'il avait été ordonné, et sa mère, craignant de ne pouvoir exécuter les prescriptions de Dieu dans le palais de son frère qui était un méchant homme, l'emporta dans la maison d'un de ses parents du nom de Nanda, seigneur d'un petit village sur les bords du Gange, et célèbre par ses vertus. Son frère, à qui elle annonça qu'elle partait en pèlerinage sur les bords du fleuve sacré, craignant les murmures du peuple, n'osa pas s'opposer à son dessein.

Cependant, pour marquer son mauvais vouloir, il ne lui accorda qu'une escorte des plus médiocres, composée de deux éléphants seulement, ce qui eût à peine suffi pour une femme de basse extraction.

Sur le soir, à peine takmy s'était-elle mise en marche avec son enfant, qu'une suite, composée de plus de cent éléphants carapaçonnés d'or conduits par des hommes somptueusement vêtus, vint se joindre à elle, et comme la nuit était venue une colonne de feu parut dans les airs pour les diriger au son d'une musique mystérieuse qui semblait venir du ciel.

Et tous ceux qui assistèrent à ce départ merveilleux comprirent que tout cela n'était point ordinaire, et que la mère et l'enfant étaient protégés par le Seigneur.

Le rajah de Madura en conçut une jalousie extraordinaire, et poussé par le prince des Rackchasas, qui voulait traverser les vues de Vischnou^ il envoya, par un chemin détourné, des hommes armés pour disperser le cortège et ramener sa sœur dans son palais.

Il lui aurait dit alors : — Voyez, les chemins ne sont point sûrs, et vous ne pouvez espérer de faire sans danger un aussi long. voyage; envoyez un saint ermite à votre place, et il accomplira votre vœu.

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Mais à peine les soldats qu'il avait envoyés furent-ils en vue du cortège de Lakmy, qu*éclairés par Tesprit de Dieu, ils se joignirent à lui pour protéger la mère et l'enfant, pendant la route.

Et le rajah entra dans une furieuse colère en apprenant que sa mauvaise action n'avait pu aboutir. La môme nuit il sut en songe que Devanaguy devait mettre au monde un ûls qui le détrônerait et le châtierait de tous ses crimes.

Il pensa alors à cacher dans son cœur ses noirs projets, et il se dit qu'il parviendrait facilement plus tard à attirer sa nièce à sa cour, en cas que sa sœur ne voulût pas revenir auprès de lui, et qu'il lui serait possible de la faire mourir et d'éviter le sort dont il était menacé.

Pour mieux déguiser ses desseins, il fit partir des exprès chargés de nombreux présents qui devaient être remis à Lakmy pour être offerts à leur parent Nanda.

Le voyage de Lakmy jusqu'aux rives du Gange ne fut qu'une marche triomphale; de tous les côtés les populations accouraient en foule sur son passage, se disant entre elles : «« — Quelle est cette rannie (reine) qui possède un si beau cortège; ce doit être la femme du prince le plus puissant de la terre ». Et de toutes parts on lui apportait des fleurs dont on jonchait la route, ainsi que des fruits et des riches présents.

Mais ce qui causait le plus d'étonnement à la foule était la beauté de la jeune Devanaguy qui, quoique âgée de quelques jours à peine, avait déjà la figure sérieuse d'une femme, et semblait comprendre ce qui se passait autour d'elle et l'admiration dont elle était l'objet.

Pendant soixante jours que dura le voyage, la colonne de feu, qui cessait d'être visible avec le soleil, reparaissait à la nuit, et ne cessa jamais de diriger le cortège jusqu'à l'arrivée. Et, chose bien extraordinaire, les tigres, les panthères et les éléphants sauvages, loin de s'enfuir épou-

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vantéa comme ils ont coutume de le faire aux approehes de rhomme, Tenaient doucement considérer la suite de Lakmy, et leurs rugissements devenaient aussi tendres que le chant des bulbulis, afin de ne pas effrayer Tenfant, Nanda, ayant appris l'arrivée de sa parente par un messager de Vischnou, viot l'attendre à deux jours de marche de son habitation , suivi de tous aes serviteurs , et dès qu'il aperçût Devanaguy^, il la salua du nom de Mère, disant à tous ceux qui s'étonnaient de* cette parole : — Celle-là sera notre mère à tous, puisque d'elle naîtra l'Esprit qui doit nous régénérer.

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