‹ La Bible dans l'Inde: vie de Iezeus ChristnaChapitre 10 sur 72 · UANJES ET LES PLÂTRES. — LEUB INFLUENCE SUE L'ÉGYPTE · texte numérisé non relu

UANJES ET LES PLÂTRES. — LEUB INFLUENCE SUE L'ÉGYPTE

L'Egypte, par sa position géographique, a dû être nécessairement une des premières contrées colonisées par les émigrations de l'Inde, une des premières qui reçut l'influence de cette antique civilisation dont les rayons sont parvenus jusqu'à nous.

Cette vérité devient plus frappante encore lorsqu'on étudie les institutions de ce pays, tellement calquées sur celles de la haute Asie, qu'il est impossihle à une autre opinion de se produire, et que les préventions les plus fortes doivent céder devant Tensemhle imposant de preuves que Ton peut présenter sur cette matière.

Je ne pourrai certes les donner toutes dans le cadre restreint que je me suis imposé, aussi bien on a déjà pu voir que, m'en tenant aux principes généraux, chaque chapitre de cet ouvrage deviendrait facilement un volume, si tous les sujets qu'il traite, toutes les questions qu'il soulève, étaient traités avec tous les développements qu'ils pourraient comporter.

Ce que je veux m'attacher surtout à démontrer, c'est la similitude des institutions civiles et politiques de tous les peuples de l'antiquité, l'unité d'initiation avec l'Inde pour initiatrice, comme je démontrerai plus tard, l'unité de la révélation religieuse avec l'Inde pour point de départ.

Que fut le gouvernement de l'Egypte, en nous reportant aux époques les plus reculées? Identiquement la copie de

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celui de l'Ind», boue l'inspinttkin du mâme législateur, Manou ou Uanâs, dont les lois avaient été conservées par la tradition émigrante, et servirent & fonder sur te sol nouveau une société semblable à celte de la mère-patrie.

Ce nom de Manou ou Manès, nous l'avons déjà dit, n'est pas un substantif s'appliquant à un homme déterminé ; sa signiâcation sanscrite est: V homme par excellence, le lé- ' gislateur. C'est un titre ambitionné par tous les pasteurs d'tiommea de l'antiquité, qui teur a été décerné en récompense de leurs services, ou qu'eux-mêmes ont tenu à honneur de s'attribuer.

Aussi, comme nous l'avons vu, le premier Manon, celui de l'Inde, exerce-t-il sur les législations antiques la même inâuence que le Digeste de Justinion sur les lois modernes.

Sous la ilirection de ce législateur, l'Egypte fut tout naturellement théocratique et sacerdotale ; elle eut, comme l'Inde, un culte et une hiérarchie imposée avec la même sévérité, dans un même but de domination.

Au premier rang se trouve le prêtre, protecteur et gardien de toute vérité civile et religieuse, dominateur des rois et des peuples, émanation de Dieu; oint du Seigneur, irresponsable dans ses actes, au-dessus enfin de toutes les lois, comme il était au-dessus de tous les hommes.

Après lui vient le roi, que le prêtre veut bien laisser régner, à condition qu'il ne gouvernera que par ses inspirations et ses conseils.

Puis au-dessous nous trouvons, de même encore que dans l'Inde, la commerçant, chargé d'accroître la fortune es deux premières castes, de payer son luse, ses caprices, es débauches; et enfin l'artisan, ou. travailleur, qui doit ^urnir des ouvriers, des domestiques, des esclaves...

Les prêtres sa réservèrent la connaissance exclusive des ciences; c'est par les phénomènes physiques qu'eux seuls omprenaient qu'il leur était possible d'agir sur l'esprit

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des rois et de la foulée Ik gardèrent pour eax également les sublimes notions sur Dieu et la Trinité, Fosuvre de la création et Timmortalitô de rame, laissant la plèbe adorer des monstres, des statues, des images, et comme dans Flnde encore^ comme dans llnde toujours, le bœuf, qui, on le sait, fut aussi en Ëgjpte un animal sacré.

J'ai vu, dans l'Inde, les brahmes rire sous cape, quand un pieux et modeste Indou venait s'ageaouilier devant le bœuf de la pagode pour lui offrir du riz et des fruits.

