ORIGINES INDOUBS DE L^ID^E CHRÉTIENNE
pareille ambition de son vivant. Mais, comme nous le verrons bientôt, ils furent malhabiles, et en t)opiant trop l'incarnation indoue, ils vont nous permettre de retrouver la source de leurs inspirations, et c'est d'eux-mêmes que viendront les preuves les plus sérieuses de leurs précédentés études en Egypte et en Orient.
Nous dira-t-on que. si les apôtres avaient créé leur Dieu, ils ne seraient pas pour la plupart morts pour leurs convictions?
En religion comme en politique, cet argument est sans valeur : rien n'est facile comme de faire un martyr d'un sectaire. La persécution a toujours pour résultat de mettre l'erreur sur le pavois au même titre que la vérité et de lui créer d'ardents défenseurs.
Vous ne croyez point que Christna soit un dieu, n'est-ce pas? que Bouddha, lui aussi, soit descendu de Vischnou? que Zoroastre ait été envoyé par Ormuzd? Expliquez-moi donc alors comment les partisans de ces hommes ont pu mourir pour la défense de leur foi, éteindre les bûchers de l'Orient par leur sang et lasser leurs bourreaux.
Dites-moi le secret de toutes les victimes faites par toutes les intolérances religieuses, les secrets de tous les dévouements aux mauvaises causes, aussi nombreux que les dévouements aux bonnes.
Dites-moi comment il se peut faire que les premiers et bien rares fidèles de Mahomet soient tombés à la Mecque pour défendre le prophète qui, cependant, s'était lâchement enfui devant la fureur populaire.
Plus près de nous encore :
Voyez-vous bien cette figure énergique de Jean Huss, ce prêtre catholique brûlé par le catholicisme, parce qu'il refusait de rétracter ses prétendues erreurs.
Pourquoi ne s'est-ii pas sauvé, quand d'un mot il pouvait le faire !
Et les Juifs du moyen âge mourant pour la loi do Moïse,
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çue le même catholicisme reeennaît, tout en la prosorivant.
Et les Vaudois, et les Camisards, et les protestants de la Saint-Barthélémy
Et les sinistres hécatombes de l'inquisition.
Dressez donc la liste de tous les martyrs morts pour une idée, alors que d'autres avaient succombé la yeiUe pour une idée contraire.
Et dites -moi si on ne meurt point avec courage pour Terreur comme pour la vérité.
Croyez-le bien, les chefs d'une révolution n'hésitent jamais à mourir pour elle, à narguer la mort, en face surtout de la foule qu'ils ont conquise à leur opinion. Et les apôtres furent chefs de révolution I
Quand bien même ils l'eussent désiré, il leur eût été impossible d'éviter la croix, l'arène ou le bûcher; impossible de dire à tous les chrétiens qui les regardaient mourir : « Nous vous avons trompés, et nous sommes les premiers à rétracter nos croyances. »
Et du reste, en sacrifiant leur vie à leur cause, n'avaientils pas un mobile qui devait suffire à leur dénouement? Ils succombaient pour la morale qu'ils étaient venus fonder, ils mouraient pour la régénération de l'humanité, et c'est en cela qu'ils furent des crpyants, mais en cela seulement.
Puisque l'on affronte les tortures et les bûchers pour toutes les idées, puisque toutes les croyances, toutes les religions ont eu leurs martyrs, n'ai-je pas le droit de soutenir que la mort des apôtres, victimes de leurs tentatives religieuses, ne prouve rien pour la divinité de Jésus?
Cette divinité était nécessaire à leur œuvre; le passé tout entier était là pour leur enseigner qu'on no réussissait point sans cela, qu'on ne pouvait séduire les peuples sans l'apparat et le merveilleux. Après la mort du Christ, ne s'attribuèrent-ils point à eux-mêmes le pouvoir de faire des miracles? A qui fera-t-on croire que Pierre continua
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à resftuseiter les morts, à guérir les estropiés, à chasser les démons?
