Il est assez surprenant de voir les Protcs
La tradition , v
«de la Reforme, tants , tout opposes qu'ils sont a la tradition à k Tradition catholique , ne suivre d'autre règle que leurs catholique, traditions pour former leur foi touchant la divinité des Ecritures. Ils croient, et ils croient, disent-ils, sans aucun doute, à l'inspiration des livres contenus dans leur canon. Mais le principe de cette croyance, quel est-il ? Seraitce la persuasion de l'Esprit, le rayon de Claude, le goût intérieur de Jurieu, ['évidence, ■ir„ ? Nous avons démontré le contraire. Ce
principe n'est donc, en réalité, et ne peut être que l'enseignement commun et l'autorité des Ministres. C'est sur le témoignage de ces docteurs, transmis des pères aux enfants, des maîtres aux disciples, que les Protestants reçoivent, avec le respect du à la parole de Dieu, certains livres de l'Écriture, à l'exclusion de tous les autres. Et cela leur suffit, sans recourir à d'autres voies purement imaginaires.
Les premiers Réformateurs , qu'on le re- t.
marque bien, posèrent les fondements de cette Comme^ecempnt tradition nouvelle, eux qui rejetaient avec tant cette nouvelle
i ' • n m t • s*, i tradition.
de mépris 1 antique Tradition. Car, en écartant du canon les livres qu'ils qualifiaient U: 'apocryphes, et en déclarant qu'on ne devait pas les considérer comme égaux a ceux cjui sont inspires ' , ils ont évidemment empêché leurs sectateurs de les lire avec impartialité ; condition pourtant indispensable pour discerner sûrement les Écritures , de l'aveu de nos Réformés2. N'ont- ils pas même déterminé, lîxé, par tout l'ascendant d'une mission prétendue divine, l'opinion des peuples sur ces Écrits bibliques ? Et les Ministres n'ont-ils pas trans-
1 Luther , noie en lèle des livres apocryphes. Rép. a a Mand., pag. 145.
2 Rcp. au Mand,. pag. 86.
Ses progrès
mis, dans la suite, à ceux qu'ils instruisaient, le témoignage imposant de leurs Patriarches , comme la seule règle a laquelle il fallait s'en tenir ?
Il y a plus : non contents d'avoir relégué les apocryphes à la fin de leurs Bibles, ils les ont entièrement supprimés ; et par là ils ont reconnu de nouveau que l'autorité de leur ministère est l'unique motif de la crovance des simples Protestants a l'inspiration de l'Écriture, puisqu'on leur a ôté , en supprimant les apocryphes , la faculté de les examiner, de les juger, de les admettre ou de les rejeter. Mais, agir ainsi, qu'est-ce autre chose, selon les maximes de la secte , qu'attenter aux droits inviolables de chaque Réformé, qu'exercer sur sa foi un empire absolu? Qu'est-ce, enfin, sinon la contradiction la plus grossière, et le dernier excès du despotisme religieux ?