Combien ces prôtres de Tbèbes et de Memphis deyaient, dans les profondeurs de leurs sombres et immenses temples qui étaient aussi leurs palais, sourire de pitié et de dégoût quand il leur fallait s' arracher à leurs hautes études ou à leurs plaisirs, pour promener, en grande pompe et pour la plus grande joie d'un peuple abruti, ce bœuf Apis, qu'ils avaient créé dieu dans l'orgueil de leur force et de leur mépris pour la nation servile qu'ils dominaien t !

Et quel immense sujet de plaisanteries devait leur fournir la mort de ce bœuf, qu'ils étaient obligés de remplacer pour que le dogme de son immortalité ne souffrit aucune atteinte 1

Comme ils conservèrent précieusement pendant des siècles le dépôt de leurs connaissances, source de tout leur prestige, et par quels serments terribles ils liaient à eux celui qu'ils consentaient à initier !

Comme dans la société brahmanique, les prêtres égyptiens édictèrent l'iinpossibilité de «'élever au-dessus de la classe où chacun, par sa naissance, se trouvait placé, frappant ainsi leurs institutions d'un cachet identique d'inertie et d'immobilité.

Le système pénal fut le même, et la répression s'exerça par la dégradation, c'est-ét-dire le rejet partiel et complet de la caste.

De là naquit également une race de déclassés et de parias, dont nous nous occuperons dans un chapitre spécial,

car notre opinion, forcée par la logique des faits, est que de cette race de parias et de déclassés naquirent lès Hébreux, régénérés par Manses, Moses ou Moïse.

Cependant les prêtres égyptiens ne rencontrèrent pas une race de rois aussi souple, aussi malléable que celle dés Tchatrias, qui ne tentèrent jamais de se soulever contre l'autorîté des brahmes.

Soit que les desservants d'Osiris aient fini par devenir trop exigeants, soit que les Pharaons aient rêvé une indépendance qui devait flatter leur ambition, soit encore que la main du temps voulût s'attaquer à ces institutions vieillies, léguées par le brahmanisme, pour en édifier de plus jeunes; après quelques siècles de ce sommeil dont Tlnde n*a pas encore vu sonner le réveil, TÉgypte se trouva bouleversée par la lutte des prêtres et des rois, qui, appelant à eux leurs partisans, se disputèrent à la pointe de la lance et du sabre un pouvoir qui ne fut plus que Tapanage du plus fortj et pendant de longues atiriées le peuple vit à sa tête se succéder, au gré du hasard et des champs de bataille, des dynasties tantôt guerrières, tantôt sacerdotales.

C'est à cela, on n*en saurait douter, qu'il faut attribuer la disparition de Tancienne civilisation égyptienne de la scène du monde. Le gouvernement théocratique n'avait su faire, comme dans l'Inde, que des esclaves, et de Si profondes racines avaient été jetées par toutes les divisions de castes, qu'après le triomphe définitif des roîs, ces derniers ne surent pas rompre avec les traditions étroites du passé, et régénérer leurs peuples pour s'appuyer sur eux. Ils devinrent, comme Sésostris, des envahisseurs nomades, portèrent le fer et le feu sur le territoire de leurs voisins, mais ne surent rien fonder, car le pouvoir despotique d'un seul sera toujours inapuissant à marcher au progrès, lorsque chaque homme de la nation sera réduit à l'état de rouage au lieu de constituer une individualité.

Vous édifierez des blocs de pierre, étonnement des siè-

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clés futurs , youb creuserez des lacs , détournerez d'im< meiBses cours d'eau, vous édifierez de gigantesques palais, vous traînerez , à l'arrière de votre char de triomphe , cent mille esclaves conquis à la guerre » l'histoire servile vous tressera des couronnes; les brahmes, les léviteâ et les prêtres, que vojas aurez gorgés d'honneurs et de richesseâ, chanteront vos louanges, vous présenteront aux peuples prosternés comipe un envojé ^e Dieu qui accomplit sa mission; mais pour le penseur et le philosophe, pour l'histoire de l'humanité, et non celle des dominateurs, vous n'aurez été qu'une pierre d'achoppement de plus, à ce travail de progrès par la concorde et la liberté, qui e$t le but donné par Dieu, et que chaque nation doit s'efforcer d'atteindre. Vous n'aurez été qu'un fait brutal, venant faire mieux comprendre la faiblesse de la nature humaine, et comment Içs nations tombent dans la décadence.

C'est ainsi que, sous la main des prêtres et des rois, l'Égypte ancienne s'ashemina pas à pas vers la ruine et l'oubli après la chute de son gouvernement théocratique ; n'j étant point préparée et n'ayant rien à mettre à la place, elle n'avait plus qu'à, mourir.