Un exemple entre tous :
«i Simon le Magicien, qui opérait lui-même des prodiges, s*étAïit fait baptiser par le diacre Philippe , demanda à saint Pierre de lui accorder le pouvoir de faire des miracles semblables aux siens; ayant été pour cela maudit par le chef des apôtres, il se sépara de la communion des fidèles et se mit à prêcher pour son compte, en se disant lui aussi le Fils de Dieu.
« Ayant provoqué saint Pierre en présence de l'empereur Néron, grâce à son pouvoir magique il s'éleva à une grande hauteur dans les airs, en présence d'une grande affluence de peuple.
<* Mais saint Pierre ayant fait une prière à Dieu, Simon le Magicien tomba au milieu de la place publique et se rompit les jambes. »
De pareilles absurdités ont-elles besoin d'être discutées? Et un homme de bon sens oserait-il franchement croire à ces fables ridicules ?
D'où vient ce pouvoir magique de Simon ? Du diable , nous dira- t-oB.
Pauvre diable 1 quelle piteuse figure on te fait faire ; pendant des siècles tu oses te hasarder sur la terre, t'installer dans le corps des gens, faire des miracles, lutter avec Dieu Puis tout d*un coup tu t'enfuis honteusement devant l'institution de la police et de la gendarmerie Et tu n'es plus aujourd'hui qu'une figure de rhétorique à l'usage de Veuillot et de Dupanloup.
Il y a bien encore quelques thaumaturges, quelques sorciers par ci par là, mais ils n'osent plus travailler en grand, la sixième chambre sait trop bien les exorciser.
Laissons tous ces miracles, tous ces sortilèges, qui ne peuvent se produire qu'aux époques obscures de l'humanité, quand les peuples, abrutis sous le joug ou. énervés
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parle despotisme, cherchent des directeurs ailleurs que dans leur conscience et dans les lumières immortelles que Dieu a déposées en nous. La civilisation, le progrès par la liberté, font bonne justice de toutes ces choses , qui ne peuvent supporter le grand jour, Texamen et la discussion.
Nous allons voir comment les apôtres de Jésus, brîsant avec le judaïsme et sMnspirant des primitives traditions des livres sacrés de l'Orient, imprimèrent à leur nouvelle Eglise le cachet pur et simple de l'antique société indoue, de la société chri'stnéenne.
L'antiquité tout entière avait puisé à cette grande source, dédaignant la splendeur du védisme, à qui elle avait à peine emprunté quelques grandes traditions; elle avait préféré copier le brahmanisme desifotique et sacerdotal.
Les apôtres , et c'est là leur plus grand mérite à mes yeux , surent au contraire remonter aux Védas et à Christna, et s'ils ne rejetèrent point le merveilleux de cette époque, parce que le monde n'était point encore préparé à une régénération complète par la liberté de la pensée, du moins surent-ils se faire excuser par la pure et sublime doctrine qu'ils rétrouvèrent dans les livres sacrés des temps passés, et qu'ils eurent le courage de prêcher sans nul souci de leur fortune et de leur vie.
Voilà la vérité sur ces hommes, dont on ne saurait trop admirer l'intrépidité et le dévouement, tout en regrettant qu'ils n'aient pas osé fouler aux pieds les vaines superstitions de leurs devanciers.
Voilà le sillon qu'il faut creuser. Peut-être ne ferai-je point la lumière aussi claire qu'elle m'apparaît. A d'autres la continuation de l'œuvre. Faites du sanscrit une langue classique, établissez une école supérieure dans l'Inde, envoyez-y des hommes d'élite qui révéleront au monde les milliers de manuscrits que cet antique pays nous a légués...
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Et VOUS verrez si l'avenir ne me donnera point raison. Répétons-le jusqu'à satiété, si le monde ancien fut notre foyer générateur, à nous nations modernes, l'Inde ancienne fut l'initiatrice de tous les peuples, de toutes les civilisations de l'antiquité.