CHAPITRE IV
MASSACRE DES INNOCENTS DANS l'iNDE ET EN JUDÉE.
Kansa, tyran de Madura, pour atteindre plus sûrement Christfla, qui dans sa pensée devait le détrôner, ordonne le massacre de tous les enfants mâles nés la même nuit que l'enfant divin.
Hérode , roi de Judée, fait massacrer par les mêmes motifs tous les enfants de deux ans et au-dessous, nés à Bethléem et aux alentours.
Tous les ouvrages de l'Inde, scientifiques, historiques ou religieux, les Pouranas, les Sastras, le Maha-Bharata, le Bagaveda-Gita , le Bagaveda-Sastra , témoignent de Tauthenticité de ce fait, tandis que la version l'attribuant également* à Hérode ne nous a été transmise que par les apôtres seuls, c'est-à-dire par ceux qui avaient intérêt à la renouveler.
L'histoire contemporaine n'a nullement relevé ce crime audacieux, que tout homme de Sens doit tenir pour matériellement impossible à Tépoque où il aurait été commis.
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Jamais Hérode n'eût osé assumer sur lui Todieux et la responsabilité d'un tel massacre.
Qu'était ce roi?
Ayant pris parti pour Gassius et Antoine, ce dernier le ût nommer par le sénat romain tétrarque de la Judée. Esprit souple et tout à fait moderne, il sait changer d^ drapeau à. temps, et Octave-Auguste lui oenserye son trône. Mais il n'était à yrai dire qu'un simple gouverneur de l'empire, et l'Évangile lui-même ne le considère point autrement que nous dans les paroles suivantes :
« En ce temps-là parut un édit de César-Auguste pour le dénombrement de tous les habitants de l'empire. Ce premier dénombrement se fit par Cyrinus, gouverneur de la Syrie, et tous allaient se faire inscrire chacun dans sa ville : Joseph monta donc dans la ville de Nazareth, qui est en Galilée, et vint en la cité de David appelée Bethléem, parce qu'il était de cette tribu, pour se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte n
Comment faire admettre qu'Hérode, gouvernant au nom de l'empereur et sous la surveillance du proconsul Cyrinus, ait pu exécuter un acte de cruauté aussi stupide, aussi inutile?
Quoil en plein siècle d'Auguste, à cette époque si éclairée, si intelligente, un fou, car il est impossible de le nommer autrement, ose massacrer des centaines, peutêtre des milliers d'enfants, tous les enfants de deux ans et au-dessouSf dit l'Évangile ; et pas un père qui soit allé se jeter aux pieds de Cyrinus ou de l'empereur pour obtenir justice, pas une voix intelligente et émue qui se soit levée au nom de l'humanité pour protester et crier anathènaeL.. Elles n'ont donc point |deuré, ces mères, en voyant verser le plus pur de leur sang?
L'honnêteté, le cœur, sommeillaient donc partout en ce naoment?...
Tacite, qui a marqué à tout jamais les <»pimea d^ des»
ORIGINES INDOUBS DB l'iDÉB CHRÉTIENNE 363
potes du sceau de la réprobation, n*a donc pas trouvé de pareilles infamies dignes de sa colère I...
Bien, toujours la conspiration ùm silence. *
Apôtres de Jésus, tous avez trop compté sur la crédulité humaine, trop compté que l'avenir ne démasquerait point vos manœuvres et vos récits mensongers; la sainteté de votre but vous a par trop fait oublier les moyens, et vous avez surpris la bonne foi des peuples, en rajeunissant des fables d'un autre âge que vous aviez pu croire enterrées pour jamais.
Objectera- t-on que Tbistorien Josèpbe a parlé de ce massacre des innocents? l'argument ne serait pas sérieux; outre que cet écrivain jouit d'une réputation de mauvaise foi des plus méritées, il n'affirme rien et ne fait que relever, à plus de soixante ans de distance, un fait ou plutôt une erreur déjà accréditée par les apôtres.
Il est une vérité que nul ne pourra détruire, c'est que. avant la publication des Évangiles, il est impossible de trouver la moindre trace de cet absurde événement qui, s'il eût existé, n'eût pas manqué de soulever un cri unanime de réprobation.
Non, ce crime horrible ne fut pas commis l
Tous les historiens catholiques , dans un ensemble touchant, ont voué Hérode àFanimadversion des races futures : il est temps de le laver de la plupart des indignes reproches dont il a été l'objet, et ce serait une œuvre méritoire que celle qui viendrait, en rejetant tous les documents puisés aux sources intéressées, lui restituer sa véritable figure.
Il est un fait de sa vie que l'on peut citer en exemple à tous les princes, et qui témoigne d'une rare bonté de cœur, surtout à cette époque d'égoïsme et de décadence.
Une grande famine étant venue s'abattre sur la Judée, Hérode vendit tous ses biens, ses meubles précieux et son argenterie, pour adoucir les souffrances de son peuple.
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Pensez-Vous que ce soit bien là l'acte d'un massacreur d'enfants ?
L'histoire catholique n'y regarde pas de si près quand il s'agit de flétrir, mais il est juste de reconnaître qu'elle absout avec la même facilité tous les crimes de ses adeptes. De quelles louanges, de quelles basses adulations n'a-t-elle pas accablé Constantin, qui^ tout en se Souillant du sang de son fils et de sa femme, protégeait les chrétiens et persécutait les hérétiques !
Yoilà où la copie servile des anciens livres sacrés de rOrient a conduit les apôtres; il leur a fallu une seconde édition du tyran indou Kansa, et la sainte colère est tombée sur Hérode.
Toutes ces turpitudes ont porté leurs fruits, et Ton sait combien leurs successeurs furent et sont encore habiles quand il s'agit de falsifier l'histoire.