Ainsi, en mettant face à face ces deux antiques contrées pour" en faire le parallèle, l'Inde et l'Egypte, nous voyons le même gouvernement^ les mêmes divisions de castes, les mêmes institutions produire un résultat identique, et interdire à ces peupleB tout rôle dans l'histoire de l'avenir.

En présence de paï*eils rapprochements, nul ne viendra, je crois, contester à l'Egypte une origine purement indoue, à moins d'admettre que le hasard ait fait éclore dans ce pays une civilisation calquée sur celle de l'extrême Orient ou, ce qui serait plus absurde, que ce soit l'Egypte qui ait colonisé rin4ei '^t Manou qui ait copié Manès.

Je conçois qu'une pareille opinion puisse germer dans l'esprit de geqs intéressés à nier, ou ne connaissant pas rinde ; je me bornerai à l^ur répondre ; Vous n'avez à votre

seirvke qu'ime affirmatios, et cette phrase banale que j'ai déjà entendu prononcer : * Et qui vous dit que ce n'est pas rinde qui a copié l'Egypte? » et y«ue demandez que cette a£ôrmaticn «oit combattue à l^aide de preuves, ne pouvant laisser place àTombre d'un doute.

Pour être alors* complètement logique, enlevez à Tïnde le sanscrit, cette langue qui a fbrmé toutes les autres, mais montrez-moi une feuille de papyrus, une inscription de colonne, un bas-relief de temple qui vienne me prouver qu'elle a pris naissance en Egypte.

Enlevez à Tlnde tous ses monuments de littérature, de législation et de philosophie, qui sont là encore debout, conservés dans la langue primitive et défiant les âges et la main des profanes, mais montrez-moi quelles furent leurs sources en Egypte.

Détruisez, je le veux bien, ce grand courant d'émigration par l'Himalaya, la Perse, l'Asie Mineure et l'Arabie, dont la science a retrouvé les traces. Mais montrez-moi l'Egypte colonisatrice, faisant rayonner ses fils sur le globe. Quelle langue, quelles institutions a-t-elle légué au monde que nous puissions retrouver a^ujourd'hui ?

Est-ce que l'on ne voit pas que l'Egypte de Manès; l'Egypte sacerdotale n'eut des institutions identiques à celles de rinde que dans les premiers âges ; qu'oubliant peu à peu la tradition qu'elle avait reçue; elle secoua par ses rois la domination des prêtres, et qu'à partir de Psaméticus elle renversa l'idée théocratique pure pour lui substituer l'idée monarchique, qui désormais allait dominer les civilisations nouvelles ? Ne savons-nous pas que les divifiions de castes furent abolies sous les Ptolémées?

Le mérite de l'Egypte est là tout entier, mais ce serait errer que de lui en prêter d'autres. La première dans l'antiquité elle eut la force de renverser ce gouvernement du prêtre qui avait pris naissance dans l'extrême Orient sans

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pouvoir toutefois éviter la chute, que rinfluence délétère et corrompue de ce dernier lui avait préparée.

Au surplus, si nous pouvions nous laisser aller à creuser ce sujet dans ses détails, si nous ne trouvions point que ces grandes similitudes dans les principes, qui sont la base de Texistence des nations, sont suffisantes pour étayerla thèse que nous soutenons, nous prouverions avec la plus grande facilité que Tunité de Dieu, admise par les prêtres de Memphis, que Knef, Fta et Frè, qui sont les trois dieux démiurges, les trois créateurs par excellence, les trois personnes de la trinité dans la théologie égyptienne, sont de symboliques importations indoues ; que les croyances aux animaux, à l'ibis oii au bœuf, par exemple, ^ont des superstitions venues de Tlnde par une tradition dont il est facile de suivre la marche. Que la matière ou limon primitif appelée Bouto par les initiés et représentée sous la forme fécondante d'un œuf, n'est qu'un souvenir des Yedas et de Manou, qui comparent le germe de toutes choses à.« un œuf brillant comme de Tor. »

Qu'il nous suffise d'avoir indiqué ces grands points de contact qui, pour nou-s, expliquent l'Egypte ancienne par l'Inde et l'influenee brahmanique, et soulèvent logiquement, dans la masure du possible, un coin de ce voile obs* car qui couvre le berceau de tous les peuples.

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