SA MORT
L'œuvre de rédemption était accomplie, l'Inde entière sentait un sang plus jeune circuler dans ses veines, partout le travail était sanctifié par la prière, l'espérance et la foi échauffaient tous les cœurs
Christna comprit que l'heure était venue pour lui de
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quitter la terre et de retourner dans le sein de celui qui l'avait envoyé.
Défendant à ses disciples de le suivre, il partit un jour sur les bords du Gange pour y ftiire ses ablutions et y laver les souillures que son enveloppe mortelle avait pu contracter dans les luttes de toute nature qu'il avait été obligé de soutenir contre les partisans du passé.
Arrivé près du fleuve sacré, il s'y plongea par trois fois, puis, s'étant agenouillé en regardant le ciel, il pria en attendant la mort.
En cet état il fut percé de flèches par un de ceux dont il avait dévoilé les crimes, et qui, apprenant son voyage au Gange , l'avait suivi avec une troupe nombreuse dans le dessein de l'assassiner.
Cet homme se nommait Angada, suivant la croyance populaire; condamné à une vie éternelle sur la terre à cause de son crime, il erre sur les bords du Gange, n'ayant d'autre nourriture que les cadavres des morts, qu'il ronge constamment en compagnie des chacals et des autres animaux immondes.
Le corps de l'homme-Dieu fut suspendu aux branches d'un arbre par ses meurtriers, pour qu'il devînt la proie des vautours.
La nouvelle de cette mort s'étant répandue, le peuple vint en foule, conduit par Ardjouna^ le plus cher des disciples de Christna, pour recueillir ses restes sacrés. Mais la dépouille mortelle du Rédempteur avait disparu; sans
doute elle avait regagné les célestes demeures Et
l'arbre auquel elle avait été attachée s'était subitement couvert de grandes fleurs rouges et répandait autour de lui les plus suaves parfums.
Ainsi finit Christna, victime de la méchanceté de ceux qui n'avaient point voulu reconnaître sa loi, et qui avaient' été chassés du milieu du peuple à cause de leurs vices et de leur hypocrisie.
(Bagaveda Gita et Traditions brahmaniques)
GSNàSS INBOVE 295
CHAPITHE XVIH
qOWU^(nÊ&' MOCS D^BXPLICZATIOIf
Je ne erois pas que les orientaliste sérieux vienneni «ontredire en rian ce que j'ai avancé sur la vierge Deva» nagny et son fils Christna. Il y a longtemps sana doute q^ilB ont compria que les mythes modernes de la religion indoue et die la poésie sont le produit de. la décadence et des superstitions que les brahmes ont laissé s'accréditer dans Teâprit de» masses au prx)fii de leuj;; domination,.
Sa donc j'ai r^eté toutes les a^entuses héroïques auxquelles le» poëtes indous ont mêlé GhristDa, c'est qu'elles ont été inventées après. coup par cette imagination orientale qui ne connaît pas de bornes dans le domaine du merveilleux.
Lea poèmes les plufi^ célèbres sur Christna ne remontent pas au delà du Maha-Bharata, qui fut écrit environ deux siècles ayant notre ère, c'est-à-dire plus de trois mille ans après la mort du novateur indou. Ces. ouvrages prirent naissance dans cette idée, que la Divinité est constamment mêlée aux l«ttea et aux actions humaines pour les diriger à son gré, et distribuer sur la terre même, aux bons et aux mauvais, la récompense ou le châtiment.
C'est la même idée qui domine les anciennes civilisations égyptienne, grecque et hébraïque, issues, comme vous l'avons démontré , de cette période pendant laquelle rinde, oubliant les pures traditions des Védas et de Christna, se jeta dans les bras des saints, des anges, des demi-dieux et des héros.
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Qu'on nous permette de prendre un exemple dans notre époque moderne, pour démontrer jusqu'à Tévidence, qu'on doit rejeter bien loin de soi la poésie indoue, quand il s'agit de juger Christna, pour s'en tenir aux ouvrages de théologie pure , aux leçons des brahmes et à la tradition conservée dans les temples.
Quelques tentatives furent faites chez nous, au seizième siècle, pour remplacer dans les poèmes épiques l'intervention de Mars, de Jupiter, de Junon, de Vénus, de Minerve, etc., par celle du Christ, des apôtres, des anges et des saints. La Jérusalem délivrée, du Tasse, avait servi de modèle.
Est-ce que si une pareille coutume se fût généralisée et sans aucun doute elle eût réussi en Orient), les chercheurs qui, dans deux ou trois mille ans, aursdent teirté d'exhumer le passé, n'auraient pas été obligés, surtout si les civilisations occidentales s'étaient éteintes ou transformées, si le christianisme avait disparu , de ne tenir aucun compte de la légende et de la poésie, pour se faire une idée sérieuse du Christ, de ses apôtres et de sa doctrine, sous peine de trouver ces personnages mêlés à toutes nos guerres civiles ou religieuses, et dès lors à les repousser comme le pirodnit de la superstition?
Mon rôle n'a pas été autre que celui-ci, et je n'ai étudié Ghristna que par sa révolution philosophique et morale, le seul point de vue, du reste, sous lequel le considèrent les brahmes savants, qui, même encore aujourd'hui dans l'Inde, consacrent leur vie à l'étude de la loi et des vérités religieuses.